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QUESTION D'ACTU

Impulsivité et prise de risque

Addiction au jeu : des prédispositions partagées entre frères et sœurs biologiques

Des recherches récentes sur les frères et sœurs biologiques atteints « d’addiction au jeu », montrent que ces joueurs ont des prédispositions génétiques.

Addiction au jeu : des prédispositions partagées entre frères et sœurs biologiques Serjey Nazarov/iStock

  • Publié 14.10.2019 à 15h00
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Une récente étude publiée jeudi dans la revue scientifique Neuropsycho-pharmacology a montré que des frères et sœurs biologiques qui luttent pour contrôler leur addiction au jeu présentent des marqueurs similaires d'impulsivité et de prise de risque, ce qui laisse entendre que les sujets partagent des vulnérabilités génétiques préexistantes face au jeu.

Des niveaux élevés de prises de risques entre frères et sœurs

L'étude, menée par des chercheurs de l’University of British Columbia (UBC), a porté sur 20 joueurs compulsifs, 16 joueurs compulsifs qui sont des frères et sœurs biologiques et un groupe témoin sans addiction au jeu. Les sujets ont rempli des questionnaires, ont subi des tests cognitifs et leurs cerveaux a été mis sous surveillance par une machine (IRM) tout en jouant simultanément aux machines à sous.

Les joueurs ayant une addiction au jeu et le groupe de frères et sœurs ont tous deux signalé des niveaux plus élevés de prise de risque et d'impulsivité que le groupe témoin, y compris une probabilité accrue d'agir impulsivement tout en éprouvant des émotions négatives. Les deux groupes étaient également plus susceptibles de faire des paris plus importants lorsqu'ils faisaient des choix risqués.

Cependant, le cerveau des frères et sœurs a montré un manque similaire de réponse lorsqu’ils gagnaient comme l'ont fait les membres du groupe témoin car le jeu modifie le système de récompense du cerveau. Les chercheurs ont suggéré que cela pouvait indiquer que le développement du cerveau des joueurs ayant une addiction au jeu avait dans une certaine mesure été influencé par leurs expériences.

Une vulnérabilité préexistante

Les chercheurs ont déclaré que les résultats montrent que les individus peuvent avoir une vulnérabilité préexistante face au jeu. "La petite taille des groupes de l'étude rend difficile l'extrapolation à des conclusions définitives, mais d'autres scientifiques continueront d'étudier ces résultats", explique la co-auteure de l’étude Dr. Henrietta Bowden-Jones, directrice, de la clinique nationale du jeu pathologique aux Royaume-Uni.

Cependant, une étude de 2014 de l'Université de l'Iowa a révélé que les parents (premier degré) des joueurs pathologiques étaient huit fois plus susceptibles de développer des problèmes de jeu que les personnes qui ne partageaient pas l'ADN d'un joueur à problème. D'autres études ont montré des différences marquées dans l'activité cérébrale, y compris la difficulté d'anticiper les récompenses et d'évaluer les risques entre les joueurs à problèmes et les personnes qui ne souffrent pas de tels troubles.

Cette étude est la première à étudier les vulnérabilités face à la dépendance au jeu en examinant les frères et sœurs. Ce trouble, qui est associé à de graves conséquences, notamment la dépression, la faillite et la rupture familiale, touche jusqu'à 3% de la population canadienne. Les chercheurs notent que les frères et sœurs des joueurs compulsifs étaient particulièrement difficiles à recruter pour cette étude car les relations familiales sont souvent tendues en raison de problèmes de jeu.

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