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Réforme de santé

Assistants médicaux : 4 000 postes créés pour «redonner du temps aux médecins»

Vendredi 26 octobre, les députés ont donné leur feu vert à la création de 4 000 nouveaux postes d’assistants médicaux. Votée dans le cadre du projet de budget pour la Sécurité sociale pour 2019, la mesure est censée "redonner du temps aux médecins", en particulier à ceux exerçant dans des zones désertifiées. Mais elle est loin de faire l’unanimité.

Assistants médicaux : 4 000 postes créés pour \ javi_indy/iStock




C’est désormais acté. Vendredi 26 octobre, les députés ont donné à l’unanimité leur feu vert à la création de 4 000 postes d’assistants médicaux. Annoncée mi-septembre par Emmanuel Macron comme une des mesures majeures du plan "Ma santé 2022", cette création d’assistants médicaux devrait être définitivement adoptée fin décembre dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019.

Pensée comme solution contre la désertification médicale, elle doit selon le gouvernement soulager les médecins des tâches qui ne sont pas du ressort médical, et qui contribuent à leur surcharge de travail. "Nous devons continuer à décharger les médecins d’actes qui peuvent être faits par d’autres. Nous créerons des postes d’assistants médicaux, qui accompagneront et déchargeront les médecins d’actes simples. Nous en créerons autant qu’il en faudra. L’objectif du quinquennat est d’en déployer au moins 4 000", avait indiqué Emmanuel Macron en septembre.

Un poste hybride qui ne séduit pas les professionnels de santé

L’objectif déterminé par le président de la République est donc atteint. Mais qui seront donc des assistants médicaux ? D’après la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, les profils recherchés seraient principalement ceux "d’aides-soignants cherchant une reconversion". Leurs missions seront à la fois soignantes et administratives. Outre la mise à jour de dossiers médicaux, les assistants devront se charger d’aide à l’accueil, à vérifier l’état des vaccinations, de la prise des constantes ou encore de l’aide aux examens complémentaires comme l’électrocardiogramme.

Un poste hybride, qui suscite interrogations et crispations, au sein même des parlementaires. Ainsi, la députée Sylvia Pinel, coprésidente du Mouvement Radical, a avancé qu’elle doutait que la création de postes d’assistants médicaux soit "la meilleure manière de revaloriser la médecine générale". Du côté des infirmières aussi, la mesure fait polémique. Syndicats et associations de la professions dénoncent dans Ouest France un "mépris du gouvernement" et estiment que la mesure revient à "servir sur un plateau aux médecins généralistes des 'secrétaires sanitarisées' payées par la collectivité".

En clair : la création de ces assistants médicaux ne va certainement pas résoudre à elle seule l’épineux problème des déserts médicaux, et encore moins aider à la coordination de toutes les professions médicales, pourtant indispensable pour avoir un système de santé performant, ni à une meilleure prise en charge des patients. D’après le texte voté par les députés, le déploiement des assistants médicaux est "susceptible de concerner plusieurs milliers de cabinets médicaux ou de structures de soins" comme les cabinets médicaux, les maisons et pôles de santé, ainsi que les centres de santé. AMis en pratique, ce sont surtout les cabinets de groupes qui sont visés. Pas sûr que le médecin installé seul dans une région en voie de désertification se sente aidé...

Autre amendement adopté : celui qui valide l’objectif de couvrir l’ensemble du territoire en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) "dans un délai de trois ans". Créés en 2016, les CPTS désignent les regroupements des professionnels de santé en ville qui s’organisent pour structurer l’offre de soins sur leur territoire.

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