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Cancer cutané : un anticorps qui protège des inflammations pourrait être en cause

Un anticorps connu pour défendre la peau contre des agressions environnementales pourrait contribuer à la croissance et à la survie de cellules présentant des mutations cancéreuses. 

Cancer cutané : un anticorps qui protège des inflammations pourrait être en cause CIPhotos/iStock

  • Publié le 17.01.2020 à 13h30
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A échelle globale, un cancer diagnostiqué sur trois est un cancer de la peau. Parmi les facteurs de risque, l’exposition prolongée au soleil bien sûr, mais aussi l’inflammation chronique de la peau qui permet la croissance et la survie de cellules présentant des mutations cancéreuses. Aujourd’hui, des chercheurs britanniques ont découvert que l’IgE, un anticorps connu pour défendre la peau contre des agressions environnementales pourrait être en cause. Leur étude est parue mardi 14 janvier dans la revue eLife. A terme, une meilleure compréhension de ce processus pourrait aider les scientifiques à mettre au point des traitements plus efficaces contre les cancers cutanés.

Des chercheurs de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) ont utilisé des souris pour examiner ce qui se passait après l’application de substances inflammatoires sur leur peau. Ils ont alors découvert que chez les animaux porteurs de mutations cancéreuses, l’activation chronique de l’anticorps IgE causée par l’inflammation favorisait la croissance des cellules cutanées précancéreuses en tumeurs. A contrario, les souris dépourvues d’IgE étaient protégées contre le développement de ces tumeurs. 

Cet anticorps est connu pour son implication involontaire dans les réactions allergiques. On le retrouve aussi chez les peaux saines et on pense qu’il protège contre les substances nocives ou les infections parasitaires. Toutefois, cette étude montre que l’inflammation chronique peut faire de cette défense utile une défense nocive. “Les IgE renforcent les défenses de la barrière cutanée en favorisant la croissance des cellules pour épaissir la surface de la peau en réponse à des stimuli nocifs (…) Cependant, cette réponse devrait être temporaire. Si elle persiste à long terme, elle peut conduire à la croissance d'une tumeur”, détaille Mark Hayes, chercheur au Département d'immunologie et d'inflammation de l'Imperial College de Londres. 

“Un lien étroit entre les IgE et le cancer”

Dans le passé, les résultats d’une autre étude des mêmes chercheurs ont montré que les IgE pouvaient protéger les souris contre les substances cancérigènes qui endommagent l’ADN. Ainsi, le mécanisme de croissance des tumeurs et le rôle des IgE dans ce processus pourraient dépendre des différents types d’exposition environnementale.

“Nos résultats précédents et actuels révèlent un lien étroit entre les IgE et le cancer (…) Mais les conséquences biologiques de l'engagement des IgE dans la peau dépendent clairement de la nature des anticorps et du micro-environnement dans lequel la tumeur se développe”, explique Jessica Strid, autrice principale de l’étude.

Attention aux plaques blanchâtres ou rouges et aux grains de beauté suspects  

En France, le cancer de la peau est l’un des cancers les plus plus fréquents avec près de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. La forme la plus courante est le carcinome (basocellulaire ou spinocellulaire), qui touche surtout les personnes de plus de cinquante ans. Il se caractérise par des plaques blanchâtres ou rouges et rugueuses qui apparaissent sur la peau et se soigne plutôt bien.

La forme la plus inquiétante du cancer de la peau est le mélanome, qui se développe en général à partir d’un grain de beauté ayant dégénéré, car il y a un risque de métastases : la maladie peut s’étendre à d’autres organes. Les chances de guérison augmentent toutefois avec un dépistage précoce.

Aussi, si vous découvrez un grain de beauté étrange sur votre peau, consultez un spécialiste. En attendant votre rendez-vous, vous pouvez toujours vous référer à la règle ABCDE (pour Asymétrique, Bords, Couleur, Diamètre et Évolution), une technique d’auto-dépistage mise au point par les spécialistes. Selon cette dernière, une tâche ou un grain de beauté présentant l’une des caractéristiques suivantes peut être suspect : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur non homogène, Diamètre en augmentation, ou Évoluant rapidement.

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