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QUESTION D'ACTU

Mythe alimentaire

Le chagrin d’amour ne déclenche pas de prise de poids

La prise de poids lors des fringales post-rupture tient plus du mythe que de la réalité, selon une nouvelle étude.

Le chagrin d’amour ne déclenche pas de prise de poids Gorodenkoff/iStock

  • Publié 21.10.2019 à 19h00
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La prochaine fois que vous avez une rupture amoureuse, vous pourrez manger sans culpabilité, car une nouvelle recherche a révélé que le chagrin d’amour est une mode plutôt qu'un fait. L'étude menée par les professeurs de psychologie du Penn State Harrisburg (Etats-Unis) et publiée dans le Journal of the Evolutionary Studies Consortium s'est penchée sur le concept allemand de “kummerspeck”, (qui se traduit par la prise de poids excessive dû à une alimentation émotionnelle, comme lors d’une rupture sentimentale par exemple). Ils n’ont trouvé aucune preuve qui appuie le concept de rupture entraînant un gain de poids dû à une alimentation émotionnelle.

Un réflexe primitif devenu inutile

Marissa Harrison, professeure agrégée de psychologie à Penn State Harrisburg, dit que le kummerspeck aurait pu être une réalité dans les temps anciens où les humains accumulaient de la nourriture après une rupture, mais la nouvelle étude a prouvé que les humains modernes ont dépassé cette habitude. Selon le professeure Harrison, dans des temps reculés, la nourriture était plus difficile à trouver, et beaucoup dépendaient de leur partenaire pour s’en procurer. Si le partenaire abandonnait la personne à sa charge, cela pourrait lui compliquer la tâche pour trouver de quoi s'alimenter. Si les gens peuvent se sentir affligés par la tristesse après une rupture et s'adonner à une alimentation excessive pendant un jour ou deux après la rupture, cela ne mène pas à un gain de poids.

Les chercheurs affirment que même certaines documentations indiquent que de nombreuses personnes se livrent à des excès alimentaires pour surmonter les sentiments négatifs après une rupture et peuvent faire des choix alimentaires malsains, la recherche montre que cela ne déclenche pas de prise de poids. Marissa Harrison indique que la prise de poids post-rupture pouvait avoir des avantages évolutifs dans des temps, car le manque de nourriture faisait peur.

Le mot “kummerspeck” suggère que le phénomène existait dans le passé, mais les nouvelles recherches montrent que le phénomène n’est plus pertinent pour les hommes modernes. Les chercheurs ont entrepris deux études pour mettre à l'épreuve la théorie du kummerspeck. Dans un premier temps, 581 personnes ont été recrutées pour participer à une enquête en ligne afin de déterminer le phénomène de la prise de poids dans l'année suivant la rupture. La majorité des participants, soit 62,7 %, n'ont signalé aucun changement de poids après la rupture. Cela a surpris les chercheurs et ils ont décidé d'effectuer une étude supplémentaire.

Pour la deuxième étude, les chercheurs ont recruté 261 autres personnes pour répondre à un sondage différent et plus approfondi que celui utilisé dans lors du premier test. La nouvelle enquête demandait aux participants s'ils avaient déjà vécu la dissolution d'une relation à long terme et s'ils avaient pris ou perdu du poids par la suite. L'enquête a également demandé aux participants quelles étaient leurs attitudes à l'égard de leur ex-partenaire, dans quelle mesure la relation était engagée, qui était à l'origine de la rupture, si les participants avaient tendance à manger de façon émotive et dans quelle mesure ils appréciaient la nourriture en général.

Bien que tous les participants aient déclaré avoir vécu une rupture à un moment donné de leur vie, la majorité d'entre eux (65,13 %) n'a signalé aucun changement de poids après la dissolution de leur relation. Marissa Harrison indique que les deux études ont surpris les chercheurs, mais qu'elles ont fait ressortir des preuves qui excluent l'existence du kummerspeck. Ceux qui ont déclaré avoir pris du poids après une rupture ont une tendance à manger de façon émotive, dit Mme Harrison. 

La chercheuse affirme que l'étude peut avoir des implications cliniques et peut aider les cliniciens ou les conseillers qui s'occupent de patients qui ont tendance à manger de façon émotive. Mme Harrison indique que les personnes qui s'adonnent déjà à l'alimentation émotionnelle peuvent avoir besoin de plus de soutien pendant les ruptures.

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