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Journée Nationale des Hépatites

Hépatite C : plus d'hommes que de femmes

A l’occasion de la Journée Nationale des Hépatites, Santé publique France dresse un panorama de ces infections qui diminuent en France.

Hépatite C : plus d'hommes que de femmes




Il ne faut pas crier victoire, mais reconnaître le progrès. L’hépatite C recule en France et le diagnostic s’améliore, selon les dernières données de Santé publique France. En 2011, 192 700 personnes étaient infectées par le VHC, soit 0,42 % de la population ; en 2004, ce nombre s’élevait à 232  200.

Par ailleurs, le diagnostic de l’hépatite C a sensiblement augmenté au gré des années – même si on estime que 75 000 personnes porteuses du virus ignorent leur séropositivité. En 2015, 3,1 millions de tests pour la recherche des anticorps ont été réalisés en France.
Sur les trois dernières années, l’activité de dépistage est passée de 43 tests pour 1000 habitants en 2013 à 47 tests pour 1 000 habitants en 2015.

Les femmes se dépistent plus

« Les données montrent une augmentation annuelle régulière de l’activité de dépistage comprise entre 1 et 6 % sur les 10 dernières années », note l’agence. Le dépistage semble plus fréquent chez les femmes (63 % des dépistages en 2015) et notamment celles en âge de procréer.

Parmi ces sérologies, 0,9 % sont positives, une proportion stable par rapport à l’étude 2010. Les tests positifs les plus fréquemment obtenus se situent en Île-de-France, en PACA et en Occitanie.

En 2013, les personnes confirmées positives pour la première fois sont majoritairement des hommes (63 %) et 50 % des personnes sont âgées entre 40 et 49 ans. Les femmes confirmées positives pour les anticorps antiVHC sont plus âgées que les hommes (d’âge moyen 52 ans contre 49 ans pour les hommes). Les classes d’âge les plus représentées sont celle des 40-49 ans chez les hommes (31 %) et celle des 60 et 69 ans chez les femmes (23 %).

Usagers de drogues et migrants  

Les usagers de drogues sont particulièrement concernés par les infections à VHC. Près d’un consommateur sur deux (44 %) des usagers de drogues sont porteurs d’anticorps. Pour les usagers de drogues par voie injectable, cette proportion grimpe à 65 % et presque 90 % chez les injecteurs russophones (versus 44 % chez les injecteurs francophones).

« Les usagers de drogues injectables constituent le principal réservoir de la transmission du VHC en France », note l’agence, bien que la prévalence biologique du VHC au sein de cette population soit en baisse depuis 2004.

Enfin, la prévalence de l’hépatite C reste élevée chez les populations migrantes. Selon Médecins du Monde qui collecte ces données, elle s’élève à 2,7 % en 2015, avec une plus forte prévalence parmi les migrants nés en zone de forte endémicité telle que le Moyen Orient et l’Asie Centrale.


De nouveaux traitements

Côté traitement, les dernières années ont été marquées par des évolutions thérapeutiques majeures, avec l’arrivée en 2013 des antiviraux d’action directe (AAD) qui permettent un pourcentage de guérison pour plus de 90 % des patients.

Un traitement par AAD a été initié chez 40 personnes en 2013, 8 700 en 2014 et 14 650 en 2015. « Etant donné que plusieurs traitements ont pu être initiés chez une même personne au cours de la période, il est estimé qu’un traitement a été initié chez 22 600 personnes entre 2014 et 2015 et 20 300 ont été guéries », peut-on lire.

Le nombre d’initiations de traitement par AAD devrait augmenter au cours des prochaines années. A cela, deux raisons : l’ouverture de l’accès universel aux nouveaux traitements de l’hépatite C en janvier 2016 et l’extension du traitement par AAD aux patients asymptomatiques dont le stade de fibrose est F0 ou F1.
« Le traitement des personnes les moins atteintes vise à ralentir l’évolution de la fibrose hépatique, à prévenir ses complications, à éviter les manifestations extra-hépatiques et à limiter la transmission du virus ».

 

Hépatite B : couverture vaccinale encore insuffisante

Moins de 1 % de la population française est atteint d’hépatite B chronique, selon Santé publique France, qui salue, là aussi, l’augmentation annuelle régulière de l’activité de dépistage. Les populations les plus touchées se trouvent dans les DOM (Mayotte, Guyane, Guadeloupe) et l’Île-de-France.

Quant à la couverture vaccinale de l’hépatite B, elle s’améliore nettement chez les enfants de deux ans, et de manière plus modérée chez les enfants de six et onze ans. Toutefois, elle reste globalement insuffisante : 80 % des cas d’hépatites aiguës B déclarés en France auraient donc pu être évités par la vaccination, estime l’agence.

 

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