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QUESTION D'ACTU

Traçage numérique

StopCovid : identification des cas contact à un feu rouge, accès au répertoire... quand les élus versent dans les «fake news»

Alors que le feu vert a été donné à StopCovid, l'application de traçage numérique du gouvernement continue de diviser. Certains élus, à l'instar de Valérie Pécresse et Jean-Luc Mélenchon, lui reprochent d'être "plein de défauts" et "inefficace". De quoi parfois donner lieu à des "fake news".

StopCovid : identification des cas contact à un feu rouge, accès au répertoire... quand les élus versent dans les \ Myriam Borzee/iStock




Le lancement de StopCovid aura lieu au début du mois de juin. Autorisée par le Parlement mercredi 27 mai dans la soirée, l'application de traçage numérique du gouvernement suscite toujours les critiques. En effet, bien qu'elle ait été validée par la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) mardi 26 mai, l'interface divise quant aux questions de l'atteinte à la liberté individuelle et aux risques pour les données personnelles. 

Certains élus s'y sont ouvertement opposés, à l'instar de Valérie Pécresse (Soyons libres). Sur Europe 1, jeudi 28 mai, la présidente de la région Île-de-France a notamment estimé que l'application présentait "plein de défauts". "Par exemple, si vous croisez quelqu’un dans une voiture à touche-touche, à un feu rouge, elle peut dire que vous avez contaminé la personne alors qu’elle est en voiture", a-t-elle avancé. Pour rappel, StopCovid repose sur le principe que les utilisateurs de l'application se signalent s'ils sont testés positifs au nouveau coronavirus.

La faible probabilité d'être identifié comme contact en cas d'arrêt à un feu rouge

Ensuite, les utilisateurs qui se sont trouvés à moins d'un mètre de distance d'eux pendant plus de 15 minutes – dans un supermarché ou dans la rue, par exemples – au cours des deux dernières semaines sont notifiés qu'ils ont été en contact avec un individu contaminé afin d'agir en conséquence. Ainsi, il semble peu probable que deux automobilistes soient arrêtés à un feu rouge, si proches, aussi longtemps. "Le temps d'attente imposé à un usager ne doit jamais excéder 120 secondes en fonctionnement normal", statue même l'article 110-C.3 de l'arrêté du 21 juin 1991, relevé par franceinfo

Néanmoins, il est vrai que le secrétariat d'État au numérique indique que "si vous croisez quelqu'un trois fois cinq minutes, vous pouvez aussi être repéré", comme le rapportent nos confrères. Au demeurant, la probabilité de croiser trois fois la même personne dans la journée, systématiquement pendant cinq minutes ou plus, à un feu rouge, reste très faible.

"L’application n’accède ni au GPS ni au répertoire téléphonique" 

Autre politique inquiet : Jean-Luc Mélenchon. "Tout ce qui est possible n'est pas souhaitable, avait ainsi martelé le chef de file de La France insoumise lors des débats à l'Assemblée nationale. Je ne prendrai pas l'application Covid-19, et je bénéficie de ce privilège d'être à la tribune pour dire à tous ceux qui m'ont dans leur annuaire, leur agenda, leurs contacts, de retirer mon nom immédiatement de leur téléphone si jamais eux prennent l'application". En cause : la crainte que StopCovid récupère les contacts contenus dans les smartphones de ses utilisateurs.

Là encore, il s'agit d'une fausse information. En effet, l'application fonctionne uniquement à partir d'identifiants pseudonymisés et par Bluetooth ; elle n'a donc besoin ni du répertoire téléphonique, ni des contacts sur les réseaux sociaux. "La réponse est franche et définitive : l’application n’accède ni au GPS ni au répertoire téléphonique. Elle ne demande en fait que deux permissions quand on l’installe : celle d’utiliser la caméra du téléphone pour scanner des QR codes, et celle d’accéder à la localisation, qui lui permet en fait d’utiliser le Bluetooth", explique Baptiste Robert, un hacker et chercheur en cybersécurité interrogé par nos confrères de CheckNews.

Application "inefficace" ou "complément utile et nécessaire" ? 

Outre ses inquiétudes quant à l'atteinte à la liberté individuelle, Jean-Luc Mélenchon parle d'un projet "inefficace". À l'instar de nombreux députés, l'élu évoque la fracture numérique comme obstacle au bon fonctionnement de l'application. "StopCovid est inefficace parce que 25 % des Français n’ont pas de smartphone. A moins que vous ayez décidé de leur offrir ! Et les deux tiers de la population qui, la première, pourrait être atteinte par la maladie, ceux qui ont plus de 70 ans, n’ont pas de smartphone et n’ont pas l’intention d’en acquérir un", a lancé le chef de file de La France insoumise.

Toutefois, le gouvernement se veut rassurant par la voix de Cédric O, le secrétaire d'État au Numérique, qui reconnaît que "StopCovid n'est pas magique" mais "offre un complément utile et nécessaire" aux équipes sanitaires. "Cela doit être un outil dans la boîte à outils, dans une stratégie plus globale" de déconfinement, indique l'AFP en citant une "source parlementaire", dont TV5 Monde se fait l'écho. Pour rappel, nombre de professionnels de santé plébiscitent un traçage à grande échelle afin d'isoler les personnes contaminées et de casser la chaine de contamination du nouveau coronavirus.

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