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Psychiatrie

Le psychiatre d'un meurtrier schizophrène condamné à 18 mois de prison pour homicide involontaire

Un psychiatre vient d’être condamné à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire suite au meurtre perpétré par l’un de ses patients schizophrène. 

Le psychiatre d'un meurtrier schizophrène condamné à 18 mois de prison pour homicide involontaire KatarzynaBialasiewicz / Istock

  • Publié 16.05.2018 à 15h00
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C’est une première, et qui n’est pas sans poser de questions. Un praticien hospitalier vient d’être condamné en deuxième instance par la cour d'appel de Grenoble à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire suite au meurtre perpétré par l’un de ses patients schizophrène.

Psychose délirante chronique

Il y a bientôt dix ans, Jean-Pierre Guillaud, patient du psychiatre Lekhraj Gujadhu, s’échappait du Centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère). Atteint de psychose délirante chronique, il montait alors dans un car, rejoignait Grenoble, achetait un couteau et tuait Luc Meunier, 26 ans, étudiant en génie mécanique.

"La justice a reconnu que ce médecin ne s'était pas préoccupé du suivi de ce patient, et que sa dangerosité est passée à la trappe. S'il y avait eu cette préoccupation, il n'y aurait peut-être pas eu le décès de Luc Meunier", a estimé Me Hervé Gerbi, l’avocat de la famille de la victime. Pour lui, ce jugement est "une mise en garde à l'encontre des psychiatres qui pensent que l’évaluation des patients schizophrènes les plus dangereux serait une question subalterne : elle doit être au centre de leurs préoccupations".

Bouleverser la pratique psychiatrique

Très fragile, le Dr Lekhraj Gujadhur a aujourd’hui arrêté d’exercer et est suivi pas l’un de ses confrères. Pour son avocat, cette sentence est une "grosse déception" et va bouleverser la pratique psychiatrique."On peut penser curieux qu'il soit le seul responsable, alors que l'hôpital a la responsabilité du contrôle des sorties et que son chef de service n'a pas été poursuivi", ajoute-t-il, l’hôpital de Saint-Egrève ayant été relaxé en première instance.

Le vice-président de l'Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (Idepp) Norbert Skurnik voit quant à lui dans cette décision de justice un "message extrêmement négatif pour les malades, les familles et la population", car elle pourrait inciter les praticiens "à ne pas faire sortir les patients, à prolonger leur hospitalisation". Rappelons que les  schizophrènes ne sont pas une population criminogène. Sur 600 000 malades en France, il y a un passage à l'acte tous les trois ou quatre ans.

Fortement médiatisé, le meurtre de Luc Meunier avait poussé le Président Nicolas Sarkozy à exiger une réforme de la psychiatrie incluant de nouvelles dispositions sur les malades dangereux, ce qui avait provoqué l’ire des professionnels du secteur.

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