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QUESTION D'ACTU

Témoignage

A l'heure du déconfinement, le quotidien d'Agathe, “personne vulnérable”

Près de deux mois après après le début du déconfinement, l'été s'est installé en France et avec lui un certain relâchement des comportements, alors que le virus circule encore, y compris en métropole. Les grands oubliés de cette séquence : les personnes vulnérables. Agathe est atteinte d'un cancer, elle accepte de témoigner sur ce nouveau quotidien parfois subi.

A l'heure du déconfinement, le quotidien d'Agathe, “personne vulnérable” Tomas Ragina/iStock

  • Publié le 03.07.2020 à 10h30
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Rester sur le qui-vive malgré le déconfinement, c'est le quotidien d'Agathe (le prénom a été changé) comme de toutes les personnes dites “vulnérables”. À 63 ans, elle vit avec un cancer du sein triple négatif, qui est difficile à soigner, devenu métastatique avec le temps. Or, depuis le 11 mai, elle tente de reprendre le cours normal de sa vie en respectant certaines règles : éviter les transports en commun, les supermarchés en heures de pointe ou les cinémas. “Pour mon oncologue, le masque à l'extérieur n'est pas superfétatoire, car le virus circule toujours, rappelle-t-elle. Pourtant il y a quelques jours, j'ai remarqué que les gens ne le portaient plus et ne respectaient pas les distances au supermarché, je me suis même faite bousculer ! Depuis, j'ai décidé d'éviter d'y retourner car je n'ai pas envie d'être avec des personnes qui ne prennent pas de précautions.”

“J'ai installé un sas de décontamination”

Ce manque de civisme la pousse également à éviter les pharmacies, lorsqu'une autre cliente lui explique qu'elle ne craignait pas d'attraper la maladie puisqu'elle portait un masque. “C'est celui qui porte un masque qui protège l'autre, et non pas l'inverse”, souffle-t-elle. Dès lors, elle réfléchit à la proposition du pharmacien de la livrer à domicile.

Malgré l'autorisation de son médecin à sortir plus longuement depuis le 11 mai et des déjeuners partagés avec des amis, Agathe a tout de même aménagé son quotidien à la Covid-19. “Je ne me déplace plus en laboratoire et c'est un infirmier qui vient à la maison”, explique-t-elle. À cause de ses traitements, Agathe sait que ses défenses immunitaires sont basses et qu'elle est hautement à risque de contracter la Covid-19, mais également de diffuser le virus à ses proches. “Chez moi j'ai installé un ‘sas de décontamination’, assure-t-elle. Dès que je rentre, je mets systématiquement tous mes vêtements dans le lave-linge puis je prends une douche pour éviter d'infecter mon intérieur.”

Des règles qu'elle se fixe au moins pour ces prochains mois. “Je n'agis pas par peur de la maladie ou par phobie, mais comme il semble que ce soit très contagieux, il faut prendre des précautions. Si je l'avais ce serait compliqué de me soigner et cela pourrait provoquer des infections pulmonaires, indique-t-elle. Toujours est-il que j'ai plus peur du cancer que de ce coronavirus, alors ces règles ne sont pas pesantes pour moi car il s'agit à mes yeux d'une discipline de vie.”

“Pendant le confinement, le reste du monde vivait comme nous”

Une discipline dont elle a pensé un temps qu'elle serait partagée par tous. “Le temps du confinement, moi et d'autres connaissances malades, avions eu l'impression de nous sentir moins seuls : le reste du monde vivait comme nous avec des règles draconiennes à respecter. Cependant, cela n'a duré que quelques semaines pour eux, alors que nous, nous vivons toujours avec ces restrictions”, confesse Agathe. Malgré cette discipline de vie et ces contraintes — comme savoir patienter des heures dans une salle d'attente —, cet enfermement général a également été une épreuve difficile pour elle. “Ça a été la double peine : j'avais mon cancer à soigner et je ne pouvais pas sortir. Je ne voyais plus mes soignants [l'oncologue d'Agathe lui a prescrit un traitement par voie oral le temps du confinement pour lui éviter de se déplacer à l'hôpital, NDLR], j'avais peur de ne pas pouvoir faire certains examens, j'ai renoncé à certains qui n'étaient pas liés à mon cancer de peur de contracter la maladie, et mon médecin ne m'a autorisé que des sorties de 30 minutes par jour. Cet isolement a été difficile à vivre, raconte-t-elle. Même si ce n'est pas perceptible par les biens portants, le cancer vous place au bord de la route socialement et professionnellement, et le confinement a vraiment accentué ce sentiment.”

Aujourd'hui, le déconfinement a permis la reprise des soins sur place à l'hôpital, bien qu'il soit encore possible de maintenir les téléconsultations, et que les patients peuvent de nouveau être accompagnés. Cependant les “soins de support” comme le yoga ou la méditation, demeurent en veille jusqu'en septembre et se réalisent à distance. Agathe respecte scrupuleusement les indications — masque obligatoire, friction des mains au gel hydroalcoolique obligatoire, respect des mesures de distanciations, etc. — et son plus grand défi est de retrouver une vie apaisée afin de ne diffuser ni le virus, ni les craintes qu'il lui inspire toujours.

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