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Violences verbales : une campagne pour y mettre fin

ENTRETIEN – Pour la première fois, une campagne souligne les conséquences des violences verbales éducatives.

Violences verbales : une campagne pour y mettre fin vadimphoto1@gmail.com/epictura

  • Publié 12.09.2017 à 09h30
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« Si j'avais su, je n'aurais pas eu d'enfant. » Les mots sont durs et peuvent blesser autant que des coups. Ces violences-là ne laissent pas de traces sur le corps. Mais leurs conséquences peuvent se prolonger à l’âge adulte.
Pour sa dernière campagne, l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO) a décidé de mettre l’accent sur les violences verbales.

Lancé ce 12 septembre, l’événement attire l’attention des parents sur l’impact de pratiques éducatives qui peuvent sembler anodines. Remontrances, regrets, comparaisons avec la fratrie… Derrière ces phrases se cache une souffrance réelle, trop souvent ignorée.

A travers un court film, l’OVEO et deux associations spécialistes (Stop VEO, Enfance sans violence) retracent le parcours de cinq adultes marqués à vie par des mots blessants. « Tu as toujours été plus lent que ton frère », « Qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un fils comme toi... » Des remarques qui peuvent sembler anodines mais dont l'écho perdure. Décryptage avec le coordinateur de cette campagne, le Dr Gilles Lazimi, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Que recouvrent les violences éducatives ordinaires ?

Dr Gilles Lazimi : C’est tout va qui va atteindre l’intégrité de l’enfant : les coups, les claques, les paroles… Ce qui est utilisé couramment par les parents, pensant que c’est utile pour l’éducation. En réalité, ce sont des violences.

L’an dernier, nous avons eu la joie de voir votée la loi sur l’autorité parentale excluant tout geste ou traitement humiliants. Elle a malheureusement été retoquée par le Conseil constitutionnel pour des raisons de forme. Encore aujourd’hui, la France est en contravention car elle n’applique pas la convention des droits de l’enfant.

Pourquoi avoir lancé cette campagne ?

Dr Gilles Lazimi : Cela n’avait jamais été fait. Or, tout ce qui concerne les enfants est minimisé, et notamment les violences verbales. On se permet de leur asséner des phrases et des mots qui peuvent avoir des conséquences sur leur santé. Cette campagne cherche à faire réfléchir les parents sur le fait que certains propos, tolérés par tous, peuvent avoir des répercussions sur le développement de l’enfant, son estime de soi…

Ecoutez...
Dr Gilles Lazimi : « On est en train de comprendre que ces violences ont une incidence sur le développement de l’enfant, les relations qu’ils auront… »


Ces conséquences peuvent perdurer à l’âge adulte. Je pense que tous les médecins rencontrent des patients anxieux, stressés. En les interrogeant, on trouve souvent qu’ils ont dans la tête des phrases qui les ont rendus ainsi. Maladroitement, les parents les ont assénées comme ils les ont reçues de leurs parents. Avant tout, on refait ce qu’on a subi, consciemment ou non.

Comment aider les parents à améliorer leurs pratiques ?

Dr Gilles Lazimi : Il est difficile d’être parent. Mais quand on les aide à réfléchir sur les mots qui sont assénés, ils s’y prennent mieux. Il est important d’encourager ses enfants. Pour s’épanouir, il faut de l’amour, de la bienveillance et de l’encouragement. Les mots qui font mal ne font pas avancer les enfants. Il est inutile de dire à un enfant qu’il est nul.

Ce sont des méthodes de pédagogie banales. On dira plutôt à un enfant qu'il a droit de se tromper, qu'on réussit à force de réessayer. Au lieu de l'empêcher de pleurer en lui criant dessus, on lui dit qu'il a le droit de pleurer. Puis on voit avec lui la cause de son chagrin, on essaie de l'aider.

En tant que parents, il faut surtout arrêter de dire « on est stressé ». Au travail, on ne se dispute pas. On y arrive. A la maison, c’est la même chose. Il ne faut pas céder à la colère et comprendre que l’enfant n’est pas son punching ball.

Ecoutez...
Dr Gilles Lazimi : « Certains parents disent des choses épouvantables, d’autres sont maladroits. Répétées, ces phrases s’inscrivent dans la mémoire d’un enfant. »
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