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Maladie de Parkinson : une recherche bouillonnante

Bien que les traitements actuels ne permettent pas de freiner l'évolution de la maladie de Parkinson, la recherche avance à grand pas et profite aux malades.

Maladie de Parkinson : une recherche bouillonnante bogdan.hoda/epictura




Avec 200 000 personnes touchées, la maladie de Parkinson est la 2ème maladie neurodégénérative la plus fréquente en France, après la maladie d’Alzheimer, rappellent les associations de malades à l’occasion de la Journée Mondiale Parkinson. Si les traitements actuels permettent d’atténuer certains symptômes comme les tremblements ou la rigidité, ces médicaments n’arrivent pas à freiner son évolution. Pourtant, la recherche bouillonne de nouveaux projets, s’enthousiasme le Pr Marie Vidailhet, neurologue au département des maladies du système nerveux à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris).

« Les patients ont envie de savoir ce que fait la recherche. Ils questionnent beaucoup leur médecin car ils lisent beaucoup de choses dans les journaux. Il faut qu’ils sachent que de nombreuses pistes sont explorées et que nous avons besoin d’eux, explique à Pourquoidocteur le Pr Vidailhet qui partage son temps entre consultation et laboratoire de recherche. Au sein de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), elle tente d’identifier des marqueurs permettant de prédire et suivre l’évolution de la maladie. Des travaux réalisés auprès de 300 patients.

Dans le domaine thérapeutique, les essais cliniques se multiplient. Des chercheurs à travers le monde entier tentent de développer l’immunothérapie. L’un de ces travaux encore préliminaires cible les agrégats de protéines toxiques appelées alpha-synucléine. Ces dernières sont naturellement présentes dans notre cerveau, mais chez les malades de Parkinson elles s’accumulent et favorisent la mort des neurones fabriquant la dopamine. « L’idée est donc de se débarrasser de ces amas. Pour y arriver, des équipes développent des anticorps contrel'alpha-synucléine ciblant uniquement la forme toxique et respectant la forme saine », décrit la neurologue.

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Marie Vidailhet, neurologue à la Pitié-Salpêtrière : « C'est intéressant parce qu'il y a énormément de recherche qui se fait. Elles sont très débutantes mais qui sont sur des voies très différentes... » 

 

La piste génétique

Des travaux français ont également suscité un vif espoir en 2014. Une équipe de recherche du CHRU de Lille s’est intéressée à l’excès de fer dans le cerveau des personnes atteintes de Parkinson et au moyen de l’éliminer. Leurs premiers résultats montrent qu’à doses modérées, il est possible de ralentir la progression de la maladie. « Mais il sera difficile d’utiliser ce produit à long terme car il élimine le fer sans distinction dans tout l’organisme, mais c’est une piste encourageante », estime le Pr Vidailhet.

La neurologue incite également les patients à participer à la recherche sur la génétique. « Les patients me demandent souvent ce qu’ils peuvent en tirer, je leur réponds que comme d’autres maladies, des individus peuvent avoir une certaine propension à développer Parkinson ». Ainsi, en identifiant des mutations, il serait possible de mieux identifier les personnes à risque.

Mieux encore, la génétique ouvre également la voie à la personnalisation des thérapies. A l’instar de la cancérologie, les neurologues espèrent développer des traitements ciblés. « En alliant la génétique, la biologie et l’imagerie, une grande partie de la recherche en Europe et ailleurs vise à réaliser une meilleure catégorisation des malades car il n’y a pas une maladie de Parkinson mais des maladies de Parkinson. L’objectif serait de ne plus avoir un traitement unique ».

Des nouveaux traitements bientôt disponibles 

Les progrès de la recherche contre la maladie de Parkinson profitent aux malades. De nouvelles molécules devraient très prochainement arriver sur le marché. « Parmi elle, un médicament permettant de prolonger les effets de la L-dopa est très attendu. Ce nouveau traitement disponible dans 2 ou 3 ans pourra être pris en une prise unique, ce qui apportera plus de confort aux patients », explique le Pr Marie Vidailhet.  

Les modes d’administration des médicaments évoluent lui aussi. Pour éviter aux patients d’avaler une ribambelle de cachets, des patchs ou des pompes transcutanées ont été développés. « Ces dispositifs permettent d’instiller en continu le médicament dans l’organisme de la personnes, un peu comme la pompe à insuline chez les diabétiques », décrit la neurologue. Ces technologies appelés pompe ou stylo à apomorphine (le nom est trompeur, il n’y a pas de morphine) sont de plus en plus utilisés par les patients, en particulier ceux qui connaissent des fluctuations de l’efficacité des traitements

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