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Un tiers de risques en moins

Maladies cardiovasculaires : l'efficacité d'une multi-pilule prouvée sur le long terme

Une multi-pilule du nom de polypill, qui combine de l’aspirine avec plusieurs remèdes contre l’hypertension et le cholestérol, pourrait réduire d’un tiers le risque d’accidents cardiovasculaires chez les seniors en cinq ans.

Maladies cardiovasculaires : l'efficacité d'une multi-pilule prouvée sur le long terme Diy13/iStock

  • Publié 23.08.2019 à 15h30
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Les maladies cardiovasculaires (ensemble de trouble affectant le cœur et les vaisseaux sanguins) sont la première cause de mortalité dans le monde. En 2012, elles ont engendré 17,5 millions de décès, le plus souvent par crise cardiaque ou AVC, selon l’OMS. Toutefois, un médicament journalier du nom de polypill, qui combine de l’aspirine avec plusieurs remèdes contre l’hypertension et le cholestérol, pourrait bien changer la donne. D’après une étude à paraître samedi 24 août dans la revue médicale The Lancet, cette super pilule, mise au point depuis plusieurs années déjà, pourrait réduire d’un tiers le risque d’accidents cardiovasculaires en cinq ans chez les seniors.

A l’heure actuelle, les patients se voient généralement prescrire un ou plusieurs médicaments pour diminuer leur pression artérielle ainsi qu’une statine, qui contrôle les lipides tels que les acides gras. Il arrive également qu’on leur recommande de l’aspirine, pour ses propriétés anticoagulantes. Toutefois, plus les gens doivent prendre de comprimés, moins ils suivent leur traitement correctement sur le long terme. Des recherches ont d’ailleurs montré qu’environ un tiers des patients cessaient de prendre leurs médicaments à partir de 90 jours après une crise cardiaque.

Cela fait une vingtaine d’années que la polypill a été mise au point, avec quelques variations dans son contenu. Mais malgré son potentiel évident, elle n’avait pas encore été testée sur un grand nombre de personnes dans la durée. Pour leur étude, les chercheurs de l’Université de Sciences médicale de Téhéran (Iran) et une équipe internationale ont suivi 7 000 participants âgés de 50 à 75 ans vivant le Golestan rural, une province iranienne. La plupart d’entre (90%) sans antécédents de maladies cardiovasculaires. Les scientifiques les ont séparés en deux groupes de taille égale : le premier a reçu la polypill une fois par jour de 2011 à 2013 ainsi que des conseils d’hygiène de vie et le second des conseils seulement.  

Une pilule regroupant un cocktail de médicament facilite le respect du traitement

Ils ont ainsi pu constater que, par rapport aux autres, ceux qui avaient pris la polypill voyaient leur risques d’AVC diminuer de 34% sur cinq ans dans l’ensemble. Dans le détail, ce risque diminuait de 40% pour ceux sans antécédents de maladies cardiovasculaires et de 20% pour les autres.  Après ajustement pour tenir compte des personnes prenant d’autres médicaments cardiovasculaires, l’effet protecteur global de la pilule est tombé à 22% mais est resté statistiquement significatif selon The Lancet. Enfin, tout au long de l’étude, les participants ont plutôt bien respecté le traitement : environ 63% d’entre eux ont pris le médicament comme recommandé par les chercheurs. Ainsi, il semblerait bien qu’une pilule regroupant un cocktail de médicament facilite le quotidien des patients.

Dans le détail, la polypill testée ici contenait de faibles doses de deux médicaments contre l’hypertension (un diurétique, l’hydrochlorothiazide 12,5 mg et l’énalapril 5 mg), une dose modérée (20 mg) d’un anti-cholestérol, l’atorvastatine, et 81 mg d’aspirine, précisent les scientifiques.

"Nous savons maintenant qu'une polypill à dose fixe peut apporter des avantages cliniques dans la pratique", déclare donc Reza Malekzadeh qui a mené l’étude dans un communiqué. Et de préciser : "Mais le polypill n'est pas une alternative à un mode de vie sain et devrait être combiné avec l'activité physique, une alimentation saine et l'abandon du tabac". 

Une aide potentielle pour les populations les plus vulnérables

"Plus des trois quarts des 18 millions de personnes qui meurent de maladies cardiovasculaires chaque année vivent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires", rappelle quant à lui le Dr Nizal Sarrafzadegan, co-auteur de l’étude. La stratégie d’une multi-pilule de bas prix, "si elle était adoptée à grande échelle, pourrait jouer un rôle clé dans la réalisation de l’objectif ambitieux des Nations Unies : réduire la mortalité prématurée due aux maladies cardiovasculaires d’au moins un tiers d’ici 2030", ajoute-t-il. 

"Auparavant, on se demandait si une polypill serait efficace chez ceux qui n'avaient pas déjà souffert d'une maladie cardiovasculaire, mais cette étude montre que, dans les populations à haut risque comme en Iran, cette approche est efficace pour prévenir la première maladie cardiovasculaire et les suivantes", conclut le professeur Neil Thomas, de l'Université de Birmingham, également impliqué dans l’étude.

Celle-ci ne permet toutefois pas de généraliser ces résultats à d’autres populations. Dorénavant, "les futures études devraient comparer la polypill aux médicaments pris séparément, avec des résultats à long terme", et également évaluer ses effets "dans la population générale de différents pays", commente le Dr Amitava Banerjee du University College London, qui n’a pas participé à l’étude.

 

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