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Enseignement

Des couacs sur l'accueil des écoliers

Malgré promesse du gouvernement de permettre le retour sur les bancs de l'école aux enfants volontaires, la réalité rattrape leurs parents.

Des couacs sur l'accueil des écoliers Dolgachov/iStock

  • Publié le 03.06.2020 à 13h40
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"Permettre le retour d'un plus grand nombre d'enfants" une volonté qui résonne comme un vœu pieux pour de nombreux parents d'élèves. Malgré cet engagement d'Édouard Philippe, Premier ministre, devant l'Assemblée nationale ce mardi 2 juin, le chemin du retour vers l'école semble surtout dépendre de la bonne volonté du corps enseignants, des parents et parfois des enfants. Si la priorité est donnée aux enfants 'fragiles' scolairement ou socialement, ayant des parents exerçant un métier indispensable dans le cadre de la crise Covid-19 (comme soignants, policiers, ou enseignants) ou inscrits en grande section, CP ou CM2, beaucoup se retrouvent sur le carreau. C'est notamment le cas de Nathalie, mère de deux jeunes écolières, qui expérimente ce douloureux arbitrage. "Mon mari et moi sommes en télétravail, nous avons demandé le retour de nos filles en bas-âge à l'école mais nous n'avons aucun retour, souffle cette mère parisienne. À partir du 22 juin mon patron me demande de revenir sur site or je n'ai pas de famille à proximité et notre babysitteur ne veut pas venir. Je ne sais pas comment on va faire."

Une situation d'autant plus frustrante que ses filles - en moyenne section et CM1 - réclament le 'retour de l'école'. "Elles ne vivent pas bien le déconfinement car elles sont en manque de lien avec les autres enfants de leur âge et leurs maîtresses surtout elles en ont assez de ne voir que leurs parents" explique-t-elle. Si la plus jeune a pu bénéficier de deux jours à l'école - "elle était ravie et épanouie, pas du tout traumatisée par les gestes-barrières" rapporte sa mère - l'aînée par contre voit ses conditions d'études se détériorer. "Son enseignant nous a annoncé qu'il ne pouvait plus organiser les classes à distance c'est incompréhensible, tempête Nathalie. J'ai du mal à comprendre qu'on soit passé d'une école obligatoire à une basée sur le volontariat."

Des priorités floues

Cynthia, mère d'une famille nombreuse dans le XIVe arrondissement, a reçu un surprenant mail de l'école de ses enfants. "La semaine dernière la directrice m'a annoncé que mes deux enfants - en CP et CE1 - ne sont plus prioritaires alors qu'ils sont considérés comme décrocheurs, s'étonne Cynthia. Ils devaient rester en classe jusqu'au 8 juin, puis la maîtresse de ma fille en CE1 a refusé de changer de groupe du coup elle reste à l'école mais mon fils en CP a été refusé ce matin puis 'exceptionnellement' admis pour la journée. Je n'y comprends rien." Résignée à recommencer à tenter de faire travailler son fils à la maison, elle dit comprendre l'embarras de la directrice : "elle doit aussi être dépassée par tout ça mais c'est étonnant car tout se passe bien avec la directrice maternelle où j'ai mon plus jeune enfant, reconnait-elle. Pour moi, l'année est finie. Je me demande si mon fils va aller en CE1 mais je ne suis pas trop inquiète car il a quand même réussi à travailler durant un petit mois... ensuite on verra en septembre. D'autres mamans disent qu'elles vont laisser tomber l'école et partir en vacances, je me demande si je ne vais pas faire la même chose."

Des décisions opaques que dénonce un élu de la FCPE, qui souhaite garder l'anonymat. "C'est déroutant que le ministère fixe des règles larges et interprétables mais c'est surtout scandaleux que la présence à l'école ne soit pas obligatoire, assure-t-il. Laisser le choix aux parents est surprenant car mon sentiment est que ce sont les enfants des milieux défavorisés qui ne reviennent pas alors que paradoxalement il faudrait aller les chercher." Il regrette que sa fille ne puisse pas aussi retourner à l'école et qu'aucune rotation ne soit mis en place. Il assure également remarquer quelques abus, selon lui, de la part de certains parents aisés partis se confiner en province puis, une fois revenus, obtenir une place en expliquant que leur enfant est décrocheur malgré leur bonne situation. À quand un retour pour tous sur les bancs de l'école ?

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