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Etats-Unis

VIH : urgence sanitaire dans l'Indiana

L’Etat d’Indiana, aux Etats-Unis, fait face à la pire épidémie de VIH de son histoire. Son gouverneur a décrété l’état d’urgence sanitaire.

VIH : urgence sanitaire dans l'Indiana Un panneau invitant à des tests de dépistage - Comté de Scott, Indiana - Christopher Fryer/AP/SIPA




On la croirait venue de nulle part. Un premier cas à la mi-décembre. Puis deux, trois, dix… A ce jour, l’épidémie de VIH a touché 80 habitants du comté de Scott, situé dans l’Etat de l’Indiana. Les 50 derniers cas ont été déclarés depuis le début du mois de mars.

« On courait à la catastrophe »
La contagion est sans précédent. D’habitude, dans cette communauté de villes qui regroupe 24 000 personnes, le nombre de nouveaux cas de VIH est de l’ordre de cinq par an. Alors, les autorités sont sous le choc. « Tout le monde est sur le pont. La situation est très sérieuse », a déclaré le gouverneur de l’Indiana, Mike Pence, avant de déclarer l’état d’urgence sanitaire.

Dans la presse américaine, pourtant, les médecins du comté ne semblent pas vraiment étonnés. « Cela fait longtemps que nous avions identifié une situation sous-jacente très malsaine, explique l’un d’entre eux à la BBC. A Austin [l’épicentre de l’épidémie], avec une telle pauvreté et une pareille addiction aux drogues, on courait à la catastrophe ». Une personne sur cinq vit sous le seuil de la pauvreté dans la région.



Echange de seringues
L’origine  de l'épidémie a été rapidement identifiée. L’épidémie est en effet liée à un échange de seringues lors de l’injection de drogues par des habitants du comté. La plupart des personnes contaminées se sont administrées de l’Opana par voie intraveineuse, un opiacé puissant et hautement addictif, prescrit dans le traitement des douleurs intenses.

Pour une période de 30 jours, le gouverneur du comté a autorisé les hôpitaux et les associations à distribuer des seringues stériles aux usagers, afin d’éviter de nouvelles contaminations. Politiquement et idéologiquement, le sujet est plus que sensible. A plusieurs reprises, Mike Pence, de bord Républicain, a dû réaffirmer son opposition stricte à cette méthode de réduction des risques. Mais il a évoqué des conditions exceptionnelles. « Certes, je suis engagé en faveur de l’ordre et de la loi. Mais je dois aussi m’investir au nom de la compassion. Je vais en premier lieu essayer de sauver des vies ». Cette décision a pu être motivée par le Bureau de la Maison Blanche chargé de la politique nationale de lutte contre la drogue. L’entité s’est en effet montrée favorable à cette méthode, pour répondre aux épidémies mais aussi pour les prévenir.

Quatre comtés voisins touchés
Les CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) ont eux aussi souligné la nécessité de mettre en place des mesures d’exception. Une équipe a été dépêchée sur place afin d’aider les professionnels de santé locaux à suivre ces patients, identifier de nouveaux cas et analyser toutes les données disponibles. Quatre autres comtés voisins sont eux aussi touchés par l’épidémie, dans une moindre mesure. Les experts prédisent une centaine de cas d’ici quelques semaines.

 

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