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QUESTION D'ACTU

Nouveau gouvernement

Nicolas Revel, de la direction de la Sécurité sociale à celle du cabinet du premier ministre

Nicolas Revel quitte la direction de l'Assurance maladie pour diriger le cabinet du nouveau premier ministre, Jean Castex. Deux des pilotes du déconfinement à Matignon pour construire le “monde d'après”.

Nicolas Revel, de la direction de la Sécurité sociale à celle du cabinet du premier ministre DR

  • Publié le 03.07.2020 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • Nicolas Revel, patron de l'Assurance Maladie, a été nommé directeur de cabinet du nouveau premier Ministre, Jean Castex
  • C'est lui qui a mis en place le "reste à charge zéro" et promu le développement de la télémédecine
  • Sa nomination aux côtés de Jean Castex illustre l'inflexion du quinquennat après la crise sanitaire

Nicolas Revel et Emmanuel Macron seraient-ils nés sous la même étoile ? La proximité des deux hommes est connue et saisissante. Au point que leur formation d'énarques et leur engagement dans l'action publique les a amenés à partager une même fonction, celle de secrétaire général adjoint de la présidence sous François Hollande. Pour y prendre manifestement le goût de travailler ensemble, au point que le chef de l'Etat, une fois élu en 2017, aurait cherché à imposer son ancien alter-ego à son premier ministre, Edouard Philippe, pour diriger son cabinet. Il aura fallu à Nicolas Revel — qui a décliné en 2018 la proposition de devenir ministre de l'Intérieur après le départ de Gérard Collomb — trois années de patience : le voilà depuis ce 3 juillet aux côtés de Jean Castex, directeur de cabinet du nouveau locataire de Matignon tout juste nommé.

Durant ces trois ans, les destins d'Emmanuel Macron et de Nicolas Revel illustrent eux aussi une certaine forme de proximité. Le premier, brillant vainqueur de l'élection présidentielle de 2017, a connu un début de mandat couronné de succès dans sa volonté de changer la France. Le second, directeur général de l'Assurance maladie depuis 2014, est, en quatre ans, quasiment venu à bout de l'historique déficit de la Sécurité sociale, amenant ses comptes à un niveau (- 1,2 milliard d'euro) que l'on n'avait plus vu aussi près de l'équilibre depuis des décennies.

“Gilets jaunes” et crise sanitaire

Des réussites mises à mal, pour l'un comme pour l'autre, par deux crises “historiques” successives, celle des “gilets jaunes” et celle du coronavirus. Résultat, une popularité en berne et une situation économique et sociale compliquée pour Emmanuel Macron, une Sécurité sociale dont le déficit s'est à nouveau envolé suite aux concessions accordées pour calmer la crise sociale et au coût de la crise sanitaire pour Nicolas Revel.

Rien d'étonnant alors de voir les deux hommes se rapprocher dans le cadre du changement de gouvernement: l'un comme l'autre ont sûrement besoin et probablement envie de “tourner la page” et de rebondir dans la construction du “monde d'après”.

“Je mène toujours les négociations dans l'espoir d'un accord”

Une construction qui exigera une vision de ce que pourra être ce monde post-coronavirus, et la nécessité, deux ans avant l'échéance du mandat présidentiel, de la faire partager. Nicolas Revel a démontré à la tête de l'Assurance maladie qu'il était capable d'atteindre ses objectifs : convaincu de la nécessité d'améliorer l'accès aux soins dans le contexte d'une démographie médicale défavorable, il est parvenu à installer le “reste à charge zéro”, à apaiser la relation avec les professions de santé et à favoriser l'essor de la télémédecine dont la crise sanitaire vient de démontrer l'utilité comme élément du parcours de soins. 

Des réussites qui n'ont pas perturbé la naturelle discrétion — “il n'a pas de faille narcissique, ni de problème d'ego”, disait récemment de lui dans un entretien à l'Obs Gaspar Gantzer, son ancien collègue à l'Elysée — de cet homme de 54 ans, père de trois enfants, fils de l'académicien Jean-François Revel et de la journaliste Nathalie Sarraute et demi-frère du moine Matthieu Ricard. Il n'a en revanche rien perdu de son enthousiasme ou de sa détermination. “Je mène toujours les négociations dans l'espoir d'un accord”, confiait il y a quelques mois le patron de la CNAM devant les journalistes de l'Information sociale. C'était dit avec un sourire, mais ceux qui ont l'habitude de ces discussions parlent d'un interlocuteur “charmant mais redoutable”, comme le raconte Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. 

L'importance des problèmes sanitaires et sociaux

Il a réussi le tour de force de faire signer la convention médicale par tous les syndicats de médecins représentatifs!”, renchérit Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français, qui évoque un homme “rigoureux, avec lequel on peut construire des choses”. Il se réjouit de ce double choix qui place à Matignon Jean Castex et Nicolas Revel, “deux hommes qui connaissent bien les problèmes de santé”. “Cela montre l'inflexion donnée par Emmanuel Macron pour cette nouvelle phase de son quinquennat qui consacre l'importance des problèmes sanitaires et sociaux”, ajoute le patron de la CSMF.

Ce sont effectivement deux pilotes d'un “déconfinement” jusqu'ici plutôt réussi — Nicolas Revel est même parvenu à éteindre très vite la pseudo-polémique sur l'affaire des cas-contacts et les craintes d'atteintes aux libertés individuelles — qui vont désormais conduire l'action gouvernementale. Un tandem qui ne pourra pas ignorer que pour construire le “monde d'après”, il sera plus utile de tirer les enseignements d'une crise qui a rendu les Français sceptiques sur l'efficacité de l'action publique que de vouloir l'oublier trop vite.

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