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Covid-19

Chloroquine : que nous apprend la deuxième étude de Didier Raoult ?

L'équipe du Pr Didier Raoult a dévoilé les conclusions de sa deuxième étude portant sur l'efficacité de la chloroquine associée à un antibiotique pour traiter les patients touchés par le Covid-19. Bien que la recherche comporte quelques limites, les résultats montrent des signes encourageants de guérison pour la plupart des patients. 

Chloroquine : que nous apprend la deuxième étude de Didier Raoult ? Bartek Szewczyk

  • Publié le 29.03.2020 à 18h40
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L'ESSENTIEL
  • Le professeur Raoult est partisan de l'utilisation de la chloroquine pour soigner les patients atteints de Covid-19
  • Les résultats de son premier essai portant sur 24 malades ont été très contestés
  • Cette nouvelle étude porte cette fois sur 80 malades mais sans groupe témoin

La chloroquine est-elle efficace contre le Covid-19 ? Ce traitement utilisé depuis longtemps pour traiter le paludisme est préconisé par Didier Raoult, professeur en biologie et directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, comme piste pour soigner les patients touchés par le nouveau coronavirus.

Une première étude dévoilée mi-mars par le scientifique et réalisée sur 24 patients testés positifs au Covid-19 faisait état de la guérison de trois quarts des patients au bout de six jours. La chloroquine comme traitement des malades touchés par le coronavirus a été remise en cause par certains spécialistes et l'essai de Didier Raoult a été jugé "insuffisant", mais le scientifique précise que ce médicament ne présente pas de risque puisqu’il est connu depuis longtemps.

Vendredi 27 mars, le Pr Raoult a publié un deuxième essai mené cette fois sur 80 patients (dont 50% âgés de moins de 52 ans) suivis pendant 6 à 10 jours courant mars à l'IHU et à qui on administré une association d'hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine) et un antibiotique pulmonaire appelé azithromycine.

Les résultats de cette étude mentionnent "une évolution favorable" pour 65 patients (81%), tandis que douze ont été mis sous oxygénothérapie (soit 15%). Trois sont passés en soins intensifs et un autre âgé de 86 ans est décédé (soit 5%).... des chiffres très superposables à ce qui est observé sans le fameux traitement donc.

L'absence de groupe témoin de nouveau décriée 

La plupart des patients ne présentait qu’une forme bénigne du Covid-19. Toutefois, le Pr Raoult, qui précise depuis le début de ses recherches que la chloroquine s’avère efficace principalement au premier stade infectieux de la maladie, estime que ce traitement permettrait de limiter le cas et donc les risques de propagation du virus.

Du point de vue de la communauté scientifique, la recherche du Pr Raoult présente quelques limites (déjà décriées lors de son premier essai) notamment l’absence de groupe témoin, c’est à-dire d’un groupe de patients n’ayant reçu aucun traitement ou un placebo. 

Une comparaison a été effectuée avec une autre étude menée en Chine dans la ville de Wuhan (d’où est partie l’épidémie) sur une centaine de patients et qui avait abouti à un taux de guérison de 28%. Les participants étaient toutefois atteints de forme sévère de la maladie, ce qui rend difficile les comparaisons avec celles de l’essai mené par les scientifiques de l’IHU, estiment certains scientifiques qui n'ont pas participé à l'étude du Pr Raoult. 

"Le fait d'aboutir à des résultats similaires sous hydroxychloroquine ne plaide pas pour un effet majeur de l'hydroxychloroquine sur la charge virale", estime par exemple l'épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherche à l'Inserm, interrogée par l'AFP. 

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