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Cyberchondrie

Autodiagnostic sur Internet : il est faux dans 85% des cas

Selon une étude menée auprès de 300 soignants, 85% des patients ayant eux-mêmes réalisé le diagnostic de leur maladie au moyen de sites Internet se trompent.

Autodiagnostic sur Internet : il est faux dans 85% des cas seb_ra/iStock

  • Publié 18.10.2019 à 18h00
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Cela vous est sans doute déjà arrivé : taper dans un moteur de recherches les symptômes qui vous assaillent pour essayer de déterminer avant même de prendre un rendez-vous médical de quelle maladie vous êtes atteint(e).

Mais on ne s’improvise pas médecin. C’est ce que met en lumière une étude réalisée par la start-up 360 Medics, une plate-forme médicale collaborative à destination des professionnels de santé. Menée auprès de 300 soignants, elle montre que plutôt que de faciliter leur prise en charge, les patients qui s’autodiagnostiquent grâce à Internet risquent de complexifier leur relation avec leur médecin.

Internet, une source d’information peu fiable et anxiogène

Dans les faits, le sondage montre que 83% des soignants interrogés ont déjà reçu en consultation des patients ayant fait eux-mêmes leur diagnostic. Mais rares sont ceux à avoir su trouver la pathologie dont ils souffrent sans erreur. Les données de l’étude montrent que dans 85% des cas, cet autodiagnostic est erroné.

"Ils confondent le symptôme et le diagnostic. Ils nous disent : j'ai une bronchite quand ils toussent, une sinusite pour un rhume, une gastro quand ils ont mal au ventre", explique au Parisien le Dr Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes (MG France).

Car ce que prennent rarement en compte les patients, c’est qu’un symptôme peut s’apparenter à diverses pathologies. Et que les sources sur lesquelles ils s’informent ne sont pas toujours fiables et ne peuvent surtout pas remplacer l’œil expert d’un médecin. "Ils peuvent être un bon outil comme le pire", analyse pour Le Parisien le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France.

"L'information est souvent générale, anxiogène, parfois erronée. Elle ne correspond pas à une situation clinique personnelle. L'expertise du médecin reste essentielle", rappelle de son côté Grégoire Pigné, oncologue radiothérapeute et fondateur de 360 Medics.

Une redéfinition de la relation patient-médecin

Cette importance prise par l’autodiagnostic dans la prise en charge des patients est d’autant plus dommageable qu’elle peut altérer la relation avec le soignant. Ce dernier n’est plus considéré comme l’expert "sachant", mais comme le médecin censé confirmer le diagnostic que le patient a lui-même posé en se basant sur l’analyse de ses symptômes. "Il faut expliquer aux patients que leur diagnostic est inexact, ce qui n'est pas idéal pour tisser, d'emblée, une relation de confiance. Parfois, ils sont déçus de ressortir sans le médicament qu'ils voulaient", explique Grégoire Pigné.

Pour Margot Bayard, vice-présidente de MG France, cette connaissance accumulée par les patients sur leur maladie peut aussi être un atout "Ils ont moins peur du médecin et osent nous remettre en question. On est là pour travailler ensemble."

"Si un malade nous dit, je crains d'avoir cette pathologie, qu'il s'est renseigné, cela enrichit la discussion", renchérit Grégoire Pigné. "Il y a même des patients experts, touchés par des maladies chroniques, qui ont un niveau de connaissances extrêmement élevé. Ils discutent d'égal à égal du traitement avec le soignant. La prise en charge est meilleure. C'est un cercle vertueux."

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