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QUESTION D'ACTU

Incontinence

Un nouvel outil pour dépister les vessies hyperactives

Ce nouvel outil, peu coûteux, fiable et rapide, permettra d’améliorer le diagnostic des personnes atteintes de vessies hyperactives. 

Un nouvel outil pour dépister les vessies hyperactives Diy13/iStock

  • Publié le 24.02.2020 à 18h00
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Nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité de remplissage de notre vessie. Les chercheurs de l'université de Portsmouth (Royaume-Uni) ont non seulement identifié les substances chimiques spécifiques à la vessie hyperactive, mais ils ont également mis au point un objet similaire à un test de grossesse, afin de vérifier la présence de ces marqueurs chimiques. Ce nouvel outil pourrait permettre de sauver des millions de personnes actuellement confrontées à des problèmes d’incontinence. Les résultats de leur recherche ont été publiés dans la revue Scientific Reports.

Selon les chercheurs, 20% de la population mondiale est incapable de retenir son envie d’uriner et au moins une personne sur trois en souffre avant l'âge de 50 ans ; ce trouble des voies urinaires est appelé vessie hyperactive. Les personnes qui en souffrent ont besoin d’aller fréquemment aux toilettes (huit fois par jour), se lèvent également la nuit pour aller se soulager, ont des fuites urinaires accidentelles, doivent utiliser des serviettes hygiéniques ou des sous-vêtements jetables. Dans certains cas, les personnes s'isolent même et restent chez elles pour éviter d'être gênées.

80% de réussite grâce à ce test 

Pour les besoins de leur étude, les scientifiques ont fait appel à 113 participants. Parmi eux, dix ont reçu un diagnostic d’hématurie (présence de sang dans les urines) et quatre possédaient les principaux symptômes d’une hyperactivité vésicale. En faisant une analyse de certains de leurs biomarqueurs, les chercheurs se sont aperçus que leurs prédictions de vessies hyperactives fonctionnaient à 80% sur les participants. 

Selon John Young, doctorant de l’école de pharmacie et de sciences biomédicales de Portsmouth qui a dirigé les recherches, “la première étape a consisté à identifier les substances chimiques dans l'urine qui sont spécifiques à la vessie hyperactive. L'étape suivante consiste à mettre au point un gadget destiné aux médecins généralistes, aux pharmacies et aux maisons de retraite ou de soins, qui soit précis, simple à utiliser et qui n'ait pas besoin d'être envoyé à un laboratoire pour être traité. En cas de succès, il permettrait d'éviter à des millions de patients des procédures douloureuses et de longues attentes pour un diagnostic. C'est la première étape pour transformer la vie de millions de personnes qui souffrent en silence, trop gênées pour sortir ou même pour parler de leur état. Il n'est pas trop fort de dire que cela pourrait changer la donne.

Cependant, les scientifiques de l'université de Portsmouth pensent qu’il leur faudra entre 12 et 24 mois pour développer un outil utilisable pour des essais cliniques afin de déterminer les marqueurs chimiques. Une fois que cet outil sera approuvé par les essais cliniques, il contribuera au diagnostic et au traitement précoces de la maladie. 

Donner un résultat précis rapidement

Actuellement, le diagnostic d'une vessie hyperactive est un processus long et coûteux. Avant d'établir qu'il s'agit d'une vessie hyperactive, les cliniciens doivent procéder à un large éventail de tests pour exclure la possibilité d'autres maladies, notamment certains cancers, le diabète de type 2, la cystite et une infection des voies urinaires, qui présentent des symptômes similaires. Comme le traitement de chacune de ces affections varie, il est important de réaliser tous les tests, quand bien même certains seraient invasif, douloureux et coûteux. Le diagnostic étant une procédure complexe, il entraîne parfois des délais au cours desquels l'état des patients s'aggrave. 

Selon John Young, “ce serait aussi simple qu'un test de grossesse et favoriserait un traitement efficace et précoce. En l'absence de traitement, la vessie peut changer. Des nerfs, des vaisseaux sanguins et des cellules supplémentaires se développent, la laissant plus petite qu'auparavant. Il n’est pas possible que tant de millions de personnes se sentent obligées de s'isoler chez elles, en évitant toute interaction sociale, avec un état qui, s'il est détecté tôt, peut être traité.”

Le nouveau gadget mis au point par John Young et son équipe de chercheurs coûterait environ 10 livres sterling (environ 12€) et ne prendrait que quelques minutes pour donner un résultat précis. Avec ce nouvel appareil, une fois le diagnostic posé, il serait possible pour un professionnel de santé de commencer immédiatement le traitement.  

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