Publicité

QUESTION D'ACTU

Prolonger le traitement

Trichomonase: l’infection sexuellement transmissible plus tenace que prévu

D'après une récente étude américaine, la trichomonase, une Infection Sexuellement Transmissible (IST) très courante, aurait été mal traitée au cours de ces dernières décennies. Alors que les médecins prescrivaient aux malades une seule dose d'antibiotiques, il faudrait les soigner au moins sur une semaine entière. 

Trichomonase: l’infection sexuellement transmissible plus tenace que prévu Tharakorn/iStock

  • Publié 06.10.2018 à 12h03
  • |
  • |
  • |
  • |


Voilà qui pourrait changer la vie de millions de personnes dans le monde. D’après une nouvelle étude américaine parue vendredi 5 octobre dans la revue Lancet Infectious Diseases, le traitement proposé depuis plus de trente ans aux femmes souffrant de trichomonase, une Infection Sexuellement Transmissible très courante liée à Trichomonas vaginalis, est inefficace.

Alors que les patients reçoivent une dose unique d’antibiotique, il faudrait en fait les traiter sur une semaine, assurent les chercheurs. ET ce serait valable pour les 2 partenaire sexuels, bien sûr, si on veut éviter les réinfections en cascade, le fameux effet "ping-pong".

Le traitement monodose inefficace

Le Professeur Patricia Kissinger de l’Université de Tulane de Santé Publique et de Médecine Tropicale et ses collègues ont suivi plus de 600 femmes atteintes de la trichomonase à la Nouvelle Orléans (Louisiane), à Jackson (Mississippi) et à Birmingham (Alabama). Plus de la moitié des participantes ont pris une seule dose de métronidazole tandis que les autres ont été traitées pendant sept jours. Résultat : à la fin de l’étude, celles qui avaient pris plusieurs fois le médicament étaient moitié moins susceptibles de toujours souffrir de l’infection que celles qui n’avaient pris qu’une seule dose d’antibiotiques.  

"Il y a environ 3,7 millions de nouveaux cas de trichomonase diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Cela veut dire que beaucoup de femmes ont été mal traitées pendant très longtemps", déplore Patricia Kissinger qui a espoir que le Centre pour le Contrôle et la prévention des Maladies change les recommandations de traitement au regard de l’étude. "Nous ne pouvons plus faire quelque chose sous prétexte que c’est ce que l’on a toujours fait. J’espère que cette étude aidera à changer les recommandations pour que les femmes puissent être soignées correctement face à cette MST courante", poursuit-elle.

Une infection qui passe inaperçue dans la moitié des cas

Environ 143 millions de femmes sont sont diagnostiquées avec la trichomonase chaque année dans le monde et bien que 50% d’entre elles ne souffrent d’aucun symptômes, l’infection peut entraîner de nombreuses complications, notamment à la naissance de l’enfant d’une femme infectée (risque d’infections des voies urinaires ou du vagin chez le nourrisson). Par ailleurs, comme tous les IST, elle fragilise la muqueuse et augmente considérablement les risques de contamination par le virus du sida

Quant ils sont visibles, les symptômes peuvent se traduire par des pertes vaginales anormales et abondante, particulièrement malodorantes, des brûlures et démangeaisons au niveau de la vulve et du vagin et des douleurs quand la femme urine. Enfin, si cette maladie est surtout l’apanage des jeunes femmes, il arrive que certains hommes en souffrent. Elle se manifestera alors par des rougeurs et des douleurs au niveau de l’orifice urétral et du sillon à la base du gland, ainsi que par des brûlures au moment d’uriner et parfois un écoulement au niveau de l’orifice de sortie de l’urètre. Surtout, le germe peut remonter dans les voies urinaires de l'homme et donner des infections de la prostate et des prostatite chronique, dont le lien avec le cancer a été évoque

Si vous souffrez de ces symptômes, rendez-vous immédiatement chez votre médecin afin que ce dernier vous prescrive des analyses en laboratoire. Chez la femme, le diagnostic s’effectue grâce à un simple prélèvement cervico-vaginal tandis que chez l’homme, le laborantin réalisera des prélèvements urétraux. Le traitement doit concerner les 2 partenaires sexuels en même temps.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité