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QUESTION D'ACTU

Prévention

Pour se prémunir d'Alzheimer, "il ne faut pas se retenir d'éternuer ou de tousser"

Aujourd'hui, le seul moyen d’agir contre la maladie d'Alzheimer reste la prévention, faute de traitement efficace. Le médecin-chercheur Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimer, nous explique le pourquoi du comment. 

Pour se prémunir d'Alzheimer, \ tampatra / stock

  • Publié 19.07.2018 à 09h30
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"Je confirme le déremboursement des médicaments anti-alzheimer, et ce n’est absolument pas pour des raisons budgétaires. C’est parce que ces médicaments ont été montrés par la HAS comme étant néfastes et entraînant beaucoup d’effets secondaires, avec des fractures et des chutes. Nous dé-remboursons pour que les gens ne les utilisent plus", indiquait la ministre de la Santé Agnès Buzyn, mercredi 30 mai dernier, sur le plateau du "19/20" de France 3.

Au-delà de la récente polémique, le déremboursement des médicaments anti-Alzheimer reflète une triste réalité : près de 40 ans après l’identification de la maladie, il n’existe toujours aucun traitement pour la soigner. "Le cerveau, c’est un problème très compliqué. C’est un organe qui fonctionne 24 heures sur 24 en consommant moins d’énergie qu’une ampoule. Aucun ordinateur n’est capable de reproduire cela", explique Philippe Amouyel, médecin-chercheur spécialisé dans les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, par ailleurs directeur général de la Fondation Alzheimer. 
"Ensuite, la maladie d’Alzheimer n’est pas une maladie aigue. On vient tout juste de comprendre qu’elle commence tôt, très tôt. Pour qu’une recherche soit efficace, il faudrait commencer à étudier la pathologie 4, 5, 10 ans avant que les premiers oublis apparaissent, et suivre les patients pendant deux à trois ans après, pour voir l’évolution des symptômes."

L'accumulation de la protéine bêta-amyloïde commence très lentement

Une nouvelle étude, publiée dans The Journal of Neuroscience, vient en effet de démontrer que l'accumulation de la protéine bêta-amyloïde commence très lentement, des années avant que les biomarqueurs ne deviennent anormaux - on parle ici de 10, 20, 30 ans avant les premiers signes cliniques. La protéine bêta-amyloïde est le composant principal des plaques amyloïdes, un agrégat protéique que l'on retrouve dans les neurones de personnes développant certaines maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer. La présence de plaques amyloïdes diminuerait notamment la communication entre les neurones.

Partant de ce postulat, les approches actuelles de détection précoce de la maladie d'Alzheimer reposent sur la classification des individus comme "positifs" ou "négatifs" en fonction de la normalité de ce biomarqueur. S'il est anormal, les dernières thérapies visent à essayer de dissoudre les plaques amyloïdes, sans succès. "On voit bien que des gens qui ont 50 ou 60 ans présentent une charge d'amyloïdes importante par rapport à ce qu’on devrait attendre. Mais tant qu’on a aucun traitement pour agir là-dessus, cela ne sert à rien de poser un diagnostic précoce, à part d’angoisser le patient", analyse encore Philippe Amouyel.

Eviter de se retenir d’éternuer ou de tousser

Face à ce vide curatif, le seul moyen d’agir contre la maladie d'Alzheimer reste la prévention. Le sport et le maintien des liens sociaux sont connus pour ralentir la progression de la maladie, quand le tabac, l’alcool et les drogues font, au contraire, plus rapidement tomber les défenses du corps. D’autres méthodes sont plus surprenantes : "il faut éviter de se retenir d’éternuer ou de tousser. Si on ne laisse pas passer l’air, cela impacte le cerveau", indique encore Philippe Amouyel, dans Le Guide anti-Alzheimer - Les secrets d'un cerveau en pleine forme, récemment publié aux éditions du Cherche-Midi. "Dans l’idéal, il faut commencer à protéger son cerveau le plus tôt possible, et cela devient vraiment nécessaire à l’âge de 40-45 ans", conclut-il. 

Aujourd’hui en France, la maladie d’Alzheimer touche directement ou indirectement 3 millions de personnes, et près de 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. D’ici 2020, si la recherche ne progresse pas, l’Hexagone comptera 1 200 000 personnes malades. 
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