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Economie

Le cancer coûte de plus en plus cher

David Khayat, à l’origine du plan cancer lancé en 2003, a commandé une étude sur le coût économique du cancer pour la société. Résultats, les prix explosent et l’ardoise affiche 28 milliards d’euros. Pour l’oncologue, il faut totalement revoir le système de fixation des prix.

Le cancer coûte de plus en plus cher Liia Galimzianova/iStock

  • Publié le 25.02.2020 à 09h00
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Aucune évaluation sérieuse n’a été faite depuis celle que j’avais sollicitée en 2007 lorsque je présidais l’Institut national du cancer (Inca) et qui portait sur des données de 2004”, a lancé David Khayat au Journal du Dimanche (JDD), au moment d’annoncer les chiffres de l’étude qu’il a lui-même commandé sur le coût économique du cancer. L’enquête a été réalisée par le cabinet Asterès et financée par l’Institut international de cancérologie, fondé par le professeur Khayat.

Des traitements plus efficaces mais plus chers

Le cancer a coûté 28 milliards d’euros en 2017, soit une augmentation de près de 8 milliards d’euros par rapport à 2004. Pour Pierre Bentata, économiste en charge de l’étude, cette augmentation “n’est pas surprenante car la population vieillit et le système de santé, qui nous soigne mieux, est en quelque sorte victime de son succès”. Parmi ces dépenses, ce sont celles liées aux soins qui sont les plus importantes. Elles ont augmenté de 50% par rapport à 2004 et atteignent 16,5 milliards d’euros. Une hausse justifiée par “l’apparition de traitements plus efficaces mais aussi plus chers et par un plus grand nombre de patients traités”, développe Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterès.

Ces dépenses ont été scindées en deux par l’étude, avec d’un côté le coût direct de la maladie et de l’autre son coût indirect. Le coût direct est revenu à 18,3 milliards d’euros en 2017, somme à laquelle il convient d’ajouter les montants alloués à la politique de prévention, de dépistage et la recherche, pour un montant d’environ 1 milliard d’euros. Le coût indirect est plus difficile à chiffrer puisque cela concerne les “années de vie perdues”, détaille Pierre Bentata, qui sont relatifs aux décès précoces des malades qui, s’ils avaient survécu, auraient travaillé et contribué au PIB du pays. Au total, cela concerne 2,3 millions d’années de vie perdues en 2017 qui représentent 9,7 milliards d’euros de perte.

Repenser la fixation des prix des médicaments

Pour David Khayat, la conclusion de cette explosion du coût du cancer est que le coût ne va pas arrêter d’augmenter et qu’il faut mettre l’accent “sur la prévention” et le “diagnostic précoce”. Autre point améliorable selon lui, le prix des médicaments d’immunothérapies qui peuvent dépasser, dans certains cas, les 100 000€. “La seule chose qu’on a faite, c’est retarder le remboursement. Ce n’est pas une solution de long terme et en aucun cas une solution pour les malades”, déplore l’oncologue.

Concrètement, David Khayat souhaite “repenser les modalités de fixation du prix des médicaments” afin d’inciter les laboratoires à “fournir les meilleurs traitements au plus grand nombre tout en garantissant la pérennité de leur activité de recherche et de développement”. Il pose en exemple un remboursement qui serait conditionné à son efficacité, comme c’est le cas en Allemagne, en Écosse ou aux États-Unis.

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