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L'obsession du selfie, dangereuse pour les adolescentes

Si prendre un selfie n'est pas une mauvaise chose en soi, quand cela tourne à l'obsession, cela peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale, surtout chez les adolescentes. 

L'obsession du selfie, dangereuse pour les adolescentes Deagreez/iStock

  • Publié le 26.02.2020 à 15h00
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En 2014, un adolescent anglais défrayait la chronique après avoir tenté de se suicider faute d’avoir réussi à prendre “le selfie parfait”. Son histoire si tristement symptomatique de notre époque, avait fait les gros titres aux quatre coins de la planète et paniqué les parents du monde entier. Depuis, de nombreux chercheurs travaillent à étudier l'influence du selfie sur la santé mentale des adolescents. Selon une étude parue dans le Journal of Children and Media, si se prendre en photo n’est pas une mauvaise chose en soi, quand cela commence à obséder un jeune, cela peut avoir des conséquences très néfastes sur la santé psychique, les filles étant particulièrement vulnérables.

Pour leur étude, les chercheurs de l’université d’Arizona (Etats-Unis) ont suivi 278 adolescentes âgées de 14 à 17 ans. Ces dernières ont dû répondre à une enquête en ligne pour indiquer la fréquence à laquelle elles partageaient leurs selfies sur les réseaux sociaux et à laquelle elles utilisaient des techniques de retouches de photo (applications pour lisser la peau, réduire les bourrelets ou corriger les yeux rouges). Elles ont également répondu à une série de questions visant à mesurer le temps et l’effort consacrés à la sélection de selfies à partager sur les réseaux sociaux. Enfin, les jeunes filles ont dû répondre à des questions réalisées pour établir leur niveau d’auto-objectivité et le degré de préoccupation de leur apparence. 

Notre principale conclusion est que nous ne devrions pas trop nous inquiéter des enfants qui prennent des selfies et les partagent ; ce n'est pas de là que viennent les effets négatifs. Ce sont l'investissement et le montage qui ont produit des effets négatifs, explique Jennifer Stevens Aubrey, autrice principale de l’étude. Les filles qui s'auto-objectaient étaient plus susceptibles d'avoir honte de leur corps ou d'être anxieuses à propos de leur apparence. L'auto-objectification est l'idée que vous en arrivez à vous considérer comme un objet extérieur à regarder par les autres”, détaille-t-elle.

Le rôle des parents et des éducateurs 

Dans leur étude, les chercheurs expliquent s’être concentrés sur les adolescentes car celles-ci sont particulièrement vulnérables à ce phénomène.  “Les filles sont socialisées d'une manière qui les pousse à s'auto-objecter dans une plus grande mesure que les garçons ; c'est un résultat assez cohérent”, déclare Larissa Teran, co-autrice de l’étude. A cause de cela, les filles ont également plus tendance à souffrir de trouble de l’image corporelle, ce qui peut entraîner des dépressions ou encore des problèmes alimentaires.   

L'auto-objectification est la voie vers tant de choses à l'adolescence que nous voulons prévenir. Les interventions devraient donc se concentrer sur la manière dont nous pouvons encourager les filles à développer une conscience d'elles-mêmes qui ne soit pas uniquement liée à leur apparence aux yeux des autres”, explique Jennifer Stevens Aubrey.

Ainsi, les parents et éducateurs doivent être à l’affut. Si un adolescent semble être obsédé par les selfies, il faut peut-être en parler avec lui afin “d’éviter les problèmes dans le futur”, suggèrent-ils. 

De nombreuses études du genre ont déjà eu lieu 

Cette étude est loin d’être la première à faire du genre. En décembre, une recherche australienne menée sur 996 adolescents des deux sexes, avait déjà montré que de nombreux utilisateurs de Snapchat et d’Instagram avaient tendance à sauter des repas et à faire du sport à outrance pour perdre du poids ou éviter d’en prendre. 

L'un des éléments clés de la prévention des troubles de l'alimentation consiste à faire passer le message que notre estime de soi doit être définie par une combinaison de nos capacités, de nos valeurs et de nos relations, développe le chercheur selon qui appellent les parents à prendre leurs responsabilités. Les parents ont un rôle important à jouer dans l'utilisation précoce des médias sociaux par leurs enfants : une étude passée a montré que le contrôle du temps passé sur les réseaux est associé à une plus grande satisfaction dans la vie des filles et des garçons préadolescents”, expliquaient alors les chercheurs.

En 2016, une étude parue dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, avait quant à elle associé l’addiction aux réseaux sociaux avec l’anorexie, la boulimie et autres troubles de l’alimentation et de la perception du corps. S’appuyant sur l’analyse croisée de deux questionnaires remplis par près de 2 000 jeunes adultes, ces travaux montraient que les personnes les plus connectées étaient deux fois plus à risque, quel que soit l’âge, le revenu ou le sexe de l’internaute.

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