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Chimiothérapie ou pas ?

Cancer du sein : comment les signatures moléculaires aident au choix du traitement

Les signatures moléculaires apportent des informations plus précises sur le pronostic et l'efficacité des traitements dans le cancer du sein. Elles permettent notamment d'éviter le recours souvent inutile à la chimiothérapie. Les explications du Professeur Gilles Freyer.

Cancer du sein : comment les signatures moléculaires aident au choix du traitement Mohammed Haneefa Nizamudeen/iStock

  • Publié 20.10.2019 à 14h30
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Dans le traitement du cancer du sein, la chimiothérapie n'apporte pas toujours de résultats significatifs. D'où, l'importance de pouvoir évaluer la pertinence du recours à ces traitements, parfois inutilement utilisés dans cette maladie alors que leurs effets secondaires  toxiques sont connus. Pour cela, les médecins ont besoin de connaître deux éléments, pronostiques sur l'évolution de la maladie, soit prédictifs sur l'utilité de tel ou tel traitement.

Aujourd'hui, cette évaluation est  aidée par les signatures moléculaires -ou génomiques-  qui, en identifiant les gènes qui s'expriment dans la tumeur d'une patiente, permettent de dire si oui ou non il est opportun de lui prescrire une chimiothérapie. Cette analyse des gènes de la tumeur permet en effet de montrer qu'il y a ou non une bonne réponse à ce traitement.

"Savoir quelles sont les patientes qui ont besoin de chimiothérapie"

"L'enjeu est de savoir quelles sont les patientes qui ont besoin de chimiothérapie parce qu'elles sont de plus mauvais pronostic mais qui en ont surtout besoin parce que cette chimiothérapie va être efficace chez elles", explique Gilles Freyer, chef du service oncologie aux Hospices Civils de Lyon.

Jusque-là, le choix se faisait à partir d'études statistiques qui donnaient, en fonction de caractéristiques cliniques, une prédiction du risque de décès à 5, 10 ou 15 ans et indiquaient le bénéfice d'un traitement par chimiothérapie ou hormonothérapie. "C'est une bonne approche de la question pronostique et prédictive, mais c'est une approche pour une population : pour une patiente donnée, on ne connait pas le pronostic précis ni l'efficacité de la chimiothérapie dans son cas particulier", souligne Gilles Frayer.

"Une individualisation de l'évaluation du risque"

"Les signatures moléculaires mettent en place une approche génomique qui permet une individualisation de l'évaluation du risque par rapport à une patiente et à la nature de sa tumeur", poursuit le cancérologue qui précise les avantages et les limites des différentes signatures dont on dispose aujourd'hui : "L'une est modérément pronostique mais très prédictive du bénéfice de la chimiothérapie, d'autres sont de très bonnes signatures pronostiques sans être prédictives et d'autres, d'utilisation plus limitée, prédisent très bien le bénéfice d'une prolongation de l'hormonothérapie".

Mais, insiste Gille Freyer, ces signatures moléculaires ne doivent pas être interprétées "au pied de la lettre": "Il faut affiner la prédiction en fonction des données histo-pathologiques". 

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