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QUESTION D'ACTU

Hyalomma marginatum

Des « tiques géantes » repérées en France

Deux fois plus grandes que leurs congénères européens, ces tiques originaires d’Afrique du Nord et d’Asie sont capables de poursuivre leurs proies et peuvent véhiculer la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.

Des « tiques géantes » repérées en France Andrei310/iStock

  • Publié 07.08.2019 à 18h48
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Hyalomma marginatum. Derrière ce nom un peu barbare, se cache une espèce de tiques à donner des cauchemars, d’autant plus qu’elle vient d’être repérée en Europe.

Ses particularités ? Deux fois plus grosses que les Ixodes ricinus, les tiques européennes, ces spécimens originaires d’Afrique du Nord, du Sud de l’Europe et d’Asie sont reconnaissables grâce à leurs pattes rayées et à leur taille : elles peuvent atteindre jusqu’à 2 centimètres. Mais ce qui risque de vous donner des sueurs froides, c’est leur comportement. Contrairement aux tiques autochtones, les Hyalomma marginatum n’attendent pas patiemment de mordre leurs proies : elles sont au contraire capables de les poursuivre sur près de 100 mètres pour pouvoir s’abreuver de leur sang.

Une cinquantaine de spécimens repérés en Europe

Repérées localement en Europe du Nord depuis 2012, ces tiques géantes se font de plus en plus présentes dans nos contrées tempérées en raison du réchauffement climatique. Le dernier signalement remonte au 13 juillet dernier dans le village d’Odoorn, au nord des Pays-Bas, où la présence de la tique Hyalomma marginatum a été constatée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM). La semaine précédente, un autre spécimen avait été localisé à 150 kilomètres de distance, dans la région d’Achterhoek.

"Plusieurs enregistrements ponctuels ont été signalés […] en Finlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni mais ils ne représentent pas de population établie", indique ainsi le CEPCM sur son site.

Et la France n’est pas épargnée. En 2017, plusieurs spécimens ont ainsi été découverts dans tous les départements méditerranéens, sauf les Alpes-Maritimes.

Mais comment ces tiques, avec leur taille relativement restreinte, font-elles pour se déplacer sur de si longues distances. Comme l’explique au Parisien Muriel Taussat, chef du département Santé animale de l'Institut national de la recherche agronomique, "les tiques voyagent notamment d'un pays à l'autre en infectant des oiseaux migrateurs. Il arrive donc que l'on détecte des tiques dans des zones éloignées de leurs régions habituelles, sans qu'elles y trouvent forcément les conditions pour se développer sur plusieurs cycles de vie."

Un risque de fièvre hémorragique

Mais si ces tiques inquiètent autant, ce n’est pas seulement en raison de leur taille ou de leur mode de prédation. C’est aussi parce qu’elles peuvent être porteuses du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC), qui provoque des flambées de fièvre hémorragique virale sévère et pour laquelle il n’existe pour l’heure aucun vaccin. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le taux de mortalité est estimé de 10 à 40%.

Inutile cependant s’inquiéter outre mesure : pour l’heure, le virus n’a été détecté sur aucun des spécimens de tiques géantes trouvés en Europe du Nord. "Pour qu'une tique soit contaminée, il faut qu'elle se soit nourrie du sang d'un animal ou d'un humain lui-même malade, explique Muriel Taussat. Et il faudrait ensuite qu'elle soit transportée jusqu'en France par un oiseau migrateur… On ne peut bien sûr pas exclure totalement ce risque. Mais il n'y a pas de quoi être alarmiste pour le moment."

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