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Coeur et artères

Automesure : mesurez votre tension artérielle à la maison

Hypertension artérielle « blouse blanche » ou « cachée » ? Entre les deux, nos artères balancent… Constat douloureux pour les médecins, mais avec l’automesure, l’élève dépasse le maître.

Automesure : mesurez votre tension artérielle à la maison BernardaSv / iStock

  • Publié 28.11.2018 à 17h30
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Le premier phénomène est parfaitement connu : par peur de la sanction, chez un malade sur trois, les deux chiffres de la tension artérielle ont tendance à s’envoler. Le tribut à payer à l’anxiété. C’est le fameux effet « blouse blanche », qui vaut à certains d’être mis sous traitement alors qu’ils n’en ont absolument pas besoin.

En revanche, une étude publiée par le Pr Christophe Tzourio, directeur d’une unité Inserm à Bordeaux, il y a quelques années, a inquiété le corps médical. Selon les résultats, certains malades ne sont hypertendus qu’en dehors du cabinet de leur médecin. Avec des conséquences beaucoup plus dramatiques : rassuré, le malade ne se traite pas ou arrête son traitement. 

Hypertension artérielle masquée

Il devient alors une véritable cible de la maladie hypertensive, responsable à terme de désastres comme l’infarctus, l’accident vasculaire cérébral pour ne parler que des plus connus. Si quelques chanceux découvrent des chiffres plus bas que chez leur médecin, l’étude de l’Inserm a révélé que l’hypertension artérielle masquée, c’est son nom, était, elle aussi, très fréquente : pour une raison inconnue, 40 % des participants qui avaient une pression normale au centre d’examen avaient une hypertension à domicile. Certes, il s’agissait de gens de plus de 73 ans, mais on sait aussi que les accidents graves sont plus fréquents passé cet âge.

Cette étude a été rendue possible par la généralisation de l’automesure, c’est-à-dire la capacité de pouvoir prendre sa tension à la maison. Les médecins ont longtemps été opposés à cette perte de pouvoir de l’examen le plus symbolique de leur consultation, évoquant les conséquences de la peur et de la surmédicalisation. Ce n’est plus le cas désormais : ils proposent presque systématiquement à leurs malades d’acheter un appareil qui n’est sujet à aucune émotion !

Les malades meilleurs médecins que les médecins eux-mêmes 

La mesure de la tension artérielle par soi-même, grâce à des appareils d’automesure, serait plus fiable que celle réalisée au cabinet du médecin. C’est cette conclusion pour le moins surprenante que la très sérieuse revue JAMA publie à la suite d’une étude menée par des cardiologues français. En un mot, les malades seraient-ils devenus de bons médecins ? 

Ce travail s'intéressait à de vrais hypertendus, c'est-à-dire avec une tension qui dépasse 14 pour la maxima et 9 pour la minima. On sait que l’hypertension artérielle expose en silence à des complications graves comme des attaques cérébrales, un infarctus, ou pire, un décès. Un tueur silencieux parce que pendant des années, l’hypertendu ne se sent pas malade, les seules manifestations étant les chiffres de tension.

Les 5 000 hypertendus de l’étude, eux, sont bien suivis médicalement. Au début de l’expérience, ils prennent leur tension tout seuls chez eux avec ces fameux appareils automatiques, 3 fois le matin et 3 fois le soir pendant 4 jours. Puis visite de contrôle chez le médecin.

1 personne sur 10 avec des chiffres anormaux

Et les résultats sont étonnants : chez une personne sur 10, l’automesure fait apparaître des chiffres anormaux de tension artérielle alors que ceux relevés par le médecin sont dans les limites de la normale. Ce dernier pense donc que sa mesure est la bonne et ne modifie pas le traitement de son patient. Le hic, c’est que l’étude montre que c’est ce dernier qui a raison et que, par la suite, ils sont alors autant exposés au risque de l’hypertension que des personnes non-traitées.

Cela confirme donc tout l’intérêt de ces appareils d'automesure. D’autant plus qu’à l’opposé, il existe une autre catégorie de patients, ceux qui ne sont hypertendus qu’en présence du médecin : c’est le fameux effet blouse blanche qui vaut à certains d’être mis sous traitement alors qu’ils n’en ont pas besoin. Près d’une personne qui s’avère hypertendue chez le médecin sur 3 serait dans ce cas. 

Un simple achat en pharmacie

De 20 à 80 euros, selon les modèles, mais la mesure au bras est beaucoup plus fiable que celle au poignet. Quant à celle au bout des doigts, elle est souvent fantaisiste. "Ces résultats soulignent l’importance de l’automesure pour mettre en place des mesures pour baisser la pression artérielle. L’automesure permet également de renforcer le dialogue entre malade et médecin et de mieux adapter le traitement", conclut le Professeur Christophe Tzourio. 

Deux chiffres pour caractériser la tension : le premier, le plus élevé, est la pression maximale lorsque le cœur se contracte et propulse le sang dans les artères ; le second, le plus bas, correspond quant à lui à la pression du sang minimale quand le cœur se relâche. Le médecin parle en millimètres de mercure, par exemple 130/80mmHg, mais le langage grand public retient plutôt 13/8 qui sont les chiffres de la normalité.

Les études ont prouvé que ramener la tension en dessous du chiffre magique de 14 diminue par deux le nombre d'accidents vasculaires cérébraux et d’accidents cardiaques, et qu’il existe indiscutablement un effet sur l'artérite et l'athérosclérose en général. Dans cette maladie, les chiffres ne sont pas très à l’honneur de nos médecins : car s’il y a 14 millions d’hypertendus dans notre pays, 4 millions l’ignorent. Surveiller soi-même sa tension artérielle présente aussi un autre avantage : cela favoriserait le bon suivi du traitement, car la maladie n’a pas beaucoup de symptômes et les oublis de médicament sont trop fréquents.

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