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QUESTION D'ACTU

Diarrhée infectieuse du voyageur

Tourista : comment éviter de l’attraper cet été ?

La tourista touche environ un voyageur sur trois, ce qui en fait le trouble sanitaire le plus fréquent chez les touristes. L'infectiologue Christophe Rapp nous explique comment s’en prémunir.

Tourista : comment éviter de l’attraper cet été ? innovatedcaptures / istock

  • Publié 17.07.2018 à 18h32
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Que l’on parte seul, en famille ou entre amis, la tourista, scientifiquement appelée "diarrhée infectieuse du voyageur", fait partie des désagréments dont on préférerait se passer en vacances. Le Pr Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital Bégin (Saint-Mandé), directeur du centre de santé international CMETE (Paris) et président de la société de médecine des voyages (SMV), nous explique comment s’en prémunir.

La tourista touche environ un voyageur sur trois, ce qui en fait l’événement de santé le plus fréquent chez les touristes. Les enfants et les personnes âgées peuvent aussi contracter la maladie. "Ce sont même les populations les plus à risque", précise Christophe Rapp.

Localisation à risque et modes de contamination

"Tous les voyageurs sont susceptibles d’attraper la tourista. Moins les conditions d’hygiène du pays visité sont bonnes, plus le risque de contracter la diarrhée du voyageur est élevé", explique Christophe Rapp. Les zones à risque sont principalement la péninsule Indienne (Inde, Bengladsh), l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-Est l’Afrique du nord et l’Amérique du Sud.  

Contrairement à ce que l’on pense, la tourista se contracte davantage par l’alimentation que par l’eau. Il faut donc bien veiller à consommer uniquement des aliments très cuits et à boire de l’eau en bouteille. Cependant, "les agents pathogènes se transmettent également via les mains. La seule méthode de prévention d’efficacité avérée contre la diarrhée est donc de se les laver, avant chaque repas, avant toute manipulation d’aliments et après passage aux toilettes", prévient Christophe Rapp. Si l’eau et le savon ne sont pas disponibles, les solutés hydro-alcooliques sont une alternative.

Symptômes et prise en charge

La pathologie se manifeste par une diarrhée (plus de trois selles liquides par jour) associée à des symptômes tels que la fatigue, des douleurs et crampes abdominales, des nausées, des vomissements et parfois de la fièvre. La diarrhée du voyageur est le plus souvent bénigne et ne dure pas plus de 48 heures. "Les formes graves touchent les personnes âgées ou les enfants, qui peuvent, s’ils ne sont pas pris en charge, mourir par déshydratation. C’est ce que l’on observe chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenus  limités (Afrique, Asie)", précise Christophe Rapp.

Si les symptômes décrits ci-dessous se manifestent, il faut avant tout s’hydrater et continuer à manger normalement, même si l'envie manque. Chez les enfants, l’utilisation de solutés de réhydratation orale est recommandée. Si les vomissements empêchent l’hydratation, il faut se rendre à l’hôpital pour une réhydratation par voie intraveineuse. "Le risque élevé d’acquisition d’un portage de bactérie multi-résistante (BMR) doit faire limiter l’utilisation d’antibiotiques souvent prescrits par le médecin avant le départ. Les antibiotiques doivent être réservés aux formes sévères (diarrhée fébrile de plus de 48 heures avec du sang et des glaires)", précise Christophe Rapp.

En 2013, des chercheurs annonçaient qu’un vaccin contre la tourista serait bientôt disponible. Ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui. 

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