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Effets secondaires

Lariam : une action de groupe se prépare

Face aux effets secondaires parfois sévères de l’antipaludéen à base de méfloquine, une association de victimes annonce préparer une action collective pour retirer le Lariam du marché.

Lariam : une action de groupe se prépare Mark Thomas/REX

  • Publié 12.09.2017 à 11h16
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Le Lariam va-t-il bientôt faire les frais de ses effets secondaires ? Le médicament antipaludique, dont l’efficacité et la facilité d’utilisation en font une arme préventive de choix pour les voyageurs, est attaqué. Ses effets indésirables, notamment neurologiques, ne sont pas anodins, et des voix se font entendre pour stopper sa commercialisation.

Une « class action », une action de groupe, serait en effet en préparation, d’après les informations du Parisien. L’objectif : faire interdire le médicament à base de méfloquine en France. « On est en train de regrouper les victimes, signale Georges Alexandre Imbert, président de l’Association d’aide aux victimes des accidents de médicaments. On rencontre nos avocats la semaine prochaine. »

Stromae a fait la lumière

L’antipaludéen fait l’actualité en cette rentrée. Il y a quelques jours à peine, le chanteur belge Stromae révélait, dans un entretien accordé à Marianne, qu’il souffrait encore des conséquences du traitement à base de Lariam qu’il avait reçu lors d’une tournée en Afrique en 2015. Une tournée qu’il avait dû annuler en urgence.

« Il subit les effets secondaires sérieux d’un traitement prophylactique (préventif) antipaludique, qui a nécessité une mise au point hospitalière immédiate, et impose un suivi médical dans les prochaines semaines », avaient alors déclaré ses producteurs dans un communiqué.

« J’ai cru que j’avais basculé dans la folie, explique Stromae dans cet entretien. Après 150 dates, j’étais à plat. Je n’ai pas supporté mon traitement antipaludisme, ça m’a filé des hallucinations. On m’a diagnostiqué une décompensation psychique. J’aurais pu faire une connerie, je n’étais plus moi-même. »

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L’armée l’évite aussi

Ce cas n’est pas isolé. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’annonce qu’un cas d’effet secondaire grave sur 10 000, des études montrent qu’entre 1 et 6 % des voyageurs sous méfloquine doivent arrêter leur traitement en raison de ces effets indésirables. « Cauchemars, anxiété aigüe, dépression, agitation, confusion mentale », mais aussi « des cas de suicide, d’idées suicidaires et de comportement de mise en danger de soi-même » ont été observés, indique le laboratoire Roche dans la notice de son médicament.

Les démarches pour s’en passer ne sont pas nouvelles. Les armées canadienne et américaine, parmi d’autres, gardent désormais la méfloquine au rang de médicament de dernier recours. Chez les militaires français, il ne serait utilisé qu’en cas d’intolérance à la doxycycline.

La molécule figure sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS. En 2015, 500 000 personnes sont décédées du paludisme dans le monde, et plus de 200 millions l’ont contracté dans 91 pays, d’après les chiffres de l’organisation onusienne. Des millions de voyageurs se rendant dans les pays où il circule se voient prescrire du Lariam en prévention. Il est pratique à utiliser. Il ne nécessite qu’une prise hebdomadaire, contre quotidienne pour les autres médicaments. 

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