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Découverte

Cancer du pancréas : un nouveau gène identifié dans la formation de la tumeur

Des chercheurs américains auraient réussi à identifier un nouveau gène responsable de la formation du cancer du pancréas, l'un des plus meurtriers au monde. 

Cancer du pancréas : un nouveau gène identifié dans la formation de la tumeur Tharakorn/iStock

  • Publié 05.05.2019 à 09h45
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Avec 330 300 décès chaque année dans le monde et un taux de survie ne dépassant pas les 20%, le cancer du pancréas est aujourd’hui le cancer au pronostic le plus sombre. Il est bien souvent diagnostiqué trop tard et a tendance à résister aux différents traitements actuellement proposés. Mais si on sait depuis longtemps que l’oncogène KRAS est la principale cause de ce cancer, des chercheurs auraient aujourd’hui découvert un autre gène crucial dans la formation de la maladie, du nom d’"ataxie-télangiectasie complément groupe D" ou ATDC. Leur étude sera publiée le 1er juin dans le journal Genes & Development.

Pour leurs recherches, le Docteur Diane Simeone, directrice du Centre sur le Cancer du Pancréas au Centre du Cancer Langone Perlmutter à New York (Etats-Unis), et ses collègues se sont basés sur la théorie selon laquelle les tumeurs résulteraient de cellules adultes régressant à un stade plus primitif comme celui des cellules de développement fœtal à forte croissance. Dans le cas du cancer du pancréas, les cellules adultes régresseraient pour réparer les blessures de la pancréatite (inflammation du pancréas) et fournir au corps des nouvelles cellules pour remplacer les perdues. Mais si chez un organisme sain, ce processus commencerait rapidement et s’arrêterait aussitôt les blessures réparées, chez une personne plus fragile, il irait trop loin, provoquant ainsi un cancer.

Au cours de leur étude, les chercheurs ont travaillé sur des souris artificiellement atteintes de pancréatite. Ils se sont alors concentrés sur des cellules pancréatiques appelées cellules acineuses. Ces dernières sécrètent des enzymes digestifs pouvant abîmer des tissus du petit intestin. Pour réparer les dégâts de l’inflammation, elles pourraient rapidement revenir au stade de développement fœtal à forte croissance et passer à un second stade appelé "néoplasie intraépithéliale pancréatique" dans lequel elles se multiplieraient bien plus plus qu’elles ne le devraient. 

Une augmentation du gène ATDC

Quelques jours après que la pancréatite a abîmé les tissus, les chercheurs auraient découvert une augmentation du gène ATDC, en plus de la présence du fameux oncogène KRAS. Les chercheurs ont alors décidé de laisser ce gène chez quelques souris et de le retirer chez d'autres. Résultat : les rongeurs débarrassés du gène ATDC ont été épargnés tandis que les autres ont développé un cancer du pancréas agressif, assure l'étude. 

Une découverte qui étonne les scientifiques eux-mêmes. "Nous pensions qu’effacer le gène ATCD ralentirait le cancer au lieu de l’empêcher complètement", s’exclame Diane Simeone. "Nous avons découvert qu’effacer le gène ATCD dans les cellules du pancréas engendrait l'un des plus importants blocages de formation de tumeurs jamais observés chez une souris programmée pour développer un d’adénocarcinome du pancréas (…) qui reproduit la maladie humaine à l’identique", poursuit-elle.

Une maladie qui touche d’avantage les hommes

D’autres recherches auraient également permis aux chercheurs de révéler encore plus en détail le mécanisme en chaîne par lequel l’ATCD finit par aboutir à un cancer. Les scientifiques auraient également identifié une autre protéine de signalisation et un gène également impliqués dans la formation de la tumeur. A terme, ces découvertes pourraient peut-être conduire à de nouveaux traitements et stratégies contre le cancer du pancréas.

Le pancréas est un organe du système digestif enfoui dans l’abdomen et situé derrière l’estomac. Il aide à la digestion et à la régulation du taux de glucose dans le sang. En France, en 2011, on estimait à environ 9 000 le nombre de nouveaux cas de cancers du pancréas, d'après l’Institut National du Cancer (INCA). La maladie est le plus souvent diagnostiquée à plus de 50 ans et semble toucher d’avantage les hommes. Ainsi, selon La Revue Médicale Suisse, "les facteurs de risque non modifiables sont l’anamnèse familiale de cancer du pancréas et de pancréatite chronique, l’âge, le sexe masculin, les groupes sanguins non O" .

Il y a quelques mois, d’autres chercheurs américains ont également fait une découverte prometteuse concernant ce cancer si meurtrier. Ils auraient ainsi réussi à mettre au point une stratégie impliquant un anticorps anti-CD40, un inhibiteur de point de contrôle et une chimiothérapie aux normes de soins supportée par des patients pendant plus d’un an. "Bien que seuls le temps et d'autres recherches nous le diront, nos données sont un motif d'optimisme", concluait l’étude.

 

 

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