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Ténia : on a identifié les cellules souches lui permettant de se régénérer

Des chercheurs ont identifié les cellules souches permettant au ver solitaire de se régénérer. Ils ont également compris que l’emplacement des vers à proximité de la tête de leur hôte les aidait à survivre. A terme, cela pourrait conduire à de nouveaux traitements. 

Ténia : on a identifié les cellules souches lui permettant de se régénérer selvanegra/iStock

  • Publié 26.09.2019 à 18h30
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Les ténias ou vers plats, plus connus sous le nom de vers solitaires, sont réputés pour la taille énorme qu’ils peuvent atteindre et leur capacité à faire pousser des milliers de segments du nom de proglottis. Au cours d’un cycle de vie normal, ils perdent de grandes parties de leur corps avant de se régénérer pour maintenir une certaine longueur. Cependant, les scientifiques n’ont jamais vraiment compris pourquoi.  

D’après une nouvelle étude parue mardi 24 septembre dans la revue eLife, des chercheurs américains ont toutefois réussi à identifier les cellules souches leur permettant de se régénérer. Ils ont également compris que l’emplacement des vers à proximité de la tête de leur hôte les aidait à survivre. A terme, ces découvertes pourraient expliquer comment les vers solitaires se développent chez les humains et les animaux et pourraient conduire à de nouveaux traitements plus efficaces.   

"Nous savons que la régénération du ténia est susceptible d'impliquer des cellules souches, mais jusqu'à présent, leur potentiel de régénération n'a jamais été étudié en profondeur", amorce Tania Rozario, de l’Institut de Recherches Morgridge de l'Université du Wisconsin-Madison (États-Unis), qui a mené l’étude. Dans cette dernière, "nous avons exploré quelles parties du ver solitaire sont capables de se régénérer et comment cette régénération est stimulée par les cellules souches", explique-t-elle.

Couper la tête du cou empêche la régénération de nouveaux segments  

Pour répondre à ces questions, Rozario et ses collègues ont extrait certains fragments de vers qu’ils ont ensuite élevés en laboratoire pour déterminer quelles régions du corps peuvent se régénérer. Ils ont ainsi découvert que le ni la tête ni le corps postérieur ne pouvaient se régénérer seuls. Ils ont par ailleurs eu la surprise de constater que couper la tête du cou n’empêchait pas le ténia de continuer à croître. En revanche, la régénération de nouveaux segments était inhibée. Ce n’est que quand la tête et le cou du ténia étaient laissés intacts que ce dernier pouvait se régénérer continuellement en segment.

Les chercheurs ont ensuite voulu voir si le cou contenait des cellules souches spéciales permettant aux ténias de se régénérer. Ils ont donc marqué des cellules se multipliant rapidement dans les vers et ont ensuite étudié leur emplacement dans le corps. Ils ont ainsi découvert que ces cellules existaient dans tout le corps et pas seulement le cou.

Les chercheurs en donc déduit que les cellules souches se trouvent dans l’ensemble du ver solitaire mais que les signaux ne fonctionnant que dans le cou sont nécessaires pour les activer. Ils ont donc eu l’idée de transférer des cellules donneuses provenant de diverses parties de vers sains à des vers plats irradiés, et donc malades. Résultat : ces cellules ont sauvé les bêtes, leur permettant de se régénérer. En revanche, quand les cellules souches ont été retirées des donneuses, le "sauvetage" n’a pas eu lieu. 

"L’emplacement importe énormément"

"Il semble que dans le cas des ténias, l'emplacement importe énormément (…) Les environnements de la tête et du cou fournissent des indices qui contrôlent la capacité des cellules souches à régénérer des segments, même si les cellules souches impliquées dans ce processus ne sont pas confinées à l'une de ces régions du corps", conclut Phillip Newmark, auteur principal de l’étude.

Quand un humain attrape un ténia dans son intestin grêle après avoir mangé de la viande mal cuite ou du poisson cru, les premiers mois après l’infestation, le ver en pleine croissance peut entraîner des troubles digestifs et de l’appétit. Dans le cas où la personne a consommé du porc, il arrive que la forme larvaire du ténia entraîne une cysticercose. Les larves peuvent alors se loger dans les muscles, entraînant parfois une myopathie quand les kystes sont très nombreux, ou dans les tissus-sous cutanés, conduisant à la formation de nodules douloureux.

Mais c’est quand les larves se localisent dans l’œil ou le système nerveux central que des complications graves peuvent survenir. La cysticercose cérébrale, ou neurocysticercose, se traduit par des crises d’épilepsie parois associées à des migraines, des nausées et des vomissements. Les personnes les plus gravement touchées peuvent même développer une encéphalite. D’autres signes neurologiques sont également possibles comme une méningite ou une hydrocéphalie (accumulation de liquide céphalorachidien dans les espaces du cerveau). Concernant la cysticercose oculaire, les lésions concernent principalement le vitré et la rétine. Non traitée, elle peut évoluer vers la cécité.

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