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Sous-diagnostiquées, les femmes ont deux fois plus de risque de mourir d’une crise cardiaque

Selon une nouvelle étude de l’Université de Sydney, les femmes seraient deux fois moins susceptibles que les hommes de recevoir à temps un traitement contre les crises cardiaques. Elles présenteraient aussi deux fois plus de risque de mourir dans les six mois suivant leur infarctus.

Sous-diagnostiquées, les femmes ont deux fois plus de risque de mourir d’une crise cardiaque spukkato/iStock

  • Publié 24.07.2018 à 08h30
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En moyenne, 22 personnes meurent chaque jour d’une crise cardiaque en Australie. Mais les femmes seraient deux fois plus nombreuses que les hommes.

C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’Université de Sydney publiée dans le Medical Journal of Australia. Portant sur 2 898 patients (2 183 femmes et 715 hommes), elle révèle que six mois après une hospitalisation, les taux de mortalité et les événements cardiovasculaires indésirables graves chez les femmes présentant un infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (STEMI) décennie sont deux fois plus élevés que les taux observés chez les hommes.

Une crise cardiaque mortelle dans 20% des cas

L’infarctus du myocarde de type STEMI intervient lorsqu’un dépôt graisseux sur une paroi artérielle bloque l’arrivée du sang vers le cœur, le privant ainsi d’oxygène et endommageant le muscle cardiaque. Représentant environ 20% des attaques cardiaques, l’infarctus du myocarde de type STEMI peut engendrer une mort subite en raison d’une fibrillation ventriculaire (une grave perturbation du rythme cardiaque) ou d’une insuffisance cardiaque aiguë (lorsque le cœur ne parvient plus à pomper suffisamment de sang pour alimenter correctement le corps).

"Nous nous sommes concentrés sur les patients atteints d'infarctus du myocarde avec élévation du segment ST parce que la présentation clinique et le diagnostic de cette affection sont assez cohérents, et les patients devraient recevoir un plan de prise en charge standardisé ", explique la professeure Clara Chow de l'Université de Sydney, cardiologue à l'hôpital Westmead et auteure principale de l'étude.

Avec ses confrères, la Pr Chow a analysé les dossiers de 41 hôpitaux australiens couvrant la période de février 2009 à mai 2016. L’âge moyen des femmes souffrant de STEMI était de 66,6 ans, contre 60,5 pour les hommes. Les médecins ont aussi constaté que les femmes avaient davantage tendance à souffrir d’hypertension, de diabète, d’une maladie rénale ou de démence.

Des différences de traitement "non justifiées"

Cependant, ces éléments ne peuvent expliquer à eux seuls la différence de prise en charge qui existe entre les femmes et les hommes souffrant de STEMI, reconnaissent les chercheurs.

"Les raisons de la sous-traitance et de la prise en charge des femmes par rapport aux hommes dans les hôpitaux australiens ne sont pas claires", constate Clara Chow. "Cela pourrait être dû au fait que les femmes atteintes de STEMI sont généralement plus à risque. Cela pourrait aussi être dû à une préférence pour l'évaluation subjective du risque plutôt qu’à l’application des outils de prédiction du risque, qui sont plus fiables."

"Quelle qu'en soit la cause, ces différences ne sont pas justifiées. Nous devons faire plus de recherche pour découvrir pourquoi les services de santé ne font pas suffisamment d'enquêtes sur les femmes victimes de crises cardiaques graves et trouver d'urgence des moyens de corriger les disparités dans les traitements et les résultats pour la santé", insiste la cardiologue.

Pour le professeur David Brieger, co-auteur de l’étude, les résultats mis en lumière par l’étude doivent alerter les médecins et, en conséquence, les inciter à "recentrer leur attention sur les femmes atteintes d’une STEMI".

Ce n’est pas la première fois qu’une différence de traitement est constatée entre femmes et hommes en matière de diagnostic et d’accès aux soins. En 2016, une vaste étude britannique avait déjà pointé le risque des femmes et des insuffisants cardiaques de 80 ans et plus de recevoir un mauvais diagnostic. Ne bénéficiant alors pas des soins appropriés, ils présentaient un risque accru de décéder à la suite de leur crise cardiaque.

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