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QUESTION D'ACTU

Spondylarthrite ankylosante

Chine : après 28 ans la tête repliée sur les genoux, il peut finalement se redresser

En Chine, un homme de 46 ans a été opéré avec succès de la colonne vertébrale alors qu'il risquait de mourir. Il souffrait depuis son adolescence d'une forme extrêmement grave de spondylarthrite ankylosante (SA). 

Chine : après 28 ans la tête repliée sur les genoux, il peut finalement se redresser  Capture d'écran@Shenzhen University General Hospital

  • Publié le 25.12.2019 à 14h00
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C’est la première fois qu’un tel exploit est réalisé en Chine. Dans la province du Hunan, Li Hua, 46 ans et porteur depuis son adolescence de la spondylarthrite ankylosante (SA), une maladie auto-immune inflammatoire chronique entraînant l’ossification de la colonne vertébrale, a été opéré avec succès. Après avoir passé 28 ans littéralement replié sur lui-même, la tête contre ses cuisses en regardant ses pieds, il peut désormais bouger sans assistance, révélait le Daily Mail le 16 décembre. 

Li Hua est diagnostiqué porteur de la spondylarthrite ankylosante (SA) à l'âge de 18 ans. Mais c’est surtout ces cinq dernières années que son état s’aggrave. Sa colonne vertébrale étant de plus en plus incurvée, il n’arrive plus à manger, s’asseoir, s’allonger ou marcher sans être aidé par sa mère.  

En 2018 il demande une aide de soin médicaux. On lui refuse une intervention chirurgicale au motif que cela serait trop dangereux. En mai de cette année, il rencontre finalement le Professeur Tao Huiren, chef de la chirurgie rachidienne et de l'orthopédie à l'hôpital général de l'université de Shenzhen.

L’expert a déjà traité d’autres patients souffrant de problèmes similaires, mais jamais de cas si grave. La vie de Li Hua étant gravement menacée, à moins qu’on allège la pression exercée sur son cœur et ses poumons, il accepte de relever le défi de l’opération, l’équivalent chirurgical de l’ascension du Mont Everest. 

Une gratitude éternelle

En juin, le patient subit la première phase d’une opération périlleuse consistant à détruire et reconstruire l’entièreté de la colonne vertébrale. “La seule solution était de casser ses os section par section – fémur, vertèbre cervicale, vertèbre thoracique – et remettre droit sa colonne vertébrale”, témoigne Tao Huiren.

L’opération étant “20 à 30 fois plus risqué qu’une opération classique ses chances de devenir paraplégique était élevées”, développe-t-il. Fort heureusement, Li ne mesure que 90 cm, ce qui lui permet d’être opéré avec succès. En quelques mois, il est tout de même opéré quatre fois pour qu'on remette ses os en place.

Désormais, il peut désormais se déplacer à l’aide d’un déambulateur. Il lui faudra toutefois encore deux à trois mois de thérapie physique avant de pouvoir accomplir tous les mouvements nécessaires à la vie quotidienne. “Bien sûr, il ne pourra pas faire quelque chose de trop extrême comme la boxe ou jouer au tennis, mais tous les mouvements corporels réguliers ne seront pas un problème”, explique Tao Huiren.

Quoiqu’il en soit, la gratitude de Li Hua est éternelle. “Le Professeur Tao est mon sauveur et ma gratitude pour lui est celle que j’aurais pour une seconde mère”, s’enthousiasme-t-il aujourd’hui.  

En France, 0,2 à 0,3% de la population est atteinte de SA

La spondylarthrite ankylosante (SA) est un type rare d'arthrite, probablement induit par un gène défectueux. L'inflammation de la colonne vertébrale rend le dos, la cage thoracique et le cou raides et douloureux. Cela entraîne l’usure des os et le corps produit alors du calcium supplémentaire pour faire croître plus d’os. Ce processus entraîne la formation d’autres os, parfois à de mauvais endroits. Ceux de la colonne vertébrale peuvent alors fusionner, provoquant une inclinaison vers l’avant, plus ou moins grave, que l’on appelle cyphose.

En France, entre 130 000 à 200 000 personnes souffrent de SA, soit 0,2 à 0,3% de la population. La maladie se déclare le plus souvent à l’adolescence bien que les premiers symptômes puissent apparaître jusqu’à l’âge de 30 ans.

Une fois diagnostiqué, le malade se verra prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des antalgiques ou des corticoïdes. Des soins de rééducation et de réadaptation sont également nécessaires pour maintenir l’amplitude des mouvements et s’assurer que le cou et le dos ne se raidissent pas.

Dans les cas les plus graves, comme celui de Li Hua, une chirurgie est proposée. Cette dernière “peut améliorer considérablement la vie des gens”, explique le professeur Paul Emery, porte-parole de l’association Versus Arthritis, au Daily Mail.

 

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