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Cancer du sein : faisons le point sur les implants mammaires texturés

Alors que l'ANSM attend l'avis d'un comité d'experts sur les implants mammaires texturés, accusés de donner le cancer, le spécialiste Rémy Salmon tient à rassurer les femmes atteintes d'un cancer du sein. 

Cancer du sein : faisons le point sur les implants mammaires texturés Anetlanda/iStock

  • Publié 19.01.2019 à 09h30
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"Les prothèses mammaires texturées donnent le cancer". Voilà ce qu’on entend partout depuis quelques mois. "Cela ne donne pas le cancer du sein", nous assure Rémy Salmon, chirurgien et cancérologue dans l’émission Fake News. "Cela donne une maladie qui est un lymphome, une maladie des lymphocytes", explique le cancérologue. A l’heure actuelle, 518 cas de femmes ayant développé un lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC) alors qu’elle portaient des des implants mammaires dits "texturés", dont la surface granuleuse a été conçue pour mieux adhérer aux tissus, ont été rapportés dans le monde. En France, 56 cas ont été recensés depuis 2011. Malgré tout, pour Rémy Salmon, au milieu de la psychose ambiante, il est important de relativiser.

Car d’après lui, la panique autour des prothèses mammaires dure depuis plus de trente ans. "Il y a trente ans c’était la silicone : on avait dit que ça donnait des maladies auto-immunes. C’est faux mais ça a obligé des femmes à avoir des prothèses en sérum, ce qui ne donnait pas de beaux résultats esthétiques. Ensuite il y a eu le scandale des prothèses PIP, une malversation qui a nécessité qu’on change toutes ces prothèses", rappelle le docteur Salmon, qui veut avant tout "rassurer les femmes".

"Il y a de multiples techniques pour reconstruire les seins (…) dont, le lippofilling, une technique qui a explosé depuis cinq ans : on prend la graisse de la femme et on réinjecte dans le sein (…) on arrive à reconstruire des seins entre bonnets B et C", explique-t-il. Et de s’enthousiasmer : "Les résultats sont excellents à la forme et au toucher". Mais l’idéal, selon le docteur Salmon, consiste entre une alliance entre prothèse et lippofilling. 

"Se faire régulièrement surveiller"

Ainsi, pour conclure, le spécialiste ne recommande pas aux patientes qui ont souffert d'un cancer du sein d’abandonner les prothèses mammaires texturées mais de se "faire régulièrement surveiller". "Quand un lymphome survient, un écoulement se fait au niveau de la prothèse, le sein devient rouge, chaud, douloureux et là on fait le diagnostic", explique-t-il.

Aujourd’hui en France, le cancer du sein est le plus diagnostiqué chez les femmes chaque année. Parmi celles qui en ont souffert, 500 000 portent actuellement des implants mammaires dans l’Hexagone. Par ailleurs, "les implants texturés, mis en cause dans la survenue de ce cancer rare (le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC), NDLR), représentent la majorité du marché français : 85 %, contre 15 % pour les implants à enveloppe lisse", d’après le Dr Maurice Mimoun, chef du service de chirurgie plastique de l’hôpital Saint-Louis à Paris, interrogé par Le Figaro.

Mi-décembre, les prothèses mammaires Microcell et Biocell de la société pharmaceutique Allergan ont perdu leur marquage CE (conformité européenne), dans le cadre de la procédure de renouvellement qui doit avoir lieu tous les cinq ans. A la suite de quoi, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a demandé à Allergan de rappeler ses implants mammaires texturés auprès de tous les établissements de santé en France.

L'ANSM tranchera dans quelques semaines 

Aussi, "dans l’attente de l’avis d’un comité d’experts sur l’utilisation notamment des implants mammaires à enveloppes texturées en chirurgie esthétique et reconstructrice", précisait l’ANSM sur son site, recommandant aux professionnels de santé d’utiliser si possible des implants mammaires à enveloppe lisse, non texturés.

Le comité, qui se réunira les 7 et 8 février prochains, doit interroger des patientes, des professionnels de santés et d‘autres acteurs concernés par l’affaire afin de "bénéficier d’un éclairage global sur l’utilisation des implants mammaires". A la suite de quoi, l’ANSM pourra prendre une décision définitive quant à l’utilisation d’implants mammaires texturés. Pour l'heure, l’Agence estime ne pas avoir "identifié de risque immédiat pour la santé des femmes porteuses des implants concernés". Rappelons toutefois que les femmes portant des implants doivent être suivies annuellement.

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