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Au Liberia

Ebola : une femme transmet le virus à son mari et ses fils un an après son infection

Au Liberia, une mère de famille a transmis le virus a son époux et à ses fils un an après avoir été infectée, révèlent des chercheurs dans une étude parue le 24 juillet. Elle n'avait jamais été diagnostiquée.

Ebola : une femme transmet le virus à son mari et ses fils un an après son infection USO / iStock

  • Publié 25.07.2018 à 14h15
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Ebola continue d’inquiéter. Et pour cause, puisqu’un malade guéri pourrait contaminer d’autres personnes après la disparition des symptômes, révèlent des scientifiques dans une étude parue mardi 24 juillet dans la revue The Lancet Infectious Diseases. Les auteurs se basent sur un cas survenu en 2015 où une patiente aurait transmis le virus à sa famille alors même qu’elle-même ne souffrait plus de l’infection.

Le 17 novembre 2015, un garçon de 15 ans se rend à l’hôpital de Monrovia, la capitale du Liberia, présentant les symptômes typiques d’Ebola : il vomit, parfois du sang, dit être très fatigué, souffre de violents maux de tête et de diarrhées. Transféré dans un Centre de Traitement Ebola (CTE) pour recevoir un traitement adapté, il y meurt quelques jours plus tard. Pour plus de sécurité, ses parents et ses trois petits frères (huit ans, cinq ans et deux mois) sont pris en charge au même endroit. Après analyses de sang, les médecins s’aperçoivent que le père et le petit de huit ans sont également infectés. Ils avaient présenté les mêmes symptômes que le jeune décédé dans le passé mais avaient essayé de se soigner eux-mêmes.

En analysant la mère, les scientifiques découvrent que c’est elle qui a infecté la famille : la jeune femme de 33 ans présente des anticorps dirigés contre Ebola dans son sang et son lait. Elle avait donc elle aussi été infectée auparavant mais n’avait jamais été diagnostiquée ou prise en charge.

La maman infectée n’avait jamais entendu parler d’Ebola

Interrogée par les médecins, elle raconte être tombée malade en juillet 2014 après avoir passé du temps auprès de son frère mourant. Celui-ci était infirmier dans un centre de santé et se serait occupé de patientes atteintes d’Ebola au début de l’épidémie mais à cette époque-là, les soignants ignoraient encore tout du virus. N’ayant jamais entendu parler de la maladie, la maman ne s’était donc pas rendue à l’hôpital et avait fait une fausse couche quelques mois plus tard.

Un an passe et elle accouche de son dernier enfant. Puis, quelques semaines après, souffrant d’une grande fatigue et de difficultés respiratoires, elle se rend à l’hôpital. Les médecins la traitent pour anémie, lui font une transfusion sanguine et lui prescrivent un médicament antipaludique sans rechercher d’infection à Ebola.

Selon les chercheurs, la résurgence du virus pourrait être liée aux changements qui ont lieu lors de la grossesse.  "Il est possible que la mère présentait toujours le virus ou était victime d’une résurgence de l’infection après sa grossesse en septembre 2015 et serait ensuite tombée malade en octobre. Au cours de cette période, elle a pu transmettre des anticorps protecteurs à son nourrisson", notent-ils. Ils ignorent en revanche comment elle aurait pu transmettre Ebola à son mari. En effet, aucun cas de transmission sexuelle venant d’une femme n’a encore été démontré.

Ainsi d’autres fluides corporels que le sperme pourraient peut-être transmettre le virus. "Nous n'avons pas d'indication claire du mode de transmission de la mère à son mari. (...) Très probablement, la transmission entre membres de la famille a eu lieu durant une interaction physique proche", expliquent les chercheurs.

La persistance d’Ebola pourrait "causer un risque continu de résurgence de cas"

Par ailleurs, cette histoire montre que des foyers d’infection pourraient réapparaître, s’inquiètent-ils. "Malgré l'absence actuelle de chaînes de transmission actives du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, sa persistance pourrait causer un risque continu de résurgence de cas et avoir le potentiel d'une épidémie à grande échelle, faute d'être détectés rapidement et contrôlés", alerte Emily Kainne Dokubo, du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain (CDC), responsable de ces travaux. Et de conclure : "Les pays confrontés au virus doivent continuer à renforcer leur système de santé pour être en mesure de détecter les cas et agir rapidement pour prévenir la diffusion du virus".

Ebola est un agent infectieux qui provoque chez l’humain et les autres primates des fièvres souvent hémorragiques. Il n’existe pour l’heure pas de traitement homologué contre la maladie qu’il engendre et son taux de mortalité va de 25 à 90% chez l’humain. Lors de l’épidémie meurtrière qui a sévi entre 2013 et 2016, le Liberia (4,5 millions d’habitants) a été le pays le plus touché. Sur les 11 300 morts principalement concentrés dans cet État et deux voisins, la Guinée et la Sierra Leone, 4 800 avaient été recensés là-bas. Si Ebola sévit aujourd’hui encore en Afrique (de nouveaux cas viennent notamment d’être diagnostiqués en République démocratique du Congo), le vaccin mis au point fin 2016 a permis de calmer l’épidémie dans la région.

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