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QUESTION D'ACTU

Tabou au bureau

Le travail serait la première cause de dépression pour les Français

D'après un sondage Odoxa paru vendredi 15 juin, 56% des Français considéreraient le travail comme première cause de la dépression. Malgré tout, cette maladie demeure très taboue dans le monde professionnel. 

Le travail serait la première cause de dépression pour les Français SIphotography/iStock

  • Publié 16.06.2018 à 19h20
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  • Mise à jour le 16.06.2018 à 21h43
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Les chiffres font froid dans le dos. D’après un sondage Odoxa paru vendredi 15 juin, 28% des Français adultes ont déjà fait une dépression, soit plus d’un quart de la population. Et, pour la plupart d’entre eux, le travail en serait à l’origine (54%). Au total, 56% des sondés incriminent la pression ou les problèmes avec le management, loin devant un environnement instable ou difficile (46%) et des difficultés financières (42%).

La dépression, symptôme de l'exigence de la réussite

"Obtenir un travail et le garder est vécu comme une pression majeure, alors qu'il est aussi une modalité d'accomplissement de chacun", analyse Raphaël Gaillard, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, dans le communiqué de presse d’Odoxa. D’après lui, la dépression serait un symptôme de l’exigence de réussite de nos sociétés modernes. "En se faisant des reproches, les êtres humains se créent une ambiance à déprime parce qu'ils sont déçus d'eux-mêmes. Or c'est très dur d'être déçu de soi-même", explique-t-il.

Mais si ce sondage est inquiétant, il fait toutefois lumière sur une évolution assez positive des mœurs. En effet, alors qu’autrefois la dépression était le plus souvent vue comme une faiblesse psychologique, aujourd’hui, 76% des sondés la considère comme une maladie nécessitant un accompagnement médical et psychologique. Malgré tout, elle demeure encore très taboue dans le milieu professionnel, alerte l’étude.

La dépression encore vécue comme un stigmate

Ainsi, selon Odoxa, 69% des salariés parleraient d’un cancer à la médecine du travail contre 57% d’une dépression. Pire, ils ne seraient que 22% à se confier à leurs collègues. Et pour cause puisque la majorité de ces derniers auraient tendance à penser qu’une personne souffrant de dépression risque d’être psychologiquement fragile (78%), de connaître de nouveaux épisodes dépressifs (74%) de nécessiter d’une attention supérieure (73%), ou encore de faire preuve d’un manque de lucidité (46%) ou d’implication (40%).

"Pourtant, la dépression n‘est pas à l‘origine d’un handicap durable, il s’agit d’un épisode pathologique et non d’un état intrinsèque de la personne. A l’image d’une jambe cassée, une dépression c’est une fracture dans l’existence, avec ses soins et sa temporalité. Comme après une fracture de jambe, au-delà d’une période de consolidation il n’y a pas de raison de considérer qu’il persiste une fragilité", conclut Raphaël Gaillard.

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