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Télémédecine

Téléconsultation : un an après le remboursement, elle peine à démarrer

Premier anniversaire du remboursement par la Sécurité sociale depuis le 15 septembre 2018 de la téléconsultation et premier bilan : seuls 60 000 consultations ont été réalisées en un an, bien en-deça des chiffres attendus.

Téléconsultation : un an après le remboursement, elle peine à démarrer Simpson33/iStock

  • Publié 16.09.2019 à 17h30
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Synonyme de gain de temps, d'un accès aux soins facilité et présentée comme l'une des solutions face aux déserts médicaux, la télémédecine entre en 2018 dans le droit commun des pratiques médicales. L'idée est séduisante : une consultation réalisée à distance via un écran ou une station de téléconsultation, dans le cadre d'un examen clinique plus avancé – permettant notamment au patient d'être ausculté avec un stéthoscope connecté, de réaliser un électrocardiogramme, ou encore de se faire examiner les oreilles et la gorge.

Après la décision de remboursement par la Sécurité sociale le 15 septembre 2018 – avec les mêmes modalités que pour une consultation classique – le gouvernement prévoyait 500 000 téléconsultations sur l'année 2019. Or, l'Assurance maladie estime dans son dossier de presse du 12 septembre leur nombre à plus de 60 000 depuis un an. Un chiffre qu'il faut multiplier par plus de 5 800 pour obtenir le nombre de consultations physiques réalisées chaque année chez les médecins libéraux, qui s'élève à 350 millions.

Les téléconsultations en hausse chaque mois

Derrière ces données peu encourageantes, le document fait état d'une hausse du nombre de téléconsultations chaque mois depuis le début de l'année. 2 000 examens ont ainsi été comptabilisés en janvier dernier, contre plus de 4 000 en mars, 8 000 en juin et près de 12 000 en août. Pour ce mois de septembre, environ 3 300 téléconsultations sont recensées par semaine.

"Nous savions qu’un temps serait nécessaire à l’appropriation de ce mode d’intervention novateur, commente Nicolas Revel, directeur général de l’Union nationale des caisses d’Assurance maladie. Au regard de la dynamique enclenchée, je suis aujourd’hui confiant : la montée en charge est nette et va aller en s’accélérant, en s’appuyant notamment sur les autres professions engagées dans la démarche comme les infirmiers ou les pharmaciens". Car, si seuls les médecins généralistes et les spécialistes pratiquent actuellement la téléconsultation, les infirmiers libéraux et les pharmaciens pourront prochainement accompagner et aider les patients à en réaliser.

Les populations jeunes et citadines en tête

Pour l'heure, ce sont les populations citadines qui se sont emparées de la télémédecine : la région Île-de-France compte à elle seule 44% de l'ensemble des consultations. "À Paris ou dans les grandes villes, ce n'est pas si facile d'obtenir un rendez-vous, ni de trouver du temps pour les petites pathologies de la vie courante", avançait déjà la Dr Agnès Gepner, directrice médicale de la société MesDocteurs, en juin dernier, sur le plateau de Fréquence Médicale.

Derrière la problématique encore non résolue des déserts médicaux peut se poser celle du frein que présente le changement de nature de la relation avec le médecin de famille. Une idée qui pourrait peut-être effrayer les seniors, puisque seules 12% des consultations concernent des patients de 70 ans et plus. "Cette notion est un petit peu, de temps en temps, frappée d'obsolescence : le médecin qui soignait la grand-mère, le fils, et le petit-fils, il en reste encore mais.... Les médecins que nous avons interrogés nous disent que c'était très sympa mais que c'est terminé, assure la Dr Agnès Gepner. Cette relation a été construite en amont de la téléconsultation".

"Compter sur le déploiement des organisations territoriales de proximité"

Bien qu'elle reconnaisse que "la cible n'est pas parfaitement atteinte", la médecin se montre optimiste quant à la démocratisation des téléconsultations. "Si j'ai un diabète et que je dois me rendre chez mon médecin juste pour vérifier l'hémoglobine glycosylée, on comprend bien que prendre la voiture, se garer, payer le parcmètre, avoir une prune… Tout ça pour qu'il regarde l'hémoglobine glycosylée…, énumère la Dr Agnès Gepner. Il y a des raccourcis à prendre".

Dans son dossier de presse, l'Assurance maladie mise pour sa part sur les acteurs externes. "Il faut aussi compter sur le déploiement des organisations territoriales de proximité (maisons et centres de santé, équipes de soins primaires et communautés professionnelles territoriales de santé) qui peuvent proposer le recours à des actes de téléconsultations pour certains patients rencontrant des difficultés d’accès aux soins (sans médecin traitant ou dont le médecin traitant n’est pas disponible dans un délai compatible avec leur état de santé)", peut-on ainsi lire dans le document.

 

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