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QUESTION D'ACTU

Infarctus du myocarde

Pollution de l'air : des risques accrus de crise cardiaque

La pollution atmosphérique pourrait potentiellement déclencher des crises cardiaques non fatales. 

Pollution de l'air : des risques accrus de crise cardiaque Pixel_away/iStock

  • Publié le 23.01.2020 à 10h30
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La pollution de l’air est extrêmement néfaste pour la santé, chacun le sait. D'après les scientifiques, elle augmente la pression artérielle, les risques d’athérosclérose, d’asthme, de tumeur du cerveau et fragilise les os et mêmes le fœtus quand une femme enceinte y est trop exposée. Aujourd’hui, une nouvelle étude montre un lien entre pollution atmosphérique et risque accru d’infarctus de myocarde, état plus connu sous le nom de crises cardiaque. D’après une étude parue dans la revue Environmental Health Perspectives, une exposition, ne serait que quelques heures, aux particules ultrafines courantes dans la pollution atmosphérique peut potentiellement déclencher une crise non mortelle. 

Les particules ultrafines constituent un risque pour la santé en raison de leur petite taille, de leur grande surface par unité de masse et de leur capacité à pénétrer les cellules et à pénétrer dans le système sanguin. “Nous avons été les premiers à démontrer les effets de la PUE sur la santé des asthmatiques dans une étude épidémiologique dans les années 1990”, explique Annette Peters, directrice de l'Institut d'épidémiologie du Centre Helmholtz de Munich (Allemagne) et co-auteur de cet article. “Depuis lors, environ 200 autres études ont été publiées. Cependant, les preuves épidémiologiques restent incohérentes et insuffisantes pour déduire une relation de cause à effet.” 

D’après les auteurs de l’étude, cela pourrait s’expliquer en partie par les différences de taille et de paramètres d'exposition examinés pour caractériser l'exposition ambiante aux particules ultrafines. Ici, les chercheurs ont voulu comprendre si une exposition transitoire pouvait déclencher des crises cardiaques et si d'autres mesures comme la longueur des particules et les concentrations en surface pouvaient améliorer l'étude des effets de ces particules sur la santé.

Les premières heures d’exposition sont les plus dangereuses 

Kai Chen, professeur adjoint à l'école de santé publique de Yale (Etats-Unis) et des collègues allemands du Centre Helmholtz, de l'hôpital universitaire d'Augsbourg et de l'hôpital de Nördlingen, ont étudié les données d'un registre de tous les cas d'infarctus non mortels à Augsbourg entre 2005 et 2015. Ainsi, 5 898 patients étaient concernés.   

Les chercheurs ont comparé les crises cardiaques individuelles aux données des particules ultra fines (UFP) sur la pollution atmosphérique au moment de l’infarctus. Après avoir pris en compte d’autres facteurs tels que le jour de la semaine ou le statut socio-économique du patient, ils ont constaté que “les minuscules particules de la pollution de l'air peuvent jouer un rôle dans les maladies cardiaques graves.”   

“C'est particulièrement vrai dans les premières heures d'exposition”, détaille Chen, rappelant qu’on “soupçonnait” ce phénomène “depuis longtemps”. “Cela représente un pas important vers la compréhension de l'indicateur approprié de l'exposition aux particules ultrafines pour déterminer les effets à court terme sur la santé, car les effets de la longueur des particules et des concentrations en surface étaient plus forts que ceux de la concentration en nombre de particules et sont restés similaires après ajustement pour d'autres polluants atmosphériques”, se félicite-t-il.

Chaque année en France, 7 500 personnes décèdent à cause du dioxyde d’azote  

Et de poursuivre : “Nos futures analyses examineront les expositions horaires combinées à la fois à la pollution atmosphérique et aux températures extrêmes. Nous identifierons également les sous-populations vulnérables en ce qui concerne les maladies préexistantes et la prise de médicaments.” 

En France, la pollution atmosphérique est un véritable enjeu de santé public. Le 24 octobre, la justice européenne a rendu un rapport accusant l’Hexagone d’avoir dépassé depuis 2010 “de manière systématique et persistante” le seuil limite dans l’air de dioxyde d’azote (NO2), un gaz polluant principalement issu des moteurs diesel. En cas de dépassement du taux de pollution de l’air, la législation européenne oblige le pays épinglé à établir un plan relatif à la qualité de l’air, et s’assurer que la période du dépassement soit “la plus courte possible”.

 “Le gouvernement est déterminé à améliorer rapidement et durablement la qualité de l’air, qui constitue un impératif de santé publique et environnemental”, a alors répondu le ministère de la Transition écologique à la justice. Selon le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air, le dioxyde d’azote cause 7 500 décès chaque année en France (68 000 dans l’Union européenne).

Quant à l’infarctus du myocarde, qui correspond à la destruction partielle du muscle cardiaque, due à l’obstruction d’une artère qui alimente le cœur en sang, et donc en oxygène, il concerne 80 000 personnes par en France. Parmi elles, 12 000 décèdent, rappelle l’Inserm. Outre la pollution de l’air, les facteurs de risque les plus connus sont le tabagisme, l’hypercholestérolémie, l'hypertension, le diabète de type 2, l’obésité et le stress. Les hommes de plus de 55 ans sont également plus disposés que les autres à faire des crises cardiaques. Après la ménopause, les risques sont toutefois équivalents pour les deux sexes.

 

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