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Tuberculose : bientôt un test sanguin pour diagnostiquer les personnes à risque?

Des chercheurs anglais ont mis au point un test sanguin capable d'identifier la tuberculose même chez les patients qui n'avaient pas encore contracté la forme active de la maladie. 

Tuberculose : bientôt un test sanguin pour diagnostiquer les personnes à risque? Lakeview_Images/iStock

  • Publié 10.07.2019 à 14h32
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La tuberculose est maladie infectieuse bactérienne qui touche principalement les poumons. En 2016, 1,7 million de personnes en sont mortes, ce qui en fait la maladie infectieuse la plus mortelle au monde. Car bien qu’il existe un vaccin pour s’en prévenir et qu’elle soit traitable avec des antibiotiques, les populations les plus atteintes sont aussi les plus défavorisées et donc celles qui ont le moins accès aux soins.

Un quart de la population mondiale est porteuse de la tuberculose

En tout, environ un quart de la population mondiale est porteuse de la maladie. Le plus souvent, cela n’a aucun impact sur la santé. Mais dans 5 à 10% des cas, la tuberculose se réveille. Toutefois, une nouvelle étude parue dans le journal médical Clinical Infectious Disease pourrait largement faciliter les diagnostics. Des chercheurs britanniques ont réussi à mettre au point un potentiel nouveau test sanguin capable d’identifier la tuberculose chez les malades et même chez les patients à risque.

Au cours de leur étude, des chercheurs de Leicester et de Nottingham ont suivi 66 personnes qu’ils ont séparées en quatre groupes. Le premier était atteint de tuberculose pulmonaire active, le deuxième souffrait d’une forme latente de la maladie, le troisième était suspecté de l’avoir et le dernier était constitué d’individus sains.

Afin d’identifier la présence de la bactérie à l’origine de la tuberculose, ils ont soumis les participants à leur test sanguin Actiphage deux fois, à un an d’écart. Résultat : Actiphage a réussi à identifier 73% des patients qui avaient déjà été diagnostiqués. Aucun participant du groupe de contrôle sain n’a été testé positif et aucun patient présentant une tuberculose latente testé négatif n’a ensuite développé une forme active de la maladie. En revanche, deux des trois participants souffrant d’une infection latente testés positifs ont développé la maladie plus de six mois plus tard. Ainsi, Actiphage pourrait permettre d’identifier les personnes à risque, se félicitent les chercheurs.

Un bactériophage spécifique pour identifier la Mycobacterium tuberculoses 

"Les symptômes les plus communs de la tuberculose affectent les poumons et à partir de là, la maladie peut se transmettre aux autres en toussant et en éternuant. Alors que l’on manque d’outils pour diagnostiquer les gens incapables d'effectuer des expectorations (l'expulsion par la bouche, au cours d'effort de toux, de produits pathologiques provenant des voies broncho-pulmonaires et aériennes supérieures, NLDR), comme les enfants par exemple, le diagnostic est retardé, ce qui favorise la propagation de la maladie", explique le Dr Pranabashis Haldar, auteur principal de l’étude. Rappelons toutefois que seules les formes pulmonaires de la tuberculose peuvent être contagieuses.

Par ailleurs, la détection de Mycobacterium tuberculoses (MBT), la bactérie à l’origine de la maladie est limitée car croît très lentement, ce qui rend les méthodes de culture traditionnelles inefficaces. Toutefois, Actiphage utilise un bactériophage spécifique capable de libérer efficacement l’ADN de la bactérie et de l’identifier en six heures à peine.  

"Les données de notre étude sur des humains prouvent qu’après l’infection, MBT circule dans le sang à des niveaux qui étaient auparavant indétectables et que le système immunitaire pourrait échouer à contenir efficacement la bactérie dans les poumons", explique le Dr Catherine Reese, co-auteur de l’étude.

Depuis 2007, le vaccin n'est plus obligatoire en France

Ainsi,"nos observations donnent une meilleure compréhension de comment la tuberculose humaine se développe", se félicitent les chercheurs qui espèrent pouvoir un jour commercialiser leur test. Si des études à plus grande échelle doivent encore avoir lieu, "ce nouveau test offre le potentiel de cibler ceux à risque et de les traiter le plus tôt possible". "C’est très excitant", concluent les chercheurs.  

En France, les autorités sanitaires recommandent vivement la vaccination contre la tuberculose surtout chez les nourrissons, particulièrement exposés au bacille. Cela n’est toutefois plus obligatoire depuis 2007. Et aujourd’hui, si l’incidence de la maladie est faible dans l’Hexagone, elle n’a pas totalement disparu. En 2015, on comptait encore 4 741 nouveaux cas déclarés.

 

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