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QUESTION D'ACTU

Forme aiguë lymphoblastique

Leucémie : des experts plaident pour l'accès à une thérapie génique

Un comité consultatif invite l’Agence américaine du médicament (FDA) à autoriser la mise sur le marché d’une thérapie génique pour traiter une forme sévère de leucémie.

Leucémie : des experts plaident pour l'accès à une thérapie génique The U.S. Food and Drug Administration/Flickr




L'ESSENTIEL
  • La leucémie aiguë lymphoblastique est un cancer du sang et de la moelle osseuse qui touche les cellules souches du sang.
  • En 2012, 810 nouveaux cas de LAL ont été diagnostiqués en France.
  • 44 % des diagnostics concernaient des enfants de moins de 15 ans.
  • Dans 70 à 90 % des cas, une rémission complète est obtenue.
  • Mais 15 % des cas de LAL sont résistants aux traitements.
  • La thérapie génique CTL019 apprend au système immunitaire à reconnaître les cellules défaillantes et les détruire.

Une première mondiale se prépare aux Etats-Unis. Une thérapie génique pourrait être prochainement autorisée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Destinée à traiter la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), elle modifie l’action des lymphocytes T.

Un comité consultatif d’experts a conclu en faveur de la mise sur le marché de cette approche innovante. Tout en soulevant des réserves sur les effets secondaires à long terme d’une telle prise en charge.

Si cet avis est suivi par les autorités sanitaires, ce serait la première fois qu’une telle stratégie serait autorisée dans le pays. La thérapie génique en question, CTL019, a été développée par l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis) et achetée par le laboratoire suisse Novartis, qui possède désormais le brevet.

29 patients en rémission

Le traitement de la leucémie aiguë lymphoblastique s’appuie sur la technique des CAR-T cells : les lymphocytes T du patient sont extraits avant d’être reprogrammés génétiquement en laboratoire, à l’aide d’un VIH inactivé.

Une fois le matériel des cellules modifié, celles-ci sont réinjectées aux patients. Elles se multiplient alors et remplacent progressivement les lymphocytes non traités. Dans le même temps, ces globules blancs améliorés s’attaquent aux cellules B défaillantes qui sont à l’origine de ce cancer du sang et de la moelle osseuse.

En pratique, les résultats livrés par le laboratoire sont plutôt concluants. Sur les 63 patients traités entre 2015 et 2016, 52 ont atteint le stade de la rémission. Les autres sont décédés. Fin novembre, 29 personnes étaient toujours en rémission. 11 ont fait une rechute.

De lourds effets indésirables

C’est sur la base de ces données que le comité consultatif a émis un avis positif. Mais pas sans réserves. La thérapie génique devra être réservée aux jeunes patients atteints de LAL – entre 3 et 25 ans – et en échec thérapeutique. Pas question, vu la lourdeur du procédé, d’en élargir l’accès.

La thérapie génique CTL019 nécessite en effet un suivi intensif. Car les lymphocytes T modifiés ne s’attaquent pas seulement aux cellules B défectueuses, mais aussi à celles dont le fonctionnement est normal. Les patients ont donc besoin d’injections régulières d’immunoglobuline, en guise de remplacement. Et tous ces traitements ont un coût, estimé à 300 000 dollars (263 000 euros).

Les effets secondaires de la prise en charge sont également très lourds. La première patiente, alors âgée de 6 ans, a souffert de forte fièvre, d’une chute de la pression artérielle et d’une congestion pulmonaire. Les experts s’inquiètent, en outre, d’éventuels effets indésirables graves sur le long terme, comme des cancers induits par la thérapie génique.

Une percée thérapeutique

Pour lever ces inquiétudes, les coordinateurs de l’essai clinique ont prévu un suivi étroit des patients pendant 15 ans. En attendant ces données supplémentaires, les experts du comité consultatif n’ont pas hésité. Ils ont statué, à l’unanimité, en faveur d’une mise sur le marché.

Il faut dire que les attentes sont énormes. Environ 15 % des cas de leucémie aiguë lymphoblastique sont résistants aux traitements. Ce qui avait justifié, en 2014, l’obtention du statut de « percée thérapeutique majeure », accélérant le processus d’analyse par les autorités sanitaires.

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