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Jeûn, grève de la faim : le corps peut tenir presque 2 mois sans nourriture

En moyenne, une personne peut tenir presque deux mois sans manger, à condition de continuer à boire. Cependant, les capacités de jeûne dépendent de la constitution de chacun. Explications.

Jeûn, grève de la faim : le corps peut tenir presque 2 mois sans nourriture bopav / istock

  • Publié 22.08.2018 à 18h30
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Selon une étude menée entre 2003 et 2004, un adulte de taille moyenne peut tenir presque deux mois sans manger, à condition bien sûr de boire en parallèle. "Une personne complètement à jeûn, qui s’hydrate, peut tenir 45-50 jours, estime aussi dans Ouest-France Ronan Thibault, responsable de l’unité nutrition au CHU de Rennes et professeur à l’institut NuMeCan (Nutrition, Métabolismes et Cancer) de l’Université Rennes 1. Sans eau, on ne tient pas plus d’une semaine."

Trois phases

Cette estimation varie en fonction de la constitution de chacun. Chez les personnes obèses par exemple, qui disposent de réserves plus importantes, la capacité de jeûne peut se prolonger à une centaine de jours. Un mauvais état de santé initial ou une blessure peut en revanche raccourcir l’espérance de vie.

Si l’on cesse de s’alimenter, le corps pompe dans ses réserves de sucre, de sel et d’eau (première phase), puis de graisses présentes dans l’organisme, avant de solliciter les muscles (deuxième phase, entre trois jours et 2 semaines). Dans la troisième phase, l'organisme va utiliser la dernière réserve disponible, à savoir les protéines. 

Lors d’un jeûne prolongé, le premier effet du manque de nourriture est la perte de poids, qui est spectaculaire. La sensation de faim disparaît rapidement. Au bout de deux semaines, la tension artérielle baisse drastiquement. Le rythme cardiaque et la respiration ralentissent. Apparaissent alors des maux de tête, des difficultés de concentration et des douleurs musculaires et abdominales. Peu à peu, on devient grabataire.

Fonctionner au ralenti

Le cerveau se met aussi à fonctionner au ralenti, ce qui peut engendrer des hallucinations et des dépressions. La cousine du cinéaste ukranien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis 100 jours, décrit ainsi à l’AFP "qu’il a un pouls très faible de 40 battements par minute. Il se plaint du cœur qui lui fait mal, de faiblesse générale et essaye de ne pas se lever souvent pour ménager ses forces". Précisons que le célèbre protestataire se fait injecter du glucose, des amino-acides et des vitamines, boit chaque jour 3,5 litres d’eau et mesure 1m90, ce qui explique son impressionnante performance.

On finit par mourir du manque de nourriture lorsque 30 à 50% des protéines présentes dans l’organisme sont consommées, ou que la perte de poids est égale à 50% du poids initial. En effet, la consommation de protéines entraine une dégradation de tous les tissus. L’affamé se sent de plus en plus faible et n’arrive plus à communiquer. La température baisse, les douleurs abdominales et musculaires deviennent insupportables, les vertiges apparaissent. Les complications sévères font leur entrée : insuffisance rénale, hémorragie digestive, ictère. Puis l’individu sombre finalement dans le coma, irréversible. 

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