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Nutrition

Une pétition contre les nitrites dans la charcuterie

Une association, une ONG et une application mobile s'unissent pour demander l'interdiction des additifs E 249, E 250, E 251 et E 252 (également connus sous les noms de nitrites et nitrates) dans les produits alimentaires.

Une pétition contre les nitrites dans la charcuterie Antoniotruzzi/iStock

  • Publié 21.11.2019 à 18h00
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“Stop aux nitrites ajoutés dans notre alimentation”. C'est le titre de la pétition lancée le 20 novembre par l'ONG Foodwatch, l'application mobile Yuka et l'association la Ligue contre le cancer. Objectif : “faire interdire les nitrites ajoutés dans tous les produits alimentaires, c’est-à-dire les additifs E249 (nitrite de potassium), E 250 (nitrite de sodium), E251 (nitrate de sodium) et E252 (nitrate de potassium) au plus vite pour protéger notre santé.”

Les trois organismes dénoncent la conséquence de l'ingestion des nitrates et nitrites (principalement utilisés dans la charcuterie pour lui donner sa couleur rose tout en facilitant sa conservation) : la formation de nitrosamines dans notre estomac. En cause : “leur incidence sur l’apparition du cancer colorectal, le deuxième cancer le plus mortel après celui des poumons, pourtant évitable”.

Plus de 12 000 produits vendus en France contiennent des additifs nitrés

En outre, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) classe une des nitrosamines dans la catégorie 2A, soit “probablement cancérogène pour l’Homme”, six dans la catégorie 2B, “peut-être cancérogène pour l’Homme”, et une dans la catégorie 3, “inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’Homme”.

Pourtant, dans le communiqué de presse associé à la pétition, Julie Chapon, la porte-parole de Yuka, indique constater qu'à partir de la base de données de l'application mobile, plus de 12 000 produits vendus en France contiennent “ces additifs nitrés controversés pour la santé.”

La possibilité de développer le “sans nitrite”

“C’est la responsabilité des autorités publiques de renforcer les règles, en interdisant tous les additifs reconnus dangereux, ajoute Camille Dorioz, responsable de campagnes chez Foodwatch. L’industrie agroalimentaire est tout à fait capable de se passer des additifs nitrés. Le ‘sans nitrite’ est même de plus en plus présent dans les rayons des supermarchés.”

En réaction, la Fédération française des industriels de la charcuterie (FICT) a indiqué le 20 novembre dans un communiqué que “les nitrites sont autorisés par la réglementation et recommandés par la communauté scientifique pour leur rôle majeur dans la sécurité de la majorité des produits de charcuterie”. “Aujourd'hui, avec les frigos et la chaîne du froid, ce sont des choses dont nous n'avons plus besoin”, a pourtant martelé Emmanuel Ricard, délégué à la prévention des cancers à la Ligue contre le cancer, sur Franceinfo

“On ne peut plus se permettre de faire comme si on ne savait pas”

“Chaque année, en France, plus de 4 000 nouveaux cas de cancer de l’estomac ou du côlon sont attribuables à la consommation de viandes transformées, alerte pour sa part le professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, dans le communiqué lié à la pétition. Le facteur de risque est identifié et les additifs nitrés y sont pour quelque chose ; on ne peut plus se permettre de faire comme si on ne savait pas. Il faut agir”. Destinée à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, la pétition fait déjà l'objet de plus de 36 400 signatures.

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