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QUESTION D'ACTU

Solitude, épuisement, stress...

Confinement et dépression : un numéro vert pour répondre à la souffrance psychique des Français

Pour faire face à la souffrance psychique des Français confinés, des pédopsychiatres, psychologues et orthophonistes ont créé une ligne téléphonique d'urgence baptisée Ma Cabane. 

Confinement et dépression : un numéro vert pour répondre à la souffrance psychique des Français Motortion/iStock

  • Publié le 04.04.2020 à 14h15
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Solitude, ennui, inquiétude, stress, épuisement… Chez chaque individu, le confinement a des répercussions psychologiques, plus ou moins lourdes. Pour faire face “à la souffrance psychique des enfants et des familles dans cette situation de catastrophe sanitaire”, des pédopsychiatres, psychologues et orthophonistes ont créé une ligne téléphonique d'urgence, a expliqué le docteur Marie Touati-Pellegrin, pédopsychiatre à l’hôpital Necker (Paris) à Franceinfo jeudi 2 avril. Baptisée Ma Cabane, cette téléconsultation est ouverte pour tous du lundi au vendredi, de 8h à 18h, au 01 82 88 23 28.

“Nous avons observé chez nos patients, depuis le début de cette grande épidémie, une détresse psychique très importante. Et dans ce contexte de confinement, il nous semblait logique de promouvoir un accès aux soins psychiques à tous et pas uniquement à nos patients, à distance afin de limiter le risque de contagion”, explique la médecin.

“Nous avons reçu plusieurs types de demandes, et notamment des parents en grande détresse avec des situations très compliquées de télétravail impossible avec des écoles qui étaient très exigeantes quant aux devoirs, des enfants qui ne supportent pas la situation de confinement étant donné qu'ils ont des pathologies psychiques (…), des patients qui ont arrêté s'alimenter (…) des enfants de soignants qui sont eux-mêmes en grande souffrance", détaille-elle.

Plus de 10 jours de confinement entraînent symptômes post-traumatiques et colère

Récemment, des éditeurs de la revue The Lancet se sont penchés sur répercussions psychologiques du confinement à travers le monde. Leur note de synthèse a été rédigée à partir de 24 études retenues après maintes analyses, concernant 10 pays et incluant pour l’essentiel les virus du SRAS (11), Ebola (5) et de la grippe A (H1N1) (3). Après examen, ils en ont conclu qu’une durée de confinement supérieure à 10 jours était prédictive de symptômes post-traumatiques, de comportements d’évitement et de colère. 

En période de confinement, les gens sont stressés dès qu’ils ressentent des symptômes physiques. Les femmes enceintes ont quant à elles peur à la fois d’être infectées et de transmettre le virus à leur futur enfant. Les gens s’ennuient, sont frustrés, se sentent isolés. Certains sont également perturbés par l’incohérence des informations qui circulent parfois et ne comprennent pas vraiment quel est l’objectif du confinement, tandis que d’autres souffrent de la transparence d’informations de la part des autorités publiques, de l’absence de protocole et de guides de conduite claires. 

Pour faire face à ces sources d’angoisse et de dépression, les experts proposent plusieurs solutions. Parmi elles, mettre en place des numéros verts pour réduire l’isolement, créer des groupes de soutien et d’échanges en ligne sur le vécu d’expérience ou encore aider les familles éclatées à rester en contact. Pour gérer le stress des enfants, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies d’Atlanta (Etats-Unis), a notamment créé plusieurs fiches et mini-guides (en anglais) à disposition des parents.

Prendre en compte la singularité de chacun

Si l’expérience du confinement est vécue comme un cauchemar, les conséquences affecteront non seulement les individus à long terme mais aussi les systèmes de santé et les politiques publiques, mettent en garde les chercheurs. En effet, le stress ne s’arrête pas une fois les populations “relâchées”, ont-ils pu constater. Ainsi, les études dénombrent de nombreux facteurs de stress qui perdurent. Après une crise de ce genre, il faut faire face aux conséquences socio-économiques. De nombreuses personnes se retrouvent prises à la gorge financièrement. Les travailleurs indépendants sont fragilisés et les individus qui étaient déjà dans une situation précaire avant le confinement le sont généralement encore plus après. D’autres souffrent quant à eux de difficultés à reprendre le travail après un chômage technique.

Des guides pratiques ont donc été fabriqués par divers organismes pour également donner des conseils pour affronter l’après-confinement. En conclusion, il est indispensable de mettre en place des stratégies d’accompagnement psychosocial des mesurées liées au confinement, notent les experts, c’est-à-dire adopter une approche de santé publique qui ne néglige pas les besoins de la population, composés d’individus qui veulent qu’on prenne en compte leur singularité.

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