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Pourquoi le déconfinement peut être plus angoissant que le confinement

Un institut a publié les premiers résultats de son étude sur l'impact de la crise sanitaire sur la santé mentale. Il semble que les personnes souffrent davantage du déconfinement que du confinement. Un résultat qui ne surprend guère les spécialistes.

Pourquoi le déconfinement peut être plus angoissant que le confinement Photoboyko/iStock

  • Publié le 28.05.2020 à 11h35
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Et si le déconfinement était plus angoissant que le confinement ? C'est la conclusion à laquelle aboutit la Human adaptation institute. Cette organisation questionne depuis le 23 mars dernier des volontaires sur l'évolution de leur santé mentale. Leur panel - non représentatif de la société française - se compose à 66 % de femmes (51% en France métropolitaine selon l'Insee), 44 % de personnes pouvant télétravailler (20% des actifs au niveau national) et 66% ont entre 25 et 49 ans (cette tranche d'âge représente 30,6% de la population française). Ils étaient 10 000 à répondre au premier questionnaire puis 2 500 au 6e qui correspond à la première semaine du déconfinement.

Lors de la présentation des premiers résultats de ce sondage ce mercredi 27 mai, Christian Clot, explorateur et fondateur de l'institut, affirme sur les réseaux sociaux qu'il y a eu un changement de nos habitudes entre le confinement et le déconfinement. "La vraie crise elle est maintenant parce qu'il faut tout réorganiser", assure-t-il. Ils ont remarqué une évolution de la qualité du sommeil et une hausse du niveau d'anxiété. Sur leurs répondants 62% d'entre eux ne déclarent aucun changement, 15 % une amélioration et 22 % une dégradation. "Clairement le déconfinement a provoqué une certaine crainte", assure Christian Clot sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne l'anxiété ils sont 47% a soutenir qu'elle reste inchangée, 26% qu'elle s'améliore et 27% qu'elle se dégrade. Sur ce point la Human adaptation institute assure que c'est dû davantage à une peur de la crise économique et de ses effets sur la société qu'à la peur de la Covid-19.

Affronter ses peurs

Des résultats qui ne surprennent guère Benjamin Lubszynski, psychothérapeute et coach. "Trois études s'intéressaient aux effets d'un confinement d'une vingtaine de jours sur la santé mentale. Toutes observaient déjà une hausse du stress général, de l'insomnie, des cas de toc et de crise d'angoisse, explique-t-il. Une situation anxiogène couplée avec une période d'inactivité comme la retraite, le chômage, la maladie ou la dépression crée ce genre de phénomène mais là il y a davantage de stress post-traumatique lié l'usure de la peur de la mort."

Pour le thérapeute, le confinement et le déconfinement ne font que révéler les problèmes de santé mentale déjà existant dans la société française. "On estime que les français souffrent à 4% de toc, 15% de crise d'angoisse, 20% de phobies et 1sur 3 d'anxiété sociale, rapporte-il. Je constate parmi mes nouveaux patients qu'il y a davantage d'insomnie, de toc et de phobies. Ce n'est pas surprenant car dès que l'on peut éviter la peur - comme par exemple rester chez soi - cela la renforce. Or une des difficultés du déconfinement c'est de devoir l'affronter."

À cela s'ajoute des difficultés mentales provoquées par le déconfinement. "Je pense que certaines personnes se trouvent dans une situation de conflit intérieur : il y a un mois la maladie était virulente et il ne fallait pas sortir et maintenant rien n'a changé mais on peut tout faire, analyse-t-il. A cela s'ajoute l'expérimentation d'une vie radicalement différente pour certains, sans transport en commun, avec plus de temps pour soi et pour réfléchir. Il est très difficile de revenir en arrière." Une difficulté accrue par la peur d'une crise économique et d'absence de remède face à la Covid-19. "Pour la génération X et Y pour qui il y a un besoin de sens, on lui promet un monde d'après et si aucune réponse n'est apportée à leurs aspirations il y a un grand risque de friction. Revenir au monde d'avant sera un traumatisme pour elle, pronostique-t-il. Lors de confinement il fallait gérer sa peur et le stress, au déconfinement il faut gérer sa déception et l'incertitude."

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