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QUESTION D'ACTU

Bien-être

Les conséquences de la météo sur notre santé : “Nous sommes tous météo-sensibles”

Virginie Hilssone, journaliste présentatrice météo, explique dans son livre “Mieux vivre avec le temps” (ed. Flammarion) les conséquences du temps sur notre santé et notre moral. Entretien.

Les conséquences de la météo sur notre santé : “Nous sommes tous météo-sensibles” Xurzon/iStock

  • Publié le 10.04.2020 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Certaines personnes sont sensibles aux évolutions météo qui ont des conséquences sur leur santé
  • Les femmes sont davantage concernées que les hommes
  • La dépression saisonnière est aujourd'hui une maladie reconnue

Virginie Hilssone, journaliste présentatrice météo à France Télévisions et BFM et blogueuse, auteure du livre Mieux vivre avec le temps (éditions Flammarion) nous explique comment les variations météorologiques influent sur notre santé. 

Qu’est-ce que la météo-sensibilité ? 

La météo-sensibilité est la capacité du corps humain à s'adapter aux variations météorologiques. Nous sommes tous météo-sensibles, dans le sens où nous faisons tous partie intégrante de la nature, que nous sommes soumis à la lumière naturelle et que nous respirons 10 à 15 000 litres d'air par jour. Le corps humain essaie en permanence de s'adapter au climat. On se reprogramme à chaque évolution de température, lesquelles influencent nos humeurs et notre comportement. On estime néanmoins que 30 à 50% des personnes sont encore plus sensibles aux variations météorologique que les autres. Leur sensibilité se manifeste par des migraines, une grosse fatigue lors des changements de saison et une irritabilité, le tout pouvant mener à ce que l'on appelle une dépression saisonnière. Il faut savoir que les femmes sont plus météo-sensibles que les hommes dans la mesure où elles produisent moins d'hormone de résistance au stress. Les adolescents, notamment à cause des changements hormonaux qu'ils vivent, le sont également beaucoup. 

Nous avons tendance à nous sentir motivés et enthousiastes lorsque le soleil brille et à l’inverse déprimé lorsque le ciel est gris. Comment et pourquoi la météo influence-t-elle sur notre moral ?

Deux phénomènes influencent le moral : la lumière du soleil et les températures. La dépression saisonnière est aujourd'hui une maladie reconnue. C'est un fait : nous avons besoin de lumière pour vivre. Comme les plantes, nous ne pourrions pas survivre dans le noir. Les températures elles, varient constamment au sein d'une même journée (matin, après-midi, soir). Chez nous, dans un climat tempéré, le corps doit s'adapter. Lorsque les températures sont dans les extrêmes, comme en été lorsqu'il fait très chaud ou en hiver lorsqu'il fait très froid, cela crée de l'inconfort et joue sur le moral. En hiver, ça crée de l'isolement, car les gens préfèrent rester chez eux, au chaud, ce qui influe également sur le moral. 

En quoi la lumière du jour nous est-elle bénéfique ?

Elle est vitale pour l'Homme. C'est notamment sur la lumière naturelle que se synchronise notre horloge biologique, ce chef d'orchestre de notre organisme. Elle contribue à la production de vitamine D, essentielle aux os et au cœur. La lumière stimule également la production de sérotonine, l'hormone du bonheur. C'est pour cette raison que l'on se sent mieux quand il y a du soleil. 

Comment remédier à la baisse de luminosité hivernale ?

Il existe de nombreuses alternatives : en hiver, on a tendance à rester chez soi, alors qu'il y a toujours plus de lumière dehors sous un ciel gris que chez nous. Il faut donc sortir. Il est aussi important d'adapter son alimentation, notamment en consommant des aliments riches en vitamine D. Petite astuce également : tous les hivers, je remplace mes ampoules habituelles par des ampoules plein spectre, dont la lumière se rapproche de celle du soleil. Cela se rapproche de la luminothérapie. On peut aussi investir dans une lampe de luminothérapie ou faire des exercices de visualisation pour essayer de se transporter dans un endroit chaud, dans un décor d'été. Le cerveau ne fait pas la différence entre les sensations imaginées et vécues. Ça demande de l'entraînement, mais ça fait du bien. C'est ce que certains psychiatres apprennent à faire aux patients qui souffrent de dépression saisonnière. 

Comment choisir une lampe de luminothérapie ?

Il faut dans un premier temps, s'assurer que le produit bénéficie d'un marquage CE. Pour être efficace, il est préférable que la lampe puisse atteindre un degré de luminosité d'au minimum 10 000 lux. Si elle est dotée d'un variateur, cela permet d'habituer les yeux fragiles. J'ai par exemple commencé à 3 000, puis me suis exposée à 5 000 lux et maintenant je varie entre 8 000 et 10 000 lux. Il faut s'exposer 30 minutes chaque jour à une distance d'environ 30 cm, idéalement le matin pour ne pas bousculer son horloge biologique. On dit que les effets se ressentent au bout de 2 semaines, moi j'ai senti les bénéfices au bout de 5 jours. Je n'avais plus de coups de fatigue au milieu de la journée et me sentais plus énergique.

Pourquoi un changement de température brusque à tendance à nous fatiguer ?

De base, le corps doit sans cesse se réguler pour maintenir une température corporelle à 37 degrés. Cependant, le printemps est une saison qui demande beaucoup d'efforts à l'organisme à cause des grosses amplitudes thermiques. C'est d'ailleurs pour cela que l'on dit du printemps et de l'automne qu'ils sont des intersaisons et non des saisons. Le corps fournit plus d'efforts quand il fait face a de grands écarts de température. C'est d'autant plus vrai chez les personnes fragiles ou âgées, qui ont une thermorégulation plus lente. 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, vous parlez des vertus des orages et de la pluie sur le corps et le moral. Pourquoi nous seraient-ils bénéfiques ?

La pluie contenue dans un nuage d'orage est sollicitée par des éclairs lumineux. Des études ont montré que l'eau stimulée par ces éclairs subit des modifications et devient électriquement chargée, c'est-à-dire dynamique. Elle est capable de nourrir les cellules en profondeur et de renforcer le système immunitaire. Ce que je conseille dans mon livre, c'est de réceptionner cette eau dans un récipient et d'en mettre dans son bain. Des spas proposent d'ailleurs des douches dynamisées, dont les propriétés sont similaires à celles de l'eau d'orage. 

Tout le monte déteste la pluie, ça contrarie nos plans, il fait gris, ça restreint la mobilité… mais c'est bon pour la santé. La pluie libère des ions négatifs, des fines particules également chargées électriquement que l'on appelle les “vitamines de l'air”. Elles sont bénéfiques pour le corps : on est de meilleure humeur, on dort mieux, on se sent plus dynamique. C'est d'ailleurs très bon de marcher sous une petite pluie légère, l'air est généralement plus frais, les pollens sont plaqués au sol et l'oxygène entre mieux dans les poumons. 

Nous nous plaignons du froid et des jours sans soleil, mais pourquoi l’alternance météorologique est-elle finalement une chance ?

On aime le soleil, parce qu'on en a besoin oui, mais aussi parce qu'on vit dans un climat tempéré et que nous prenons toute la mesure de son importance et de ses bienfaits sur nous. Si nous en avions tous les jours, un sentiment de lassitude s'installerait.  Psychologiquement, c'est appréciable de savoir qu'il y a une alternance des saisons, un décor différent qui nous stimule et évite la routine. L'être humain a besoin de changements. L’alternance météorologique nous permet de vivre l'instant présent. Dès qu'il y a du soleil, on a envie d'en profiter tout de suite, de sortir, de le vivre intensément. Ce qui ne serait pas le cas si notre climat était toujours le même.

Comment mieux supporter et s’adapter aux changements de saison ?

Il y a deux possibilités : l'anticipation et l'adaptation. L'hiver se prépare en été, car durant cette saison ensoleillée, on a tendance à tout relâcher, à beaucoup s'exposer au soleil (parfois sans protection solaire), à beaucoup sortir, à se coucher tard, on ne mange pas forcément bien et on arrive en autonome, où les journées raccourcissent et où les températures diminuent, finalement fatigué. Or, si on est fatigué en automne, on est épuisé en hiver. Il faut préparer son organisme en instaurant de bonnes habitudes (alimentation, bien-être...) dès l'été. Puis il faut s'adapter au quotidien en adoptant des habitudes liées à chaque saison. 

Vous évoquez également la météo d’intérieur. Quels sont vos conseils en période de confinement ?

La météo influence notre bien-être à domicile aussi. C'est pourquoi il est important d'aérer son logement, car nous sommes contraints d'y passer toutes nos journées et qu'en temps normal déjà, notre intérieur est 5 à 7 fois plus pollué qu'à l'extérieur. Aérez le matin et le soir 10 minutes, il y a moins de pollution et de pollens à ces moments de la journée. Limitez les polluants intérieurs (produits ménagers chimiques, tabac). Aérez après avoir pris votre douche et cuisiné. Surtout, captez la lumière : même sans balcon, passez la tête par la fenêtre 10 à 15 minutes par jour minimum pour sécréter de la sérotonine. 

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Je trouve que nous avons un rapport vital avec le temps qu'il fait et qu'on a tendance à l'oublier. On est détachés de la nature à cause de notre confort quotidien (chauffage, clim...). Mais il est essentiel de s'y adapter pour vivre mieux vivre, nous dépendons du temps, nous sommes météo-sensibles. J'y suis hyper sensible, j'avais envie de mieux comprendre ce qu'était ce phénomène et d'aider les personnes comme moi. 

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