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Buprénorphine: pas la meilleure solution pour soigner la dépendance aux opiacés

Pour être efficace, ce médicament devrait être pris pendant plusieurs années — si ce n’est à vie — pour éviter toutes rechute.

Buprénorphine: pas la meilleure solution pour soigner la dépendance aux opiacés AlexLMX/iStock

  • Publié 13.12.2019 à 13h30
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Aux Etats-Unis, la dépendance aux opiacés est un problème de santé publique grave. Dans une nouvelle étude, des chercheurs du collège des médecins et chirurgiens de l'université Columbia (Etats-Unis) ont découvert que les personnes souffrant de dépendance aux opioïdes courent le risque d'une surdose après 18 mois de traitement à la buprénorphine, un médicament qui met fin au traitement. Selon les chercheurs, 5 % des personnes qui ont pris ce médicament pendant 6 à 18 mois ont eu besoin de soins médicaux pour une surdose d'opiacés dans les six mois suivant la fin du traitement par la buprénorphine. Toutefois, ce chiffre pourrait être plus élevé, car l'étude ne tient pas compte des cas de surdosage qui ne sont pas enregistrés auprès des établissements de soins. Leurs travaux ont été publiés le 2 décembre dans la revue The American Journal of Psychiatry. 

Pour l'auteur de l'étude, Arthur Robin Williams, professeur adjoint de psychiatrie clinique à l’université Columbia, l'arrêt de la buprénorphine pourrait mettre en danger la vie des patients qui en ont pris, selon la vitesse à laquelle ils rechutent et font une overdose après la fin du traitement. Fait intéressant, les chercheurs ont observé que le risque diminue avec le temps : plus les patients poursuivaient leur traitement longtemps, moins le risque d'autres types d'effets indésirables était élevé, ce qui laisse penser que le traitement à la buprénorphine pourrait être plus efficace comme traitement à long terme. 

Rester prisonnier d'un traitement

Avec la spirale de la crise des opioïdes, l'attention se porte sur les difficultés que rencontrent environ 2,1 millions de patients pour avoir accès à des soins de santé fondés sur des données probantes. Chaque année, le buprénorphine, qui a obtenu en 2002 l'approbation de la Food and Drugs Administration, l’agence du médicament américaine, est prescrit à environ 1 million de personnes. Cependant, la plupart de ces patients (entre 50 % à 80 %), arrêtent le traitement au bout de quelques semaines, voire de quelques mois. Bien qu'il n'y ait pas d'accord clair sur la durée pendant laquelle la buprénorphine doit être prise, la plupart des spécialistes préconisent un usage indéfini. 

Un autre facteur important, est qu'un certain nombre de polices d'assurance limitent le traitement à la buprénorphine à six mois, ou exigent une nouvelle autorisation annuelle, afin que les patients à risque ne soient pas prisonnier dans leur traitement. Pour Arthur Robin Williams, un certain nombre de cliniciens estiment que la buprenorphine devrait être prescrite pour une période limitée, en raison de la croyance erronée selon laquelle les personnes qui prennent des médicaments contre la dépendance aux opiacés ne sont pas vraiment en voie de guérison. Selon lui, cette étude est la première à s’intéresser aux effets de l'utilisation prolongée d'un traitement à la buprénorphine.  

Un traitement à prendre indéfiniment

En étudiant les données sur les demandes de remboursement d'environ 9 000 adultes âgés de 18 à 64 ans qui suivaient un traitement continu depuis au moins 6 mois à 18 mois, les chercheurs ont constaté qu'environ une personne sur 20 a été traitée pour une surdose d'opiacés au moins une fois dans les six mois suivant la fin du traitement. 

De plus, les chercheurs ont constaté que les ordonnances pour les opioïdes ont grimpé de 25%, dans le même temps, les visites au urgences ont augmenté de 45% dans les six mois suivant l’arrêt du buprénorphine. Ces chiffres étaient particulièrement vrai pour les personnes atteintes de maladie mentale. Ceux qui ont cessé le traitement après six mois ont rapporté des chiffres significativement plus élevés dans les deux catégories par rapport aux personnes de la cohorte des 15 à 18 mois.

L'étude met en lumière les résultats d'études antérieures, qui montraient que le risque de décès causé par une surdose d'opioïdes diminue jusqu'à 70 % lors d’un traitement au buprénorphine. La plupart des patients font une rechute après avoir cessé de prendre le médicament. Le traitement à la buprénorphine est nécessaire pendant de nombreuses années, sinon indéfiniment, pour réduire le risque de surdosage et d'autres événements indésirables. 

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