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QUESTION D'ACTU

Stéréotypes de genre

Inégalités de soins : les adultes prendraient moins au sérieux la douleur des petites filles

Les adultes penseraient souvent, à tort, que les petites filles souffrent moins que les petits garçons. Des stéréotypes de genre qui pourraient exacerber une offre de soins de santé inéquitable.

Inégalités de soins : les adultes prendraient moins au sérieux la douleur des petites filles SinanAyhan /istock

  • Publié 27.01.2019 à 13h45
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Une évaluation précise de la douleur est essentielle au diagnostic et au traitement en soins de santé, en particulier en pédiatrie, mais il semblerait que les enfants souffrent aussi de stéréotypes de genre. Des psychologues de l'Université de Yale (Etats-Unis) ont en effet découvert que les adultes américains avaient tendance à minimiser la douleur des petites filles, contrairement à celle des petits garçons. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Journal of Pediatric Psychology.

Les chercheurs ont demandé à un échantillon diversifié d'adultes de visionner la vidéo d'un enfant de 5 ans se faisant piquer le doigt par un médecin, sans voir distinctement son visage ou des signes qui pourraient indiquer son sexe. Les participants ont ensuite été invités à évaluer la douleur du petit. Alors que tous ont visionné la même vidéo montrant le même enfant présentant les mêmes réactions, le groupe qui le connaissait sous le nom de "Samuel" a déclaré qu'il souffrait plus que celui qui pensait qu'il s'agissait de la petite "Samantha".

"Ces stéréotypes de genre peuvent biaiser l’évaluation de la douleur des enfants"

"Nous avons constaté que le 'garçon' était considéré comme souffrant davantage que la 'fille', malgré des circonstances cliniques identiques et un comportement identique face à la douleur", notent les chercheurs qui attribuent cette réduction de la douleur pour les filles et son augmentation pour les garçons à des mythes non prouvés scientifiquement, tels que "les garçons sont plus stoïques" ou "les filles sont plus émotives".

"Ces stéréotypes de genre peuvent biaiser l’évaluation de la douleur des enfants. Si les phénomènes observés dans nos études se généralisaient à d'autres contextes, cela aurait un impact important sur le diagnostic et le traitement (...) car ils pourraient exacerber une offre de soins de santé inéquitable", ont conclu les auteurs. 

La douleur des femmes souvent considérée comme "psychosomatique"

En mai dernier, une journaliste du New York Times dénonçait le fait que les maux des femmes sont souvent considérés comme anecdotiques ou psychosomatiques (donc résultant d'une détresse émotionnelle) par la médecine moderne, majoritairement pratiquée par des hommes. Cette dernière a notamment illustré son propos en citant une étude qui démontrait que les médecins et les infirmières avaient tendance à prescrire moins d’antidouleurs aux femmes après une chirurgie et ce, même si ces dernières se plaignaient davantage de douleurs sévères que les hommes.

L’Université de Pennsylvanie a également révélé que les femmes attendaient en moyenne 16 minutes de plus que les hommes pour recevoir des analgésiques lorsqu’elles se rendaient aux urgences. Enfin, 83% d'un échantillon de 2400 femmes souffrant de douleurs chroniques et interrogées pour un sondageont déclaré avoir ressenti une discrimination liée à leur sexe de la part des personnels soignants.

"Je ne peux pas vous dire combien de femmes j'ai vues aller voir de nombreux médecins, seulement pour se faire dire que leurs problèmes étaient liés au stress ou dans leur tête", déclare au New York Times le Dr Fiona Gupta, neurologue et directrice de santé et bien-être dans le département de neurochirurgie de l'école de médecine Icahn au Mount Sinai, à New York. "Beaucoup de ces patientes ont ensuite été diagnostiquées avec des problèmes neurologiques graves, comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson. Elles savaient que quelque chose n'allait pas, mais elles avaient été écartées et avaient reçu l'ordre de ne pas faire confiance à leur propre intuition."

Ces disparités peuvent en effet retarder le diagnostic et limiter les chances de guérison ou de survie des patientes. Il est donc important de bien questionner son médecin, voire de demander un deuxième ou un troisième avis médical en cas de doute. 

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