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QUESTION D'ACTU

La chronique du Docteur Lemoine

A partir de quand l’anxiété devient-elle inquiétante ?

Souffrir d’anxiété, c’est parfois souffrir de vraies maladies, comme les obsessions, les tics, les phobies ou les troubles paniques. Là, pas d’hésitation, le problème est évident et le traitement classique. Ce qui n’est pas le cas de l’anxiété banale dont souffrent 5 millions de Français.

A partir de quand l’anxiété devient-elle inquiétante ? Slphotography / iStock




On dit qu’il n’y a pas de créativité sans anxiété et, que sans elle, on aurait pu être privé de Schumann, Gide ou Michael Jackson… Mais pour quelques heureux élus qui trouvent dans le succès le juste retour de leur malaise, il y a 5 millions de Français pour qui le symptôme est beaucoup moins drôle et productif. Le problème est que dans la forme banale de l’anxiété, personne n’ose parler de symptôme. Ce serait même la rançon de la vie moderne. Or, “avoir les boules”, “se faire prendre aux tripes” ou encore “avoir l’estomac noué”, cela peut très bien se transformer en maladie. On ne parle plus alors de caractère anxieux mais de maladie anxieuse. Une nuance que ne perçoit pas toujours celui qui en souffre, mais que l’entourage est souvent en mesure d’exprimer. Tout le débat est donc de savoir si c’est normal ou pas. La normalité est une notion qui revient souvent quand il s’agit de consulter pour un problème d’ordre psychique alors qu’il est aisé de démontrer que la normalité est une notion bien futile : un os dans le nez en Papouasie est un bijou normal… et bien, essayez lors de votre prochain rendez-vous d’affaires et vous verrez ce qu’est la normalité !

L’anxiété ne doit pas devenir souffrance

En fait, il faut absolument savoir que dès que l’anxiété devient souffrance, elle doit être étudiée et, bien évidemment, traitée. Faut-il alors consulter un psychiatre ? Pas forcément, car le généraliste est souvent l’interlocuteur privilégié qui vous connaît le mieux, mais qui n’a peut-être pas eu le temps de sentir le malaise. En lui exprimant, il pourra juger du degré de sévérité et décider lui-même de se faire aider ou pas par un spécialiste. Car il faut savoir que le traitement est efficace dans près de 90 % des cas, ce que ne peuvent pas dire tous les secteurs de la médecine. Ce traitement s’appuie sur l’analyse soigneuse de l’anxiété pour retrouver les causes déclenchantes réelles, souvent mal appréciées, et surtout prévenir les attaques de panique.

En cas de gravité et de souffrance extrême, il y a les médicaments, qui n’ont pas particulièrement bonne presse. C’est vrai que nous sommes dans un pays où on en prescrit (on en demande) beaucoup trop. Mais  les tranquillisants sont la seule solution lorsque la souffrance est trop forte ; les antidépresseurs ont une utilité réelle dans certaines formes d’anxiété, lorsqu’il s’agit de phobies. Il faut aussi évoquer les bêtabloquants, pour le trac d’un examen, que ce soit pour le permis ou pendant les études, lorsque le malaise peut arriver à rendre incompétent ; ou encore avant un entretien important.

En aucun cas il ne s’agira de traitements longs, quasi instantanés pour les bêtabloquants, six mois maximum pour les antidépresseurs et quelques semaines pour les tranquillisants.

Docteur Jean-François Lemoine

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