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Innovation médicale

Cannabis thérapeutique : qui va fournir les 3 000 patients français ?

Le cannabis thérapeutique sera testé sur 3000 patients dès septembre 2020, mais la législation française interdit la culture des plants contenant des taux supérieurs à 0,2 % de THC. D'où proviendront donc les produits ?

Cannabis thérapeutique : qui va fournir les 3 000 patients français ? tvirbickis/iStock

  • Publié le 27.01.2020 à 18h00
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Votée en octobre dernier par l'Assemblée nationale, le cannabis thérapeutique devrait commencer à être prescrit en septembre 2020. Il s'agira d'une phase d'expérimentation sur 2 ans incluant 3 000 patients atteints de pathologies graves.

“Nous avons retenu un certain nombre d’indications : douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies médicamenteuse ou non, certaines formes d’épilepsie sévère et pharmaco-résistantes, en soin de support, dans les situations palliatives, en oncologie, dans le cas de douleurs liées à la sclérose en plaques ou pour d’autres pathologies du système nerveux central”, a récemment précisé Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l'ANSM.

Des producteurs étrangers, la solution d'urgence

L'agence n'a que 8 mois pour mettre les modalités de cet essai médical en place, mais dans un pays où la législation interdit la culture des plants contenant des taux supérieurs à 0,2 % de THC, ce n'est pas une mince affaire. L'ANSM devrait dans un premier temps se tourner vers des “producteurs étrangers”, affirme Christelle Ratignier-Carbonneil, n'excluant toutefois pas la possibilité de faire appel à un agriculteur national : “Si il est en capacité de répondre aux critères (...) il pourra être retenu.”

Des échanges sont actuellement en cours sur le sujet aux ministères de la Santé et de l’Agriculture. “Il y a un besoin, il y a une demande, insiste Christelle Ratignier-Carbonneil, il est important de pouvoir apporter une réponse et un service, mais que celui-ci puisse être réalisé dans le cadre le plus sécurisé possible.”

Une coopérative française déjà positionnée

Après le vote de l'Assemblée nationale, la coopérative française InVivo, consciente qu'un marché lucratif était potentiellement en train de s'ouvrir en France, a demandé à l'Etat l'autorisation “de pouvoir importer des boutures, cultiver et faire de la génétique, en parallèle de l'expérimentation médicale.” 

Yves Christol, directeur général d'InVivo Food & Tech, craint que les producteurs canadiens s'emparent du marché français : “Si vous faites du thérapeutique, il ne faut pas qu'il y ait de goût. Si vous commencez à faire un truc qui a un bon goût, vous allez stimuler l'addiction”, souligne-t-il, précisant qu'il faut savoir doser le THC. Affaire à suivre. 

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