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QUESTION D'ACTU

Sevrage tabagique

E-cigarette : les liquides contiennent des produits irritants

Deux études dénoncent l’utilisation de la cigarette électronique, qui n’aiderait pas au sevrage et serait potentiellement dangereuse.

E-cigarette : les liquides contiennent des produits irritants apid/Epictura

  • Publié 12.09.2017 à 18h24
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La cigarette électronique est-elle un moyen de sevrage tabagique sans danger ? La question anime les débats dans la communauté des pneumologues et, en partie à cause du manque de recul sur son utilisation. Certains résultats de recherches ne plaident néanmoins pas en faveur des vapoteurs.

Lors du congrès de l’European Lung Foundation, qui se tient actuellement à Milan (Italie), plusieurs études ont été présentées dans ce sens. L’une d’entre elles dénonce la présence de produits irritants dans les liquides pour cigarette électronique.

Produits non conformes à la législation

Des chercheurs de l’université de Crète ont pris au hasard 122 liquides d'e-cigarette parmi les marques les plus vendues en Europe. Ils ont analysé en détail leur composition chimique, afin de déceler la présence éventuelle de produits irritants pour les voies respiratoires.

Les résultats ne sont pas rassurants : tous les liquides contenaient au minimum une substance classée comme risquée par l’OMS. Le méthyl cyclopentenolone (présent dans 26 % des échantillons), et l’a-ionone (9 %) peuvent ainsi « causer des allergies, des symptômes asthmatiques ou des difficultés respiratoires si inhalés ». Des agents de saveur, comme le menthol (43 %) et la vanilline (16,5 %) peuvent aussi « causer des irritations respiratoires ».

« Nos recherches montrent que les liquides d’e-cigarette sur le marché en Europe contiennent des ingrédients qui sont de potentiels irritants respiratoires, regrette le Dr Constantine Vardavas, chercheur à l’université de Crète, et auteur principal de l’étude. Une directive de l’Union européenne sur les e-cigarettes stipule pourtant qu’à part la nicotine, les ingrédients autorisés dans les liquides à la nicotine ne doivent pas poser de risque pour la santé humaine, que ce soit à froid ou une fois chauffés ».

 

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Plus de problèmes respiratoires

Peut-être une conséquence de la présence de ces produits : les personnes qui cumulent cigarette et vapote ont plus de problèmes respiratoires que les fumeurs exclusifs. C’est le résultat d’une seconde étude présentée au même congrès, et menée par des chercheurs de l’université d’Umeå (Suède).

Le Dr Linnea Hedman – spécialiste en sciences du comportement – et son équipe ont interrogé plus de 30 000 Suédois représentatifs de la population : non fumeurs, fumeurs (11 % de l’échantillon), vapoteurs (0,6 %), ou fumeurs et vapoteurs (1,2 %).

Cet interrogatoire a montré que, parmi les non fumeurs, 26 % avaient des problèmes respiratoires. Cette proportion monte à 34 % chez les vapoteurs, et à 46 % chez les fumeurs. Mais c’est chez les fumeurs-vapoteurs qu’elle est la plus importante : plus d’un sur deux (56 %) se plaint de difficultés respiratoires.

« Nous avons montré que les personnes qui cumulent cigarettes conventionnelles et électroniques sont plus souvent sujets aux éternuements et aux toux prolongées et grasses, explique le Dr Hedman. Il se pourrait que des fumeurs qui ont déjà ces symptômes tentent, sans y parvenir, d’arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique. Mais il se pourrait aussi que l’utilisation cumulée des deux produits augmente les effets de chacun pris indépendamment. »

Un gadget de fumeurs

Ces résultats ne vont pas dans le sens de la validation de la cigarette électronique comme produit de sevrage. D’autant plus que les chiffres récoltés lors de cette étude suggèrent qu’elle n’aide pas à arrêter de fumer.

Elle a en effet révélé que la e-cigarette était finalement plutôt utilisée par des fumeurs que par les autres. Près de 10 % des fumeurs vapotent également, contre seulement 1 % des anciens fumeurs, et 0,6 % des non-fumeurs. Elle est par exemple utilisée par des accros à la cigarette, lorsqu’ils ne peuvent pas s’en griller une, dans les restaurants par exemple, estiment les chercheurs.

« L’un des arguments justifiant l’existence de la cigarette électronique, c’est qu’elle permettrait aux fumeurs d’arrêter. Mais notre étude le contredit, estime le Dr Hedman. Si c’était le cas, on retrouverait bien plus de vapoteurs chez les anciens fumeurs. »

Une étude limitée ?

Cette double présentation tend à montrer que la cigarette électronique est un bien piètre moyen de sevrage, parce qu’elle continue d’apporter des produits potentiellement dangereux pour le système respiratoire et que, de toute façon, elle ne permet pas d’arrêter de fumer. Mais certains pourront ajouter qu’en comparaison des composants cancérigènes et toxiques du tabac, les quelques produits potentiellement irritants des e-liquides ne sont pas grand-chose.

D’autre part, la seconde étude ne fait pas état de la consommation de cigarettes. Elle se contente de comparer les pratiques. Il aurait été intéressant de se pencher sur le nombre moyen de cigarettes consommées par les fumeurs exclusifs et par les fumeurs-vapoteurs.

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