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QUESTION D'ACTU

Première étude du genre

Addiction aux drogues : les femmes plus fragiles à cause de leurs hormones

En raison de leurs cycles hormonaux, les femmes ont tendance à devenir accro aux drogues plus rapidement que les hommes et à avoir plus de mal à s'en détacher. 

Addiction aux drogues : les femmes plus fragiles à cause de leurs hormones Marjan_Apostolovic/iStock

  • Publié 10.02.2019 à 11h20
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Mauvaise nouvelle pour les femmes. En raison de ses cycles hormonaux, la gente féminine tombe plus vite dans l’addiction aux drogues et à plus de mal à affronter le manque et à éviter les rechutes, révèle une étude parue dans le journal Neuropsychopharmacology. Il s’agit de la première recherche du genre.

Pour en arriver à ces conclusions, Erin Calipari, professeure assistante de pharmaceutique au Centre Vanderbilt de Recherches sur l’Addiction (Tennessee, USA) et son équipe ont travaillé avec des rats, femelles et mâles. Au cours de l’étude, les rongeurs prenaient de la cocaïne en actionnant un levier et une lumière s’allumait. Cette dernière était censée représenter les signaux environnementaux qui accompagnent la prise de drogues des humains (une aiguille, une cuillère…). Les chercheurs ont alors remarqué que quand leurs taux d’hormones étaient plus élevés, les femelles avaient tendance à continuer à pousser d’avantage le levier pour obtenir de la cocaïne. "Nous avons découvert que les animaux actionnaient le levier juste pour avoir de la lumière, comme un stimuli de l’environnement", explique Calipari dans son papier.  

Selon son étude, quand le taux d’hormones de fertilité est haut chez les femmes, elles apprennent plus vite, font de plus fortes associations avec leur environnement et ont d’avantage tendance à chercher des récompenses. "Des données épidémiologiques existent montrant que les femmes sont plus vulnérables mais les facteurs ne sont pas encore clairs. Nous savons qu’elles deviennent addictes plus rapidement et ont plus de problèmes avec le manque et la rechute. Maintenant, grâce à notre étude, nous commençons à identifier les causes environnementales et psychologiques", note Calipari. "Les femmes qui deviennent addictes aux drogues suivent un procédé fondamentalement différent de celui des hommes, il est important de comprendre cela parce que c’est la première étape pour développer des traitements qui pourraient vraiment marcher", développe-t-elle.

Les femmes ont des connexions mentales plus fortes avec les endroits et les objets

En effet, jusqu’ici, les études sur les addictions se sont surtout concentrées sur les hommes. En règle générale, les chercheurs évitent au maximum d’utiliser des animaux femelles dans les études médicales afin de ne pas avoir à prendre en compte l’influence de leurs cycles hormonaux. Par conséquent, les médicaments ont souvent été créés pour corriger les dysfonctionnements masculins, ce qui expliquerait pourquoi beaucoup de femmes ne répondent pas aux traitements existants de la même manière que les hommes, explique l’étude.

Ainsi, la prochaine étape serait de comprendre comment les changements hormonaux peuvent techniquement affecter le corps des femmes et, à terme, développer des médicaments qui pourraient en venir à bout. Mais avant d’en arriver là, les centres de traitement devraient pouvoir utiliser les informations obtenues par cette étude afin de sensibiliser les femmes à leur plus fortes connexions mentales aux endroits et objets. Par exemple, une femme a de plus grandes chances de retomber dans l’addiction en se rendant dans un endroit où elle se piquait, ou si elle tient le genre de cuillère qu’elle utilisait pendant la prise de drogue.

Historiquement parlant, on a toujours beaucoup moins abordé l’addiction chez les femmes que chez les hommes. Les femmes toxicomanes sont-elles bien moins nombreuses ou plus discrètes que leurs homologues masculins ? Difficile à dire. En France, en 2012, les femmes ne représentaient que 20% des usagers fréquentant les centres de soins en addictologie selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Globalement, les usagères sont plus jeunes que les usagers, bien que l’on note de forts écarts d’âge selon les profils de consommations, remarque l’OFDT. Ainsi les femmes qui viennent consulter pour le cannabis sont plutôt plus jeunes (26,9 ans) que les utilisatrices de drogues plus dures (34,3 ans).

Enfin, les femmes accueillies en centres de soin ont des profils toxicologiques très lourds et consomment souvent différents types de drogues en même temps. Parmi elles, quatre sur dix ont déjà tenté de se suicider et elles sont relativement nombreuses à avoir été incarcérées au moins une fois.

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