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Baisse de la vaccination : un problème "franco-français"

Dans un entretien à France Info, l’immunologiste Jean-François Bach livre un constat peu réjouissant de l’état de la vaccination en France. Il y déplore le peu d’empressement des Français à se faire vacciner, y compris chez les professionnels de santé.

Baisse de la vaccination : un problème \ iStock / Foremniakowski

  • Publié 04.11.2018 à 18h07
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"Il faut informer les gens qu’à la fois ils perdent eux-mêmes une protection, mais surtout ils font courir un risque aux autres." Interrogé par France Info, le célèbre immunologiste Jean-François Bach, par ailleurs secrétaire perpétuel honoraire à l'Académie des sciences, dénonce le peu d’empressement dont font preuve les Français lorsqu’il s’agit de passer sous l’aiguille.

À commencer par les professionnels de santé eux-mêmes, qui sont seulement 26 % à se faire vacciner contre la grippe. "S'il y a des personnes qui devraient être informées du problème de santé publique que représente le retard à la vaccination, c'est bien eux", s’agace le scientifique. Mais le problème n’est pas propre aux blouses blanches : la population générale manifeste une forme de légèreté vis-à-vis de la vaccination.

Incertitude et négligence

"C'est dû à des facteurs un peu divers. Certains craignent les effets secondaires. Là, c'est un manque d'information : il y a des faits scientifiques absolument irréfutables au niveau international qui montrent qu'il n'y a pas d'effet secondaire des vaccins actuels", explique Jean-François Bach. "Et il y cette paresse, cette négligence : on ne va pas se faire vacciner parce qu'on n'a pas le temps."

L’aluminium présent dans les vaccins, si décrié par le mouvement antivax, pose un risque nul ou marginal. En 2016, l’Académie de pharmacie rappelait que la "dose de vaccin est négligeable au regard des apports alimentaires, cosmétiques ou professionnels". Le lien avancé entre les adjuvants aluminiques et d’éventuelles manifestations cliniques de la myofasciite à macrophages n’est pas établi par les études épidémiologiques, et considéré comme très peu plausible par la plupart des experts.

Le pays le plus méfiant au monde

Des arguments rationnels qui semblent peu à même de convaincre la population. "Malheureusement, une enquête internationale publiée il y a deux ans montrait que la France est le pays au monde où il y a la plus grande réticence pour le vaccin", relève Jean François Bach. En effet, 41 % de la population française indiquait ne pas être d’accord avec l’affirmation que les "les vaccins sont sûrs", contre 12 % en moyenne dans le reste du monde.

Les crises qui ont émaillé l’Hexagone ces vingt dernières années n’ont sans doute pas aidé à entretenir la confiance dans les institutions sanitaires, des scandales de santé publique (sang contaminé, vache folle, Mediator) aux campagnes de vaccination ratées (hépatite B en 94-97, H1N1 en 2009-10). Un manque de confiance qui finit par se traduire par une baisse de la couverture vaccinale. Avec à la clé, des décès évitables, comme chaque année avec la grippe ou encore l'épidémie de rougeole de l’hiver dernier.

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