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Endométriose : l'IMC des jeunes filles annonciateur de la maladie?

D'après une nouvelle étude, les adolescentes grandes et maigres auraient plus de risques de développer de l'endométriose plus tard dans leur vie. 

Endométriose : l'IMC des jeunes filles annonciateur de la maladie? Grinvalds/iStock

  • Publié le 12.03.2020 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • L'endométriose touche 10% des femmes en âge de procréer
  • La maladie génère des douleurs et des difficultés à, tomber enceinte
  • Les jeunes femmes grande et maigres à l'adolescence ont davantage de risque de souffrir de cette maladie

L'endométriose est une maladie chronique qui affecte jusqu’à 10% des femmes en âge de procréer dans le monde. Elle est provoquée par la migration des tissus de l’endomètre en dehors de l’utérus. Les symptômes comprennent des troubles digestifs, des douleurs dans le bas-ventre pendant les rapports sexuels, des règles extrêmement désagréables ou encore une difficulté à tomber enceinte. Les causes de cette affliction sont multifactorielles, allant de l’âge, à la génétique en passant par l’alimentation (la consommation d’acides gras saturés pourrait jouer). D’après une nouvelle étude parue le 3 mars dans la revue Annals of Human Biology à l’occasion de la semaine Européenne de prévention et d’information sur l’endométriose, les jeunes filles grandes et maigres pendant l’adolescence auraient également plus de risques de développer de l’endométriose plus tard dans leur vie.

Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs de l'université de Copenhague et de l'hôpital de Frederiksberg (Danemark) ont examiné l’IMC de 170 000 femmes nées au Danemark entre 1930 et 1996. La taille et le poids des participantes ont été vérifiés entre 7 et 13 ans ou quand les filles ont atteint l'âge de 15 ans. Dans le même temps, les chercheurs ont analysé les dossiers hospitaliers d'endométriose ou d'adénomyose (une affection connexe) recueillis entre 1997 et 2017. Pendant cette période, 2 149 des participantes de l'étude ont reçu un diagnostic d'endométriose, et 1 410 un diagnostic d'adénomyose.

Les chercheurs ont ainsi pu remarquer que la probabilité de diagnostic était plus élevée chez celles qui avaient un IMC plus faible pendant leur enfance. A l’âge de 13 ans, en comparant deux jeunes filles de taille moyenne, celle qui pèse 6,8 kgs de moins présente un risque accru d’endométriose de 6 %. Qui plus est, être grande augmente encore les risques (+9% pour les filles qui mesurent 5,2 cm de plus que la moyenne). 

Pendant l’adolescence, la taille est un indicateur du risque ultérieur. Cela nous montre vraiment que les racines de cette maladie se trouvent plus tôt dans la vie que ce que les gens pensaient auparavant”, explique la docteure Jennifer Baker, co-autrice de l’étude. Selon les chercheurs, cela pourrait être dû aux niveaux des œstrogènes : l’hormone augmente la taille de la paroi de l’utérus et les poussées de croissance pendant la puberté.

Un diagnostic difficile  

Le lien avec l’IMC est toutefois moins clair. “Il s'agit d'une association très complexe et il se peut qu'il n'y ait pas le même cheminement entre l'IMC et la taille”, note Jennifer Baker qui reconnaît quelques limites à son étude. En effet, la plupart des participantes étaient blanches. Qui plus est, l’endométriose étant largement sous-diagnostiquée, ces travaux n’ont pu prendre en compte que les diagnostics enregistrés dans les hôpitaux.

L’une des plus grandes difficultés dans le traitement de cette maladie concerne notamment sa reconnaissance par les professionnels de santé. Il peut s’écouler entre huit et dix ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic. Pour pouvoir établir ce dernier, les patientes doivent souvent subir une endoscopie, opération qui consiste à insérer une caméra dans la cavité abdominale.

Une fois la maladie déterminée, la majorité des femmes se voient prescrire une pilule en continu ou un stérilet libérant des hormones pour empêcher la survenue des règles, généralement très douloureuses chez elles. Toutefois, ces traitements sont lourds en effets secondaires. Outre les problèmes de fertilité, de nombreuses malades se plaignent d’une chute drastique de leur libido. Enfin, dans les cas où la maladie prend trop d’ampleur, une opération chirurgicale permet de retirer les lésions et de faire disparaître les symptômes pendant une certaine période. La décision sera prise au regard de ce que vit la patiente au quotidien, de ses antécédents et de son désir de grossesse.

Les résultats de l’étude sur l’IMC sont parus alors même que le mois de mars est celui de la sensibilisation à l’endométriose. Chaque année, à cette période, des centaines d’évènements sont organisées pour sensibiliser le grand public à la maladie et orienter les millions de femmes qui en souffrent. Le samedi 28 mars, une marche mondiale pour l’endométriose, du nom d’Endomarch, aura lieu.

 

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